🏁USHUAIA🏁 – L’arrivĂ©e !!! đŸ„‚đŸ˜€đŸ˜­… J800 et J801

J800 – Lundi 4 juillet – Tolhuin Ă  Lago Escondido – 48km D+338m


Peu avant 8h, j’entends notre rĂ©veil humain nous inciter Ă  nous lever et Ă  nous habiller dans notre cave. Il aura fallu allumer le nĂ©on du plafond pour que cela soit rĂ©ellement effectif. Avec un peu de courage et des petits bisous, les loulous se lĂšvent Ă©galement, Emma un peu plus difficilement. Mais elle n’est pas du matin, comme moi. Les garçons sont bien plus efficaces, Sylvain dĂ©jĂ  prĂȘt Ă  ranger les sacoches et les rassembler avant mĂȘme que je sois en tenue. La seule motivation pour sortir de cette chaleur et d’entrer dans le froid et l’humiditĂ© de l’hiver de la Terre de Feu est que nous ne sommes plus qu’Ă  2 jours de vĂ©lo de notre objectif, ce qui nous tient et nous guide depuis plus de 2 ans, ce qui nous fait tenir dans les coups durs, les grandes cĂŽtes… Alors, on enfile toutes les couches de vĂȘtements et poches poubelles pour impermĂ©abiliser le maximum de surface de nos corps.

Il fait encore nuit dans Tolhuin lorsque nous nous lĂąchons dans l’inconnu, que nous roulons sur la boue et dans le brouillard, notre lumiĂšre rouge allumĂ©e Ă  l’arriĂšre. Nous accĂ©dons Ă  la route nationale 3 au km 2953 alors que tout est emmitouflĂ© dans l’aurore, le bruit et la lumiĂšre du soleil. Quelle drĂŽle de sensation de quitter la civilisation, la derniĂšre avant Ushuaia, et de se retrouver dans la forĂȘt, dans une ambiance mystique avec la montagne qui nous trace le chemin. Nous roulons l’un derriĂšre l’autre, en bordure du lac Fagnano tout recouvert de brouillard, et apprĂ©cions la douceur de l’atmosphĂšre. Nul besoin de 2 paires de gants ni de pantalon supplĂ©mentaire. Ce que cela est agrĂ©able de ne pas avoir les doigts et les pieds qui nous brĂ»lent de froid, de ne pas Ă  avoir rĂ©tablir notre tour de cou sur le nez. On profite vraiment de ce dĂ©but de journĂ©e, on ouvre grand les yeux et enregistrons ce qui nous entoure, comme si c’Ă©tait le dernier! Et ça l’est presque. N’y pensons pas, la nostalgie arriverait et les larmes avec, je suis trop sensible, vous le savez!
Chaque jour, nous l’avons vĂ©cu comme le dernier, Ă  prendre des photos avec nos yeux, Ă  Ă©couter autour de nous. Aujourd’hui, n’Ă©chappe pas Ă  la rĂšgle et nous le savourons avec les chevaux, les vaches et mĂȘme les renards… Lors de notre premier stop Ă  un mirador sur le lac, Ă  16km de notre dĂ©part en fin de matinĂ©e, nous sommes observĂ©s par un renard, puis un second et un dernier (mal en point celui-ci). Il est beau ce premier qui s’assoit, Ă©coute, s’Ă©tire en baillant Ă  cĂŽtĂ© de nous Ă  5m. Comment ne pas rĂ©sister devant ce pelage, cette longue queue touffue, ces couleurs de camouflage, ce petit museau? A en oublier la route, c’est dire!


Nous continuons parmi les arbres, les tons de gris, les nuages et le brouillard, les quelques champs, le crachin qui nous mouille lĂ©gĂšrement et la CordillĂšre blanche se dĂ©voilant et s’Ă©levant comme une barriĂšre que nous devrons passer demain. La route la suit Ă  sa base et le long de ce lac qui s’allonge jusqu’au Chili. Entre ces 2 Ă©lĂ©ments naturels, nous avançons Ă  trĂšs bon rythme, bercĂ©s par notre nouvelle playlist. RaphaĂ«l chante sous son poncho bleu pour accompagner. Et aujourd’hui, surprise il peut m’aider dans toutes les cĂŽtes, comme Emma avec Sylvain. Leurs pĂ©daliers ont Ă©tĂ© rĂ©parĂ©s Ă  Tohluin. C’est doublement plaisant pour nous: une aide physique certaine et un finish sportif ensemble! Le soleil essaye de percer, le plafond nuageux s’Ă©lĂšve et nous apercevons de plus en plus la CordillĂšre et son manteau neigeux. Le temps toujours doux oscille entre crachin, pluie et accalmie. Une bonne surprise que l’on ne se mouille pas tout le temps, ni qu’il y ait du vent. On est presque tranquille sur la route, exceptĂ© avec le souffle des camions en sens inverse qui nous mettent, sans le vouloir et le savoir, une claque trempĂ©e Ă  chaque fois. Ouah, ça rĂ©veille.

AprĂšs 33km, nous nous permettons une halte de satisfaction sur le bord de la route. Il est un peu plus de 13h et il ne nous reste plus que 15km avant un restaurant sur le hameau de Lago Escondido, oĂč vivent une vingtaine d’habitants. Il pleut et nous n’avons pas encore trĂšs faim. Nous pouvons donc rouler encore une bonne heure pour l’atteindre, y manger un bon repas chaud et demander Ă  y dormir aussi. Alors, nous avançons encore mais en s’Ă©loignant de notre grand lac Fagnano, de ses tourbiĂšres gelĂ©es aux teintes fantasmagoriques. Avec le brouillard, l’ambiance est particuliĂšre, ferait presque peur, comme si quelque chose allait en sortir. AjoutĂ© Ă  cela, des arbres violet aux branches nues, le tableau est unique. Nous nous rapprochons de la montagne, celle qui touche le ciel, celle qui se dresse blanche sur son sommet nu de vĂ©gĂ©tation et de forĂȘt. On voit bien la dĂ©marcation des tombĂ©es de neige des derniers jours. Hier, ce devait ĂȘtre 22cm sur la journĂ©e.


Les kilomĂštres s’enchaĂźnent encore bien, sans souci de pneu crevĂ©, sans trop de dĂ©nivelĂ© ni de circulation. Nous arrivons sur un premier lieu-dit Villa Marina, avec son petit Ă©tang et son restaurant… fermĂ© ! On hĂ©sitait entre celui-ci et le suivant pour le dĂ©jeuner. Pas le choix, nous continuons jusqu’au village, au pied de la cĂŽte pour passer le Col Garibaldi. Les enfants commencent Ă  avoir faim (nous aussi!) et c’est la distribution de petits pains pour nous faire patienter sur les 6 derniers kilomĂštres. La route se redresse, scinde la forĂȘt encore verte, atteint un autre lac, le lac Escondido, puis traverse le hameau de maison en bois colorĂ©. Le propriĂ©taire du restaurant est aussi celui de toutes les bĂątisses des environs. Peut-ĂȘtre pourra-t-il nous aider pour dormir ce soir? Et bien, non! Le restaurant est fermĂ© comme toutes les barriĂšres autour. RĂ©flexion sur le bord de la route pour savoir quoi faire: aller demander au resto au-dessus du village Ă  100m ou trouver le site d’un vieil hĂŽtel prĂšs du lac et dormir dans les bĂątisses abandonnĂ©es? Avec le dĂ©gel des derniĂšres heures, tous les sols sont dĂ©trempĂ©s, et il nous parait vraiment difficile de bivouaquer en tente ce soir… Par ordre, nous allons demander Ă  la sortie du village, non au restaurant puisque ça n’en est pas un, mais Ă  la DDE locale et Ă  la protection civile qui ont leurs bureaux ici.

Notre dĂ©couverte nous fait perdre confiance sur le fait de dormir au sec, alors en attendant de trouver le chemin pour le vieil hĂŽtel abandonnĂ©, nous demandons Ă  manger sur le banc et la table qui se trouvent sur le parking de la « vialidad nacionale ». L’accueil est si chaleureux qu’ils nous proposent de dĂ©jeuner Ă  l’intĂ©rieur de leurs locaux, au chaud! Rien que ça, nous revigore Ă  14h45 passĂ©e! Un bon pique-nique assis face Ă  la montagne et au lac visible derriĂšre la grande baie vitrĂ©e nous fait plaisir. Mais lorsque Sylvana (travaillant Ă  la protection civile) revient nous voir pour nous dire que nous pouvons dormir dans un dortoir ce soir, ici, avec eux, c’est comme NoĂ«l pour nous! Quelle gentillesse! Notre dernier soir de voyage Ă  vĂ©lo se passera au chaud sur des bons matelas.


Nous dĂ©barquons toutes nos affaires des vĂ©los, tous les jouets des enfants qui les Ă©talent sur la table de la piĂšce commune Ă  cĂŽtĂ© du poĂȘle et nos tasses pour le thĂ© et le cafĂ©. La fin d’aprĂšs-midi passe Ă©videmment rapidement, entre les photos du jour Ă  trier, le jour Ă  commencer Ă  Ă©crire, les thĂ©s enchaĂźnĂ©s, les discussions, le visionnage d’un dessin animĂ©, la sortie en extĂ©rieur pour les adultes afin de sortir le drone une derniĂšre fois prĂšs du lac (les enfants, pas fous, ont prĂ©fĂ©rĂ© rester au chaud!), l’aide pour le bois, les allers-retours pour aller rĂ©cupĂ©rer du WiFi pour notre rĂ©servation d’appartement Ă  Ushuaia pour demain soir (toujours dans l’attente d’un mail de confirmation) et l’invitation par Denis, Gustavo et Sylvana de partager un repas qu’elle nous confectionnera. Et je peux vous garantir que cela sent bon dans la cuisine (je l’ai mĂȘme interrogĂ©e sur la recette!). Incroyable de terminer en beautĂ© ainsi avec eux! Tous les 5 Ă  table, nous dĂźnons Ă  21h, un guizo (je vous laisse chercher sur le net quel type de repas cela est) que nous reprendrons tous 2 fois puis discutons encore un peu le temps que les enfants aillent se mettre au lit.


C’est notre tour quand nous commençons Ă  bailler et Ă  sentir la fatigue s’emparer de nous, devant refuser la proposition de Denis de jouer aux dĂ©s. Une autre fois peut-ĂȘtre! On s’interroge alors avec Sylvain sur la transposition de cette situation dans notre pays. Serait-ce possible en France que des Ă©trangers soient hĂ©bergĂ©s dans le dortoir de la DDE? C’est presque surrĂ©aliste qu’ils nous ouvrent les portes et les bras comme cela. Une nouvelle fois, jusqu’au bout devrais-je dire, nous apprenons sur l’hospitalitĂ©! Merci Ă  eux pour nous donner autant. C’est sur ces pensĂ©es que nous savourons notre dernier soir avant le dernier rĂ©veil pour la derniĂšre journĂ©e de vĂ©lo. Ah bah ça y est, je pleure. Je n’arrive pas Ă  croire que cela puisse ĂȘtre le dernier. La ligne d’arrivĂ©e paraissait tellement loin sur notre GPS. C’est passĂ© tellement vite, trop vite. Pas dĂ©jĂ . Pour l’avant derniĂšre fois, je vous laisse Ă  23h30 et vous dis Ă  demain, pour une derniĂšre revue de presse.

J801 – Mardi 5 juillet – Lago Escondido Ă  UshuaĂŻa – 52km D+ 620m


Ça y est, nous avons enfin pris notre douche aprĂšs 7 jours de vĂ©lo et d’attente. Ah, ce n’est pas Ă  ça que vous vous attendiez en dĂ©but de compte rendu? Alors je recommence histoire de faire durer le plaisir…
Ça y est, nous avons passĂ© l’entrĂ©e de la ville d’UshuaĂŻa, cet aprĂšs-midi en bonne compagnie en plus! Mais je sens que la narration de ce soir va ĂȘtre trĂšs difficile. Les larmes me viennent facilement juste sur ces quelques mots. J’essaye, je me lance, je me concentre.

La petite voix qui me rĂ©veille depuis 800 jours le fait aussi ce matin, peu avant 8h. C’est la der des der alors la motivation prime contre la chaleur de la couverture dans laquelle j’ai dormi. On rĂ©veille les enfants de l’autre cĂŽtĂ© du dortoir, on s’habille pour la derniĂšre fois avec 2 pantalons, 2 tee-shirts, une polaire et les grosses chaussettes de laine mĂ©rinos. Nous prenons possession de la table dans la salle commune avec le poĂȘle pour y petit-dĂ©jeuner. Tout est sorti, on peut tout manger, cela m’allĂšgera. En mĂȘme temps que nous mangeons, nous rangeons (pour les adultes bien sĂ»r) les sacoches, assez rapidement aujourd’hui: nous sommes habituĂ©s, chaque chose Ă  sa place. Comme nous mettons tous les vĂȘtements sur nous, en plus il y en a de la place dans les sacoches, c’est facile. A 9h30, nous sommes quasiment prĂȘts, et transpirant dans notre attirail Ă  cĂŽtĂ© du poĂȘle. Denis et Gustavo sont rĂ©veillĂ©s, Silvana est en dĂ©placement sur UshuaĂŻa. Ils nous accompagnent dehors pour le dĂ©part, face au lac Escondido, aux sommets enneigĂ©s tout juste Ă©clairĂ©s Ă  leur cime. La journĂ©e sera belle et ensoleillĂ©e, et il ne fait pas si froid ce matin. Nous avons vraiment bien fait d’attendre quelques jours Ă  Tolhuin que les conditions climatiques soient plus favorables. Cela promet pour nos au-revoir Ă  la route.


Route n°3 nous voilĂ , au km 3000 pile, nous enclenchons les pĂ©dales. Ce n’est pas moins de 9km de cĂŽte dans la forĂȘt, sur un espace qui se rĂ©duit au 5Ăšme jusqu’au col Garibaldi. Notre vitesse moyenne est de 5km/h, tout dĂ©pend du pĂ©dalage de mon binĂŽme qui prĂ©fĂšre jouer. Pour ma part, je prĂ©fĂšre m’imprĂ©gner de cette vue, de ce paradis blanc et bleu, sans vent, avec mĂȘme un peu de chaleur, beaucoup de quiĂ©tude aussi parmi cette nature. Nous montons en altitude en longeant le lac. En s’Ă©levant, on prend conscience de notre petitesse dans ce monde naturelle, de notre insignifiance temporelle face Ă  des millions d’annĂ©es d’Ă©volution de la nature autour de nous, bien avant nous. Et on a la chance d’y pĂ©nĂ©trer, d’en ĂȘtre tĂ©moins de ces 2 lacs successifs, de ces chaĂźnes de montagnes, de ce brouillard qui cache Ă  nos yeux le nord de la Terre de Feu, de ce lever de soleil face Ă  nous. Quel enchantement. Quel bonheur et quelle beautĂ©. L’Ă©quipage du Panzer en fait des pauses photographiques, car impossible de ne pas s’arrĂȘter. Aucune excuse Ă  avoir, c’est juste beau. Ce serait un sacrilĂšge de ne pas le reconnaĂźtre.

La montĂ©e est constante, avec sur un petit pourcentage, une route humide mais pas verglacĂ©e, et le soleil nous rĂ©chauffe mĂȘme les extrĂ©mitĂ©s. Royal. Le paradis pour nous que nous atteignons peu avant midi: le Paso Garibaldi, sous la neige bien-sĂ»r. Nous ne sommes qu’Ă  450m d’altitude, mais la latitude (54° 48â€Č 57″ sud) est bien australe pour y amener de la fraĂźcheur. Nous profitons du mirador construit pour quelques sĂ©ances photos, discussions et quelques grignotages dans le vent et le froid. Ici, il pique bien! On ne fait pas long feu car 47km nous attendent encore!

On passe le col, petit virage sur la gauche et nous voilĂ  en descente et Ă  l’ombre! Moi qui adore ne pas pĂ©daler, aller vite sans effort, je suis servie mais avec des doigts gelĂ©s. Sylvain, pareil, je le vois devant moi en train de secouer ses mains. Il gĂšle vraiment de ce cĂŽtĂ© de la montagne, qui ne voit jamais la lumiĂšre directe du soleil en hiver. La vitesse que nous prenons n’arrange rien aux degrĂ©s qui s’effondrent. RaphaĂ«l n’a pas froid c’est le principal. J’espĂšre que pour Emma, c’est la mĂȘme chose. La neige y est aussi bien plus abondante sur ce versant, disons qu’elle n’a jamais l’occasion de fondre. La route est sinueuse sur plusieurs kilomĂštres en descente vers la vallĂ©e. Les freins ne sont pas au top avec le froid, on reste vigilant et nous nous arrĂȘtons de temps en temps pour rĂ©duire notre vitesse et pour admirer avec nos yeux ou l’appareil photo les montagnes au dessus de nous. Blanches, Ă©clatantes, de vraies meringues d’hiver. C’est un peu comme si nous Ă©tions dans les Alpes en train de faire du vĂ©lo tranquille avec la neige sur la route. On n’est pas tarĂ©s quand mĂȘme? Plus pour longtemps! Les 8km de descente plein sud sont un supplice rĂ©el pour les adultes, on souffre des mains comme jamais auparavant. Les doigts de Sylvain deviennent blancs et ses ongles changent de couleur. Il faut que l’on file d’ici le plus vite possible. AprĂšs une multitude de virages en descente, celui en Ă©pingle nous redirige vers l’Ouest.


Au carrefour avec la route 33, dans la vallĂ©e, nous apercevons les voitures de la « vialidad nacionale » orange et bleu, devant leur guitoune, avec Gustavo et Denis! Excellent de les saluer de nouveau ici, c’est un rĂ©el plaisir. Comme si nous Ă©tions au tour de France avec nos supporters sur les bas cĂŽtĂ©s! Plein d’entrain, nous entamons la partie « fond de vallĂ©e qui remonte vers un second col ». Oui, l’intitulĂ© est long mais trĂšs reprĂ©sentatif de ce que nous vivons Ă  cet instant-lĂ . De part et d’autre de l’unique route s’Ă©tend des chaĂźnes montagneuses qui rivalisent de beautĂ©, de blancheur, de surface moutonnĂ©e, de pics acĂ©rĂ©s, juste pour notre plaisir. C’est effectivement une partie magnifique que nous dĂ©couvrons en douceur, au grĂ© d’une route sinusoĂŻdale que nous partageons volontiers avec beaucoup de 4×4 aventure. Nous bĂ©nĂ©ficions de leur klaxon d’encouragement, des tentatives pour nous filmer au passage ou mĂȘme de leur bras levĂ© signe de force. Ca nous plaĂźt, nous Ă©meut aussi de ne pas se sentir seuls, d’ĂȘtre accompagnĂ©s de la sorte. Nous nous reconcentrons sur nos pĂ©dales, et savourons les rayons du soleil qui touchent enfin cette partie. Les activitĂ©s en raquettes, motoneige ou chiens de traĂźneau sont ouvertes au public et amĂšnent son lot de voitures. Tout comme la station de ski Cerro Castor, la plus australe du monde Ă  12km de Denis et ses collĂšgues. C’est que les kilomĂštres avancent comme les aiguilles de l’horloge Ă  force de contempler la nature.

Il est dĂ©jĂ  13h30 et nos estomacs sont vides! Le froid est Ă©nergivore et nous sentons nos batteries s’Ă©puiser. AdossĂ©s au panneau d’entrĂ©e de la station, nous grignotons un petit sandwich rapide. On aurait envie de prendre notre temps, mais c’est plus du froid que nous prenons. Nous n’arrivons pas Ă  manger sans nos gants, le reste du corps suite Ă  la transpiration devient gelĂ©. AprĂšs les sandwichs, c’est au tour des gĂąteaux sucrĂ©s Ă  la vanille d’ĂȘtre engloutis avant un redĂ©marrage sur la glace puis le goudron.
Dans 22km, c’est la fin de notre route. De notre journĂ©e. De notre voyage. De notre aventure. De nos rencontres et nos pĂ©ripĂ©ties. Comment cela a-t-il pu passer si vite? Une impression de n’ĂȘtre partis qu’un mois, de ne jamais avoir trop quittĂ©s la France, de ne pas avoir traversĂ©s tous ces pays sur ce mĂȘme voyage. Les larmes me viennent aux yeux. Stop, on se focalise sur l’instant prĂ©sent. Pour finir, nous avons le droit Ă  9km de cĂŽte puis 13 de descente. Nous les faisons tranquillement, sans crevaison, chose exceptionnelle pour nous et surtout nos pneus! Comme une balade au calme, nous savourons ces derniers instants sur nos selles en cuir, la tĂȘte levĂ©e vers les cimes de cette CordillĂšre.

Puis au km 3041, c’est la fontaine. Je sens de la chaleur sur mes joues, sans rien ne pouvoir y faire. Des larmes de joie ou de tristesse? Je ne le sais pas. C’est juste beau et c’est juste la fin. La fin de mon binĂŽme avec RaphaĂ«l, de nos 2 vĂ©los, de ce vĂ©lo devant moi que je vois depuis tant de temps, enfin du dos de Sylvain et son coupe-vent jaune poussin (plus ou moins loin !), de ce vent sur le visage, de ce souffle qui me rend vivante, de cette libertĂ© d’aller et de s’arrĂȘter oĂč bon nous semble…. Je ne veux pas y arriver. Pas encore, je ne suis pas prĂȘte. J’en veux encore moi! Encore un soir de bivouac, encore un feu au milieu de nulle part, encore un guanaco qui me regarde avec ces beaux yeux globuleux, encore des sourires et des embrassades de nos rencontres d’un jour, encore et encore…
Et Ă  cet instant, un petit miracle qui me donne le sourire mĂȘme en pleurant. Des gyrophares sur le toit d’un pick-up couleur bleu et orange! Devinez qui est au volant?? Denis! Il nous salue et reste derriĂšre nous, comme un rempart pour les voitures venant de derriĂšre. Il va Ă  notre vitesse dans ces 10 derniers kilomĂštres, nous soutient. C’est Ă©norme. On n’est pas seuls Ă  vivre cet instant tant attendu. Nous pĂ©dalons de concert le Couillot et le Panzer, en s’enfilant dans un tout petit passage, tantĂŽt vers la droite, tantĂŽt vers la gauche, sans entrevoir la ville. A chaque virage, j’allonge le cou pour cette ligne d’arrivĂ©e que l’on a longtemps imaginĂ©e. Denis nous double avec des encouragements, mais un autre pick-up orange et bleu a pris le relais et nous protĂšge toujours et vient Ă  notre hauteur avec Gustavo au volant : »un kilometro » puis se rabat derriĂšre nous.
Quelques maisons dans la vĂ©gĂ©tation forestiĂšre, un ocĂ©an Ă  l’horizon derriĂšre les branches et les 2 piliers Ă  l’entrĂ©e de la ville. Une Ă©norme sirĂšne retentit dans notre dos depuis le pick-up de la « vialidad », des klaxons aussi d’autres voitures dans l’autre sens, et mes larmes sur le visage. Ça y est, on y est, on l’a fait, on l’a rĂ©ussi. UshuaĂŻa est lĂ . On gare nos vĂ©los sur le bas cĂŽtĂ© gelĂ©, le Couillot glisse et se casse la figure, c’est une belle entrĂ©e pour le final! On le remonte et on se prend dans nos bras (en pleurant), on se fĂ©licite mutuellement et sommes fĂ©licitĂ©s par Gustavo et son collĂšgue qui nous ont suivis sur plus de 5km entre 10 et 20 km/h dans leur voiture. Quelle arrivĂ©e! Quel accompagnement en fanfare! Merci Ă  eux. C’est vraiment extra comme ça. Emma et RaphaĂ«l en profitent pour glisser sur les plaques de glace autour de nous, en profitant mĂȘme pour y plonger une chaussure dans l’eau gelĂ©e et finissant donc en pleurs pour Emma! AprĂšs quelques photos (avec les yeux rouges pour nous deux) tous les 4 et tous les 6, nous les remercions de ces instants extraordinaires pour nous et les laissons aller au travail!


Nous ne rĂ©alisons pas encore (mĂȘme Ă  minuit ce soir lorsque je vous Ă©cris) ce que nous venons de terminer, que c’est terminĂ© d’ailleurs. La ville s’Ă©tend devant nous, derriĂšre ces piliers de bienvenue, et Ă  plus de 16h, le choix de se diriger directement Ă  l’appartement Ă  3km est plus raisonnable que d’aller en centre ville au panneau mythique avec les lettres de la ville. D’y faire le dĂ©tour maintenant nous rajoute 10km aux 3 nĂ©cessaires, et donc 1h de plus de vĂ©lo avec du dĂ©nivelĂ©, puisque notre logement se trouve sur les hauteurs Ă  +150m, les lettres au niveau de la mer, avec un crĂ©puscule dans moins de 45min. Prudence, jusqu’au bout aura eu raison de notre rĂ©ussite. Les lettres nous attendront demain, en vĂ©lo s’il vous plaĂźt, on y tient, mais sans les lourdes sacoches.
De retour en selle tous les 4, les larmes sĂ©chĂ©es, c’est en direction de notre duplex que nous roulons nos derniers mĂštres en tandem. Ça fait quelque chose quand mĂȘme. L’avantage, c’est que l’on enregistre bien les derniers moments,  on les identifie bien. Une derniĂšre petite photo de la baie et des montagnes sur les Ăźles en face, et en 5min, on se gare devant le bĂątiment oĂč nous logeons ce soir et pour les 6 nuits prochaines. Je vous passe les inquiĂ©tudes de ne pas savoir quelle porte c’est, de n’avoir personne qui nous accueille Ă  la bonne porte (aprĂšs enquĂȘte chez les voisins), de ne plus avoir assez de crĂ©dit pour contacter le propriĂ©taire. La clĂ© est trouvĂ©e, nous avons pu entrer au chaud, les enfants et toutes les sacoches. Le logement est trĂšs grand et propre, et aprĂšs une recherche assidue partout, on trouve le WiFi pour enfin communiquer avec nos bailleurs. Ça y est, on souffle. On se pose.


On ne rĂ©alise toujours pas oĂč nous sommes. Je pense que ça ne le sera que lorsque les vĂ©los seront dĂ©montĂ©es. Avant, c’est comme dans chaque ville oĂč nous nous sommes posĂ©s pour recharger nos batteries corporelles et prĂ©voir la suite de la route. A nous sur ces 6 jours, de prĂ©voir une suite… pour la France.
Un peu de motivation est nĂ©cessaire pour Sylvain pour se dĂ©vouer Ă  aller en ville Ă  pied au supermarchĂ© avant la tombĂ©e de la nuit (je ne suis pas rassurĂ©e d’y aller Ă  ce moment-lĂ  de la journĂ©e et il se propose donc) pendant que je m’attelle Ă  ma passion: le rangement et l’organisation ! Les enfants passent Ă  la douche Ă  tour de rĂŽle et envahissent notre chambre au 1er avec tous leurs jouets Ă©talĂ©s au sol, pendant que je vide les sacoches, range dans l’armoire, trie dĂ©jĂ  quelques vĂȘtements que nous avions achetĂ©s pour la mĂ©tĂ©o frisquette et fais tourner une machine! Sylvain remonte (littĂ©ralement au vu du dĂ©nivelĂ© dans la ville) des courses en taxi « fanjo » puis profite d’une bonne douche chaude dĂ©crassante.
Notre soirée peut commencer, un bon repas chaud à table tous ensembles, une petite biÚre (ou 2), les infos françaises (histoire de se tenir au jus), et une émission pour faire plaisir aux enfants Fort Boyard!

Nous sommes tous fatiguĂ©s, certains ont le visage rouge Ă  cause du froid, d’autres baillent ou s’endorment Ă  table… Il est temps de dĂ©couvrir nos lits respectifs, de se fĂ©liciter Ă  nouveau de ce challenge accompli, de remercier les loulous de nous avoir accompagner dans cette idĂ©e folle et nous nous plongeons dans le sommeil. Enfin, eux 3, pas moi, comme d’habitude! Mais j’aime ce moment seule, ce moment qu’Ă  moi, qu’Ă  vous et moi.
Ce fut un plaisir sur ce second voyage d’Ă©crire chaque soir mĂȘme si ce fut parfois Ă©reintant. Ce fut un challenge aussi de tenir sur la durĂ©e cette Ă©change avec moi-mĂȘme et avec vous bien Ă©videmment. Ce fut un honneur de me savoir lue par vous. Je fus et reste touchĂ©e par vos marques d’affections, Sylvain aussi d’ailleurs pour en avoir discutĂ© ensemble. Cette plume m’a fait du bien et nous fera sĂ»rement du bien aussi plus tard, quand nous nous replongerons sur cette belle aventure de vie. Ce fut modeste mais essentielle finalement pour moi, de ne pas oublier cette tranche de vie Ă  4. Merci Ă  vous et Ă  bientĂŽt pour de nouvelles aventures! Et bah, forcĂ©ment!

31 commentaires sur “🏁USHUAIA🏁 – L’arrivĂ©e !!! đŸ„‚đŸ˜€đŸ˜­… J800 et J801

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  1. Je suis sans doute aussi sensible que Laetitia, mais j’ai moi aussi les yeux humides Ă  la lecture de ce dernier article. ArrivĂ©e ici au grĂ© d’une recherche par un aprĂšs-midi d’ennui au travail, j’ai vĂ©cu dans ces pages un merveilleux voyage. Merci infiniment. Je vous souhaite un retour en douceur, et de beaux projets pour les prochaines annĂ©es.
    On ne se rencontra sans doute jamais, mais vos Ă©crits m’ont donnĂ© des fourmis dans les jambes, et j’aurai forcĂ©ment une pensĂ©e pour vous dans nos prochaines randonnĂ©es.

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  2. Magnifique! Quelle belle arrivĂ©e pour cette escapade riche pour celles et ceux qui la lisent. Merci pour ce partage si sensiblement Ă©crit, pour votre vision du monde Ă©largi et de vos Ă©gards ajustĂ©s aux personnes rencontrĂ©es. Vraiment un grand merci pour ces lectures qui durent depuis plusieurs mois, et vous souhaitant le meilleur pour vos prochaines pĂ©rĂ©grinations. Inspirants, vous l’ĂȘtes!

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  3. Je suis allĂ© deux fois Ă  Uschuaia dont une fois Ă  vĂ©lo et j’ai ressenti les mĂȘmes Ă©motions meme si la fin de la route Ă©tait pour moi Puerto William juste en face !
    Je ne dirai pas seulement bravo mais surtout merci pour ce partage émouvant et si vrai. Si jamais vous naviguez un jour dans mon Mercantour chéri la porte de notre refuge vous est grande ouverte

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  4. Quelle richesse pour vous quatre que cette parenthĂšse d’aventure familiale Ă  la dĂ©couverte des authentiques AmĂ©riques Ă  la force du mollet .
    Que cette tranche de vie pour le moins exceptionnelle renforce encore plus votre capacité à surmonter les difficultés rencontrées dans la vie de tous les jours .
    HĂ©roĂŻque ce que vous avez rĂ©alisĂ© et que vous (m’) nous avez gĂ©nĂ©reusement fait vivre Ă  la lecture de vos photos et textes publiĂ©s.Un grand merci.

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    1. Une aventure riche dans tous les sens du terme oĂč tous les 4, nous avons grandi. Nous avons appris aussi chaque jour, nous avons ressenti et nous nous sommes soudĂ©s, prĂšs Ă  affronter les futures Ă©preuves de la vie ou de notre prochaine aventure! Merci Ă  toi d’avoir acceptĂ© de venir vivre un bout de cette tranche de vie.

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  5. Bravo pour ce magnifique pĂ©riple en famille , je suis admirative . C’etait un trĂšs grand plaisir de vous lire , merci pour ce partage . J’ai eu moi aussi les les larmes aux yeux pour cette derniĂšre Ă©tape . Bonne continuation .

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  6. FĂ©licitations Ă  vous 4 ! Une derniĂšre lecture trĂšs Ă©mouvante, j’y Ă©tais presque, en tout cas l’Ă©motion Ă©tait bien lĂ .
    Vraiment un grand bravo Ă  vous 2 et Ă  vos 2 extraordinaires boutchous ! profitez de vos « vacances » bien mĂ©ritĂ©es avant votre retours. j’espĂšre que vous nous raconterez tout de mĂȘme, avec photos en prime. C’est un peu la fin pour moi aussi, la fin de mon rĂ©cit-photos d’aventures rĂ©gulier, mais que vais-je lire maintenant d’aussi palpitant, beau et Ă©mouvant 😉.bises Ă  vous 4 et Ă  bientĂŽt. Faby

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    1. Merci Faby. La fin fut trĂšs forte Ă©motionnellement, ressentant encore cette vibrante arrivĂ©e!!! Nous avons profitĂ© des vacances pour prendre 5kg chacun, ça c’est fait! Le rdv est pris en novembre il me semble pour la rencontre et les discussions qui vont avec.
      Merci pour tous ces compliments qui nous vont droit au coeur!!!

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  7. Je commence donc ma journĂ©e en larmes ..d ‘Ă©motions bien sĂ»r , je n’ai pas de mots pour dĂ©crire mon ressenti .De l’admiration face Ă  ce courage Ă  toute Ă©preuve qui vous a permis de mener Ă  bien ce projet un peu fou quand mĂȘme.
    Merci Ă  tous les 4 de m’avoir fait vivre votre aventure grace Ă  tes tĂ©moignages Laetitia ( Patrick a employĂ© le bon terme en effet) , et aux magnifiques photos de Sylvain.
    Vos posts vont me manquer plus de lecture en me rĂ©veillant , plus de cours de gĂ©o, de leçons d’endurance, d’humilitĂ©, de partages avec tous ces gens gĂ©nĂ©reux , enfin plus toutes ces belles leçons de vie que j’ai partagĂ©es un peu grace Ă  vous.
    FĂ©licitations Ă  tous les 4 , j’ai hĂąte de vous revoir .La bretagne vous accueille quand vous voulez !
    Profitez de ces derniers jours loin de France pour savourez encore et encore cette magnifique aventure familiale .
    Plein de bisous

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  8. C’est la larme Ă  l’Ɠil que j’Ă©cris ce dernier commentaire. D’ailleurs, il n’y a rien Ă  commenter, sinon vous saluer avec respect et admiration. SĂ»r, l’Argentine va nous manquer, comme le PĂ©rou, la Bolivie et tous ces pays traversĂ©s sans jamais douter de la rĂ©ussite de votre entreprise folle et merveilleuse. Car nous avons souffert avec vous et partagĂ© vos joies, votre Ă©merveillement face Ă  cette nature que Sylvain a si bien photographiĂ© et toi LĂŠtitia, dĂ©crite avec Ă©motion et admiration. Combien nous sommes-nous rĂ©jouis avec vous de ces rencontres sur la route, aux Ă©tapes, au hasard des lieux.
    Tous ces articles constituent un tĂ©moignage exceptionnel. A travers lui, vous revivrez cette aventure jusqu’Ă  votre vieillesse et le plus fort, c’est qu’Emma et RaphaĂ«l aussi !! Vous voilĂ  armĂ©s tous les quatre pour affronter la vie qui vous attend. Faudra bien, me direz-vous ! C’est avec une grande Ă©motion et confiance en vous que je vous souhaite de rĂ©colter les fruits de cette formidable expĂ©rience, unique, incroyable, gĂ©nĂ©reuse, admirable et plein d’amour. J’ai envie de vous serrez dans les bras en vrai.

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  9. Nous nous sommes rencontrĂ©s Ă  Nazca, dans un coucou au dessus des lignes, et depuis je suis vos aventures qui me font rĂȘver et m’impressionnent!
    Bravo Ă  vous pour ce pĂ©riple merveilleux en famille! J’en ai pris plein les yeux avec vos photos, ça donne des idĂ©es 🙂
    Profitez bien de ces derniers jours et bon retour vers une nouvelle vie


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  10. Ça y est vous y ĂȘtes vous avez rĂ©ussi bravo Ă  vous quatre pour votre courage et votre tĂ©nacitĂ©… merci de nous avoir embarquĂ©s dans votre aventure familiale merci de nous avoir fait partager votre incroyable voyage, merci pour les magnifiques photos qui nous ont fait rĂȘver, je suis admirative de tout ça et nos rendez-vous vont me manquer…
    Vous allez rentrer chargĂ©s de souvenirs qui vont vous accompagner dĂ©sormais la vie ne sera plus jamais comme avant… Finissez bien votre sĂ©jour Ă  Ushuaia profitez-en bien je vous embrasse tous les 4 et Ă  bientĂŽt peut-ĂȘtre…
    Annie-France

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  11. ÂĄFelicitaciones! Son un gran ejemplo de vida a seguir.
    Demostraron que no importa cuan « grande o imposible » parezca la meta a cumplir, si uno realmente se lo propone y con perseverancia, poco a poco y dĂ­a tras dĂ­a, todo es posible. Son realmente mis nuevos « super hĂ©roes ».
    MuchĂ­simas gracias por haber compartido su extraordinario viaje con nosotros.
    ÂĄUn fuerte abrazo a los cuatro!

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  12. moi aussi j’y suis allĂ©e de ma petite larme en lisant le compte-rendu de ces deux derniĂšres journĂ©es ! J’avais vu hier sur le site des familles autour du monde que vous Ă©tiez positionnĂ©s Ă  UshuaĂŻa. Ces 2 derniers jours ont Ă©tĂ© sympas avec des conditions mĂ©tĂ©o correctes, des paysages superbes et la rencontre inattendue avec ces employĂ©s de la DDE locale qui ont fait preuve d’une formidable hospitalitĂ© dans ce milieu hostile pour des campeurs. Et que dire de votre arrivĂ©e Ă  UshuaĂŻa, escortĂ©s par Denis et Gustavo, certainement contents de vous savoir arrivĂ©s Ă  bon port !
    Les Ă©moticĂŽnes du titre illustrent bien les sentiments ambivalents qui vous ont envahis, la joie et la fiertĂ© d’ĂȘtre arrivĂ©s au bout du monde aprĂšs tous ces kilomĂštres gagnĂ©s un Ă  un Ă  force de persĂ©vĂ©rance et tĂ©nacitĂ©, dans le froid, la neige mais aussi sous une grande chaleur , avec des dĂ©nivelĂ©s de dingue et en trimballant un poids Ă©norme, avec les crevaisons, le vol du rĂ©chaud, le putois , mais aussi des rencontres avec des locaux formidables de gĂ©nĂ©rositĂ© et gentillesse ! Vous pouvez ĂȘtre fiers tous les 4 car si un seul avait flanchĂ© votre projet n’aurait pu ĂȘtre menĂ© Ă  bien ! Vos enfants sont armĂ©s pour la vie ; ils vont avoir des facultĂ©s d’adaptation Ă  tout ! Il faudra, au retour , vous lancer dans la crĂ©ation d’un livre avec vos fabuleux et souvent poĂ©tiques Ă©crits LaĂ«titia et avec les sublimes photos de Sylvain, peut ĂȘtre aussi avec quelques dessins des enfants pour le bonheur d’un projet familial.Nous ne nous sommes jamais rencontrĂ©s et vous ne me connaissez pas mais moi , qui vous suis depuis longtemps j’ai l’impression de vous connaĂźtre et vous allez terriblement me manquer ! je vous souhaite de bonnes journĂ©es au bout du monde, un retour sans encombre (en ce moment c’est le chantier dans les aĂ©roports français , d’autres aussi ; Ă  Roissy 17000 bagages sont entreposĂ©s – bug puis grĂšves- alors j’espĂšre que vos vĂ©los ne subiront pas le mĂȘme sort ) . Je vous souhaite aussi de bien vous rĂ©acclimater Ă  notre France ; vous allez retrouver famille et amis donc ça c’est top mais la vie sĂ©dentaire sera sans doute difficile Ă  retrouver. Alors bon courage !

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  13. Bravo Ă  vous 4! Votre aventure est si bel exemple. Vous nous avez montrĂ© qu’en se fixant un objectif, avec de l’organisation, de la prudence (en effet) et de la persĂ©vĂ©rance (surtout!), il est possible de s’adapter Ă  presque toutes les situations. Je comprend bien le sentiment de nostalgie qui doit vous submerger pour le moment mais les souvenirs seront plus forts. Quelle magnifique histoire vous avez construite Ă  vous 4. Magnifique cadeau pour vos enfants.

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  14. Toutes mes félicitations et toute mon admiration à votre famille pour cette belle aventure que vous nous avez fait partager !
    Les derniĂšres semaines Ă©taient particuliĂšrement impressionnantes, avec le froid et les conditions mĂ©tĂ©os auxquelles vous avez dĂ» faire face, l’atteinte de votre objectif est une superbe rĂ©ussite. Belle leçon de mental !
    Merci pour cette Ă©criture si agrĂ©able Ă  lire, ces magnifiques photos qui m’ont fait rĂȘver et dĂ©couvrir des horizons plutĂŽt mĂ©connus. Je vous souhaite une belle fin de voyage et un bon retour en France, merci !

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  15. PHENOMENAL
    Félicitations,les adjectifs,les adverbes,les mots de la langue française ne suffiront pas pour qualifier votre EXPLOIT
    j ai absolument tout lu,tout vu,de vos écrits,de vos photos durant la totalité de votre trajet. MERCI
    j ai lu l intégralité des commentaires qui montre bien l importance de votre exploit et et ce qu il a pu provoquer aussi chez la communauté qui vous suivait. 4 sur les vélos mais des milliers a vous encourager.
    J ai appris et découvert le continent américain km par km et pendant la covid !!!!
    N ayant pas les qualitĂ©s d Ă©crivain j Ă©voquerais si vous me le permettez « patrick dml et a md « qui par la qualitĂ© de leurs Ă©crits rĂ©sument et concluent parfaitement bien ce que vous venez de rĂ©aliser et bien sur « alain et jeannette »pour se que l on peut ressentir Ă©motionnellement. BRAVOS a vous 4 et a bientĂŽt
    François Beaujard

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  16. Bravo pour ces deux belles Années de Vie et Merci de nous les avoir partagé avec autant de fraicheur et de sincérité. Nous nous sommes régalés à vos cotés.
    Bon retour en France et n’hĂ©sitez pas Ă  venir nous voir du cotĂ© de la DrĂŽme des collines.
    Chaleureusement,

    Naïa, Esteban, Lalie, Valérie et Christophe
    La VeloveFamily

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  17. Wow !! Ça faisait quelque temps qu’on n’Ă©tait pas passĂ©s sur votre blog et ce soir, depuis l’Équateur (dernier pays du voyage pour nous), on se demande oĂč vous en ĂȘtes puisqu’on se souvient bien que vous aviez prĂ©vu d’arriver Ă  Ushuaia en juillet. Et surprise, vous ĂȘtes arrivĂ©s depuis un petit moment !
    Encore bravo pour votre voyage en famille, trĂšs inspirant ! Et bravo pour votre travail d’Ă©quipe sur le blog, tant Ă  la plume (ou plutĂŽt au clavier) qu’Ă  la photo
    Merci de partager votre voyage et vos mots qui nous rappellent l’Argentine et surtout la gĂ©nĂ©rositĂ© des argentins, qui restent dans nos cƓurs mĂȘme aprĂšs avoir traversĂ© d’autres pays
    Que d’Ă©motions de lire vos coups de pĂ©dales Ă  travers la Terre de Feu et cette arrivĂ©e magnifique !
    C’Ă©tait un plaisir de vous avoir croisĂ©s au camping de Villa UniĂłn pendant votre semaine de vacances avec les Lamabicicleta 😉
    Bonne réacclimation !

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  18. Bonjour,
    Les diffĂ©rentes lectures que j’ai pu faire ont toutes Ă©tĂ© prenantes et souvent Ă©mouvantes.Ce dernier article m’a laissĂ© sans voix tellement l’Ă©motion Ă©tait lĂ . Quel pĂ©riple et quel courage! J’ai partagĂ© quelques photos d’Emma Ă  Lisa qui me demande si elle pourra la revoir. J’espĂšre que ce sera le cas. Un grand bravo Ă  vous et bon retour en France. Emmanuelle et Lisa

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    1. Bonjour Emmanuelle. Merci pour ce message Ă©mouvant aussi. Nous revenons petit Ă  petit Ă  une vie sĂ©dentaire, oĂč les Ă©motions se renouvellent au grĂ© de l’ouverture des cartons!
      Enfin en Charente, ce sera avec plaisir qu’Emma reverra Lisa, quand vous voulez. Nous sommes sur AngoulĂȘme. A bientĂŽt !

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