Equateur – De la montagne à la ville – J181 à J183

J181 – Mardi 6 Juillet – Lagune Toreadora à Puerto Inca 90km (D+ 1357m / D- 5295m, je vous jure que c’est vrai!)

Que c’est nuageux aujourd’hui avant le lever du soleil: les cimes nous entourant sont noyées sous les nuages. Hier, nous avons été très chanceux lors de notre randonnée pour le soleil et la vue. Tous seuls sur notre éperon face au Cerro San Luis et sa lagune, nous nous protégeons du froid avec nos doudounes et Sylvain prépare le feu pour le café et le thé. 7h30, il retourne au refuge pour sortir les vélos de l’accueil avant l’ouverture du parc. De retour au campement, nous finissons notre petit-déjeuner avec le soleil qui arrive sur la lagune et les prairies autour. Tout se dégage. Emma est rêveuse ce matin…


C’est enfin le rangement de toutes nos affaires à amener (en une seule fois si possible!) jusqu’à l’entrée avec un petit dénivelé à pied. On y arrive, toute la famille s’y met et transporte. On a même la possibilité de faire la vaisselle de la veille et de ce matin dans le refuge! Ouf!
9h30, on reprend nos vélos et nous commençons fraîchement par une petite côte de D+ 300m jusqu’à un col (que nous avions vu du sommet de la veille et qui nous démoralisait déjà !). On ne transpire pas trop au vu de la fraîcheur du matin à cette altitude (environ 4000m) et les quelques lacets, bizarrement, sont bien avalés! Musique, vue superbe sur le sommet d’hier, des étoiles plein les yeux et le souffle court, on est heureux de pédaler et « d’endurer » avec le sourire, ces quelques kilomètres enivrants.
4167m d’altitude écrit sur notre GPS…. 🤩 trop heureux et fiers d’arriver pour la première fois en 14 mois de voyage en tout (avant et pendant la pandémie) aussi haut! Alors photos!!! Dans le froid et le vent! On n’y reste pas longtemps sur ce bord de route!! 🤣 Mais comme nous sommes sur le point le plus haut, maintenant ce qui nous attend… LA DESCENTE 🥳 Et elle est bien venteuse et froide mais on ne pédale plus! Avec des virages, on s’éclate à se pencher telles des motos en circuit. La vitesse augmente mais nous profitons du paysage tout de même. Nature, végétation, animaux et peu d’habitations : seule une maison qui fait restaurant! Pile au bon moment où sylvain change les plaquettes arrière de freins par prudence sur le parking!

Réchauffés par un repas chaud, on reprend notre pente négative (petite pensée pour Aurélie des Bik’on the world qui adore!). L’attention est de rigueur, car les roches sur la chaussée reviennent souvent, la montagne s’effondre par pan entier! Quelques petites rafales nous déséquilibrent, nous surprennent. Très peu de voitures sur cette route, encore moins qui nous dépassent. On continue la descente. Mais c’est difficile de garder les yeux sur la route tellement la vue est belle. Que dis-je? Subjuguant. Envoûtante. Mystérieuse. Immense. Et puis, surprise: une côte! Qui a osé nous mettre ça là ? Sérieux. A vue de nez, elle fait 600m de D+ sur 4km. Allez, 1h de pédalage pour en venir à bout, on suppose. En prévision, on enlève tout notre attirail: coupe vent, polaire, manches longues et même mon pantalon de sous-vêtements de ski noir (qui était par-dessus mon corsaire!!). On a bien supposé : 1h! Mais au col, la vue est encore une fois magnifique (il y en a marre, non? 😁).

A partir de cet instant, on sort des montagnes comme si on s’en extirpait! Et on reste pantois (encore? Oui!!!!!) devant la mer de nuages extraordinaire, face à nous, jusqu’à l’horizon. Comme si on était aux abords d’un précipice, de la fin du monde et l’infini devant. Quel rêve ! On a peine à y croire, cette nature nous fait encore un cadeau… Et la descente commence face à ce tableau, juste pour nous! Le flanc de montagne sur lequel nous roulons est sec, il fait chaud avec un léger vent qui s’accentue avec notre vitesse phénoménale. Quasiment 55 ou 60km/h! La concentration est de mise! Et on en profite de ce temps en suspens pendant 42 kilomètres.

Après ce rêve (et un nombre incalculable d’arrêts contemplatifs 😆), et l’entrée dans les nuages, nous débarquons dans une autre dimension: la jungle! Peu de visibilité, de l’humidité ++, qui nous oblige à remettre les coupe-vent. Peu croyable cette différence de paysage, de climat en l’espace d’un kilomètre. 2 mondes à l’opposé ! Et on descend toujours en direction de la plaine mais les lacets montagneux sont remplacés par une petite ligne droite parmi les bananeraies (et leur poche plastique pour protéger leurs fruits).

Peu de voitures, pas d’habitations aujourd’hui alors le choc se fera à Las Mercedes où le retour à la civilisation nous permettra néanmoins de faire nos courses dans cette ville de passage. 3km plus loin sur la route: la Troncal de la Costa, Puerto Inca, ville dans la même lignée. Pas un lieu où il fait bon flâner ou prendre un café à une terrasse. Plus une ville aux bords de frontière, peu recommandable. On y trouve le seul hôtel ouvert, avec une grande chambre… sans fenêtres! Pas grave ! Enfin les fenêtres sont au sous-sol du bâtiment (avec les grilles et la clim quand même!). On a la tête ailleurs encore dans nos nuages. Crevés, lessivés, nous nous endormons entre la chaleur, le bruit de la ville et de ses camions. Rien à voir avec la nuit précédente!

J182 – Mercredi 7 juillet – Puerto Inca

N’ayant pas préparé notre arrivée à Guayaquil ni notre avion pour la destination prochaine, le bon sens (on n’en manque pas 🤣) nous laisse une journée de plus dans ce lieu, disons, atypique et foisonnant.

J183 – Jeudi 8 juillet – Puerto Inca à Guayaquil 81km (D plat!)

Aujourd’hui, on a hâte! Trop contents de pédaler et d’avoir décidé, fait notre choix, pour la suite de notre aventure… et un peu nostalgiques aussi. C’est peut-être (sûrement si le Pérou n’ouvre pas ses frontières terrestres), notre dernière journée de liberté en Equateur. Et ça nous fait bizarre. De se le dire, de le savoir… car vraiment, on en a sué dans ce pays, mais qu’est ce que cela en valait la peine! Notre coup de cœur! Alors le cœur, pas vraiment léger, nous repartons de notre hôtel pour se mesurer à cette ligne droite et cette plaine. Cette dernière journée équatorienne cyclable sera la seule sans dénivelé ! La première et la dernière du pays, plate! Ni positif, ni négatif. Alors on se sent pousser des ailes et l’allure est rapide sur les 37 premiers kilomètres. De toute façon, il n’y a rien à voir! 😂 Le vent est de face, les nuages sont gris, monotone est la route! Les cultures de bananes (et leur plastique), de riz et de cacao défilent rapidos! Pas de « finca » à visiter dans le coin pour une petite dégustation chocolatée, mais les usines dégagent un doux parfum quand même!

Quelques empenadas, un jus aux fruits rouges fait maison et bien sûr 3 glaces plus tard, la musique rythme notre pédalage grâce à vos conseils musicaux! Les 19km suivants? On ne les a même pas vus. Ni aucun virage d’ailleurs jusqu’à la zone industrielle de la banlieue de Guayaquil. Ce n’est pas notre environnement favori: des usines, des camions, des voitures, des bus, des taxi touk-touk, entre le bruit, la pollution, la poussière et la dangerosité de la route. On est servi pour l’accueil! Heureusement, 2 ponts réservés aux cyclos et aux piétons, peuvent nous faire éviter le supplice de la circulation dans une agglomération de 2 700 000 habitants. Yes! Ah bah non! Pas yes: le premier est fermé pour travaux nous empêchant de « flotter » au dessus du Rio Guayas et de traverser l’île Santay (Aire Nationale Protégée où seulement 47 familles y vivent sur 2200ha).

Au lieu de ça, nous profitons de la ville, de ses feux à chaque cuadras (pâté de maisons, enfin d’immeubles), de ses 2×4 voies nous amenant à un pont. 😱 Mais on les aime ces équatoriens. Une piste cyclable rien que pour nous suit l’autoroute, et nous y accédons après avoir traversé toutes les voies de circulation et rampes d’accès à l’autoroute entre les voitures…. Le trafic ne nous gêne presque plus, en tout cas nous en avons moins peur. Encore quelques kilomètres en ville, à découvrir les différents quartiers au fil des feux tricolores (ils ont eu des promos dessus!) et nous voilà pour 2 nuits dans notre hôtel « chez l’habitant », dont l’accueil glacial nous fera regretter nos nuits à 4000m dans la montagne. Un moment où on se demande clairement ce que l’on fait là, dans quelle galère on s’est foutu, comment on a pu se tromper à ce point, où on se dit que la nuit va être longue, la journée suivante aussi du coup, et que l’on aimerait partir tout de suite! Un simple regard avec Sylvain et on s’est compris. Sans un mot, mais en ayant la conviction que l’on dérange, on accède à nos 2 chambres glauques, au lieu de la chambre réservée pour 4 avec fenêtre et beaucoup d’espace! On a déjà eu beaucoup de mal à trouver cet hôtel, au dessus de notre budget, déjà réservé et payé, alors on accepte juste avant la tombée de la nuit, ce lieu sécurisé. Il y a des priorités. Alors on se lâche sur les courses ce soir, pour se remonter le moral. Et dire que c’est notre dernière journée de vélo en Equateur qui se termine ainsi. La nuit ne sera pas réparatrice: les copains du propriétaire font la fête jusqu’à 1h du matin…

Voici ce qui se passe les jours suivants pour nous: nous arrivons à trouver un autre hôtel, un vrai celui-là, pour le samedi 10 juillet jusqu’à la date de décollage de notre avion le 13 pour les îles des Galapagos. Comme tout est possible sur la route, que l’on peut vite déchanter par les kilomètres, les dénivelés, une crevaison, un accident…. nous avions pris une date lointaine pour notre départ du continent. Prévoyants! Et puis, comme nous découvrirons les Iles sans nos tandems, nous devons absolument trouver un lieu pour les laisser pendant 3 semaines sur Guayaquil, accompagnés de nos sacoches « inutiles ». Bien que nous ayons lancé des appels au préalable pour nous aider, nous n’avons toujours pas trouvé! On en a quand même profité pour visiter la ville, son Malecon pour une promenade en bord du fleuve, ses jeux et statues vivantes (qui ont fait peur aux enfants), pour découvrir et apprendre à l’école, nettoyer les vélos dans la douche de la chambre, se promener dans les parcs où les iguanes terrestres ont élu domicile et règne en maître, trouver des masques et tuba pour le snorkeling sur place, se renseigner auprès des autres voyageurs sur les activités et animaux à voir sur place, acheter des glaces dans les pharmacies, effectuer nos tests antigéniques et surtout : acheter des médicaments pour atténuer le mal de mer. La famille Dem n’a pas du tout le pied marin!🥴


Et voilà, nous nous envolons le mardi 13 juillet, J188, pour 3 semaines sur les îles de Santa Cruz, San Cristobal et Isabela…. On se retrouve après…. dans un autre pays pour le J216 😉

8 commentaires sur “Equateur – De la montagne à la ville – J181 à J183

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  1. Bonjour les voyageurs, me voilà rajeunit d’un mois grace à vous. Cette période avec les tortues, les requins, les raies, vécue avec bonheur et repos et sans les vélos , vous ont fait vivre une vraie vie de vacanciers. Après la lecture de vos 181 à 183 jours à plus de 4000m ,j’ai moi aussi le souffle coupé par les efforts fournis et les paysages superbes. 42 kms à 60 à l’heure chargé comme vous l’êtes , c’est sûr une médaille d’or à Tokyo vous auriez obtenue !!
    Bon vol pour le Pérou et au plaisir de lire la suite de vos aventures.
    Je vous fais plein de bisous à tous les 4

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    1. Coucou tata.
      Encore merci pour ton message que l’on apprécie toujours autant de lire. Et oui, on s’est laissé accaparé par les tortues, raies et otaries en oubliant de partager nos derniers jours équatoriens continentaux !
      A défaut de médaille, nous avons quand même pu regarder nos athlètes français aux JO! On n’oublie pas la France 😉
      Bisous

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  2. Salut les aventuriers ! Je souscris entièrement aux commentaires de ma sœur chérie.
    4167 m !! c’est aussi mon plus haut sommet en 2017 je crois : Le djebel Toubkal, (point culminant du Haut Atlas ainsi que du Maroc et de l’Afrique du Nord avec 4167 m). Mais pas à vélo ! Je vous ai vus aux îles chères à Darwin sur Facebook. Drôle de rapprochement Facebook et Darwin, vous ne trouvez pas ? Une distance chronologique aussi importante que celle géographique qui vous sépare de la France.
    Nous attendrons la chronique des Galápagos qui fera l’objet d’une publication séparée et peut-être réservée ?
    Mais j’y pense, le J216, c’est aujourd’hui 10 août !
    Voyons ? Un petit tour sur votre Facebook… J’ai bien fait, vous êtes déjà au Pérou, le désert, le vent, pas la galère j’espère, des fois, le Pérou, c’est pas le Pérou !! Des encouragements plein les pédales ! Des bises aussi.

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    1. Bonsoir Patrick.
      Merci pour ton message. Bravo pour ce sommet marocain 😉 quelque soit le mode de transport, tu as du mérite alors bravo à toi!
      Et oui nous avons voulu jouer avec les animaux sur ces îles visitées « que » 5 semaines par Darwin.
      Tu as failli être en retard sur les nouvelles aventures péruviennes maintenant. 🤣
      A très vite!!

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  3. beau reportage , comme d’habitude
    que vous êtes courageux … pédaler, pédaler, grimper , grimper de plus en plus haut !
    j’ai bien aimé la lavage des vélos dans la douche de l’hôtel ! Je peine déjà quand je lave ma chienne dans ma douche !
    Un mois s’est écoulé … les Galapagos .. vous avez dû apprécier et pour vous c’était les vacances, sans vélos !
    Comme j’ai vu le commentaire ci-dessus , je suis allée voir votre FB : reprise du vélo … par un « petit » désert ! Bonne route, donc ! et bon vent … dans le dos si possible !

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    1. Bonjour Anne. Le lavage des vélos fût très épique, Sylvain étant obligé de se laver en même temps! Mais au moins ils n’ont pas autant bougé que ta chienne, je suppose.
      Petit temps sans vélo sur des îles de rêve. Surréalistes.
      De retour sur le continent, le vent ne nous a pas quitté… de face!!!
      A bientôt

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  4. Vous avez vécu un moment privilégié : la tête dans les nuages » …. : vous avez pris de la hauteur 4167 m….de quoi rêver !! Toutefois, un parcours difficile , vous êtes méritants et encore une jolie rencontre qui a dû réjouir les enfants : des iguanes venus vous encourager. Donc , fini l’Equateur et bonjour les Galapagos !!! de futurs moments trop magiques… profitez, profitez bizz

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