Pérou – Arrivée sur Huaraz / Les incidents continuent – J232 à J234

J232 – Jeudi 26 août – Bivouac près de Mato à Yungay 28km


Allez, aujourd’hui, on croises doigts! Le réveil en douceur sur notre bord de route, on plie assez rapidement car on a envie d’avancer. Envie de faire réparer nos pneus! L’équipe de « pneus » cassés petit-déjeune à l’ombre, range les sacoches, vérifie les pneus, vide les poches internes de la tente, enlève le sable à l’intérieur, replie la tente et pose un dernier regard sur ce bivouac avant d’en sortir et de fouler l’asphalte toujours à l’ombre sur cette « Longitudinal de la Sierra Norte »…
La route est agréable, peu de voitures, surtout des mototaxis, des sourires, des petites mains qui dépassent pour nous saluer, parfois des visages fermés. On suit le Rio Santa toujours en montant, toujours avec de belles courbes et des passages en pierres lors des passages de ruisseaux. Pas de tunnels aujourd’hui, mais une vallée qui s’élargit, qui nous donne beaucoup de visibilité sur les montagnes, les serres et la végétation sur leurs flancs.

Les sommets enneigés de 5000m nous surplombent. On passe les 2000m d’altitude alors on se sent tout petits de se dire que les cimes sont 3km au-dessus de nous!! C’est incroyable d’en être si proche. Un vrai plaisir que de pédaler dans ces conditions pendant 14km jusqu’à la ville de Caraz, pour une petite halte gustative. Nous y faisons aussi quelques courses au supermarché « Trujillo ». Comme souvent le parking et le magasin sont déserts ; la vie ici se concentre dans les marchés, les échoppes, les rues populaires, et non pas dans les supermarchés…

On roule tranquillement car on a le temps, peu de kilomètres et la pente étant douce, on avance bien. On avance à un rythme constant, tranquille, qui énerve beaucoup les chiens du coin! Affolant la quantité de chiens qu’il y a sur les bords de route…. et peu qui ne nous poursuivent pas! Emma crie de surprise régulièrement. Heureusement, parfois, on rigole des tenues de ces animaux à quatre pattes! Les espaces autour de nous sont réservés aux cultures maintenant, entrecoupés d’habitations. Un seul lacet, avec plus de circulation, et nous voilà avant la pose méridienne sur le village de Yungay à 2570m d’altitude. Et oui, c’est déjà fini notre journée de vélo! Pas de crevaison, pas d’atelier de couture sur pneu, pas trop de pauses (juste pour les commodités !!). Désolée si nous allons trop vite! 🤣


Avant tout, on se cherche et trouve un hôtel près de la Plaza de Armas. Un patio au premier étage, après un escalier étroit et vertical (où nous avons dû porter les vélos à vide) permet de ranger nos véhicules à l’abri et en toute sécurité.
Le moment de découverte de la ville par la place avec son église orange et blanche commence. Des grandes marguerites, des jets d’eau, des palmiers, de superbes femmes en habit traditionnel, des couleurs, des bancs, l’endroit est animé, vivant, et ça, on adore. Un comedor remplit de locaux sera une belle découverte, un petit tour et puis nous revoilà dans la chambre d’hôtel. On se repose, on se douche chaudement (un luxe après 5 jours dans le Canyon!), on trie les photos, on écrit, on répond, on appelle, on joue (devinez pour qui 😅😅), on nettoie la chaine des vélos (facile de trouver qui le fait aussi!), on s’approprie la chambre avec tout notre bazar!


Petit tour entre filles pour acheter quelques empenadas, beaucoup de pain frais, des fruits et nous voilà au chaud pour terminer notre petite journée.

J233 – Vendredi 27 août – Yungay jour off

Et ça nous va bien de flâner dans les rues, de prendre le temps de regarder la route pour demain pour la ville de Haruaz, de préparer l’arrivée du père de Sylvain prévue le 1er septembre, de jouer et de manger!

J234 – Samedi 28 août – Yungay à Huaraz – 12km + 46km


Ce ne sont pas les kilomètres qui nous étouffent en ce moment!! Vous allez comprendre….😅
Partis de Yungay à notre heure habituelle, 7h45, nous quittons la ville et ses montagnes pour la même route en direction de Huaraz, l’objectif du jour! Pas de désert, pas de canyon par ici, plutôt la vallée qui s’élargit avec un nombre croissant d’urbanisation. Les sommets enneigés à l’Est nous témoignent leur présence, les montagnes plus rocheuses à l’Ouest font l’effort de toucher les nuages, comme diraient les enfants.
Les premiers coups de pédales se passent bien, même s’il fait un peu frais, avec ce milieu montagnard qui nous plaît tant. Quelques virages, quelques petites côtes un peu plus poussées (parmi nos 58km de pente ascendante jusqu’au 3052m d’altitude de Huaraz, 500m de dénivelé en tout). Pendant 12km, nous traversons les villages de Ranrahirca, Mancos, d’où nous apercevons un des sommets péruviens les plus hauts: le Huascaran Sur (le Norte se cache sous les nuages) qui culmine à 6768m. Admiration devant cette fenêtre idyllique. On s’arrête, on prend en photo, on contemple… C’est beau, c’est paisible, ça nous donne envie! Envie d’y retourner. 11 ans que nous étions par ici, à fouler la cime de la montagne voisine, le Chopicalqui. La tête dans les nuages, panorama sur la Cordillère, 11 ans après, c’est comme si on y était encore. Moments gravés dans notre mémoire, tout comme les kilomètres et les fenêtres de beauté que nous voyons chaque jour.

Encore quelques kilomètres en remontant le Rio Santa, sur la route asphaltée avec de plus en plus de circulation, et près de Mita, la tuile! Sylvain pédale…. mais dans la semoule! Le vélo n’avance plus. Possibilité de pédaler mais sans entrainer la roue arrière. Il fait du coup du surplace. La roue libre est hors service. Quelques coups donnés n’y feront rien… Et là, pas d’outils ni de pièces de rechange. Impossible. Le vélo ne fera pas quelques centimètres de plus. Alors 46! Mais quoi faire? Dépités, une voiture de police a qui Sylvain fait signe, s’arrête. L’un des policiers essayent avec un caillou de réparer… mais rien n’y fait. Alors ils nous proposent de prendre le vélo inutilisable et de déposer Sylvain dans un atelier de vélo pour le réparer. Il part avec eux à l’arrière du Pickup de la Policia avec le tandem. On croise les doigts et on écoute de la musique sur le tarp, à l’ombre dans le champ attenant.

On espère revoir Sylvain rouler sur la nationale…. mais c’est à bord du véhicule policier qu’il revient: pas bon signe. Les 15km faits n’auront pas permis de trouver l’outil et la personne adéquate pour réparer dans les 2 ateliers visités.


Une seule solution, il faut se rendre à l’évidence: rallier Huaraz, à 46km d’ici en motorisé. Et on ne l’aime pas cette évidence. Mais on n’a pas le choix. Le policier nous trouve un minibus conduit par un ami, qui accepte de nous transporter, la famille et les tandems… Mais quelle surprise face à la largeur du minibus, devant accueillir sur son toit nos vélos de 32kilos chacun! 😳
Sylvain, aidé du conducteur et du policier, amarre les vélos, les ficelle, vérifie les barres de toit et le toit qui faiblit à certains endroits… pendant que les sacoches sont mises en Tetris dans le minicoffre et l’habitacle.

Les enfants sont ravis car:
– ils peuvent ouvrir les fenêtres et voir le paysage
– il fait frais
– ils ont des bons sièges confortables (tout ça bien sûr en comparaison du camion fermé d’il y a 3 jours!).
En route, c’est parti mais quel dommage… Le paysage est entraperçu, les habitants zappés par la vitesse, les courbes et dénivelés si chers à nos cœurs qui nous permettent d’apprécier encore plus notre arrivée au bivouac, ne sont pas perçus dans le minibus. Ça va trop vite. Pas le temps d’apprécier, de communiquer, de photographier avec nos yeux les montagnes surplombant la vallée. Pas le temps de discuter dans la tienda du coin, de déguster un jus de fruits frais, de découvrir ces kilomètres mètre par mètre…. Et c’est là où nous réalisons que nous sommes bien dans notre voyage, bien dans nos baskets sur nos pédales, bien dans cette découverte à notre rythme.

Alors les 46km défilent rapidement, en 1h30. Et voilà déjà Huaraz, ville de 119 000 habitants à midi. Déposés dans une rue du centre ville, le parcours du combattant commence pour nous pour trouver une chambre pour le soir et la semaine qui suit.

Le fief de la Cordillère Blanche est pris d’assaut en ce we de 3 jours et d’un rassemblement national de montagnards. Les 14 hôtels où nous sommes entrés sont complets! Le temps passe et les interrogations commencent. Nous trouvons sur les conseils d’un hôtelier, une auberge de jeunesse qui accepte (après insistance) de nous laisser monter la tente dans leur patio en attendant qu’une chambre se libère le lendemain. 16h30…. c’était temps! Le summum de ce lieu: un mur d’escalade! 😁 Le kiffe!


Nous sommes donc « chez nous » pour une semaine, le temps de s’acclimater à l’altitude, de visiter la ville, de se préparer pour la suite dans la Cordillère et surtout pour attendre (et préparer des surprises), avec impatience, la venue d’un cinquième membre de la famille… Alain, le père de Sylvain, atterrit mercredi 1er septembre à Lima, la capitale, pour rouler un mois avec nous au Pérou. Le début d’une aventure agrandie dans notre voyage qui débutera normalement le samedi 4 septembre en J241. Le rendez-vous est pris!!! 😉

11 commentaires sur “Pérou – Arrivée sur Huaraz / Les incidents continuent – J232 à J234

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  1. je n’avais pas eu le temps de laisser un commentaire suite au dernier épisode mais j’avais bien compatis à vos problèmes de pneus. J’espère que là, vous pourrez faire réparer le tout !

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  2. les chiens aux jolis manteaux sont, je pense, des « chiens nus du pérou »; ils n’ont pas de poils , sauf un peu sur la tête et craignent donc le froid d’où des manteaux très classe !
    le mini bus est un micro bus mais au moins, il vous a menés, vous 4 et les vélos à bon port ! C’était sympa de la part des policiers de vous aider !

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  3. Vous avez touché là l’immense différence d’appréciation de l’environnement entre aller à 15 km/h et 70 km/h. Entre le rythme du vélo et celui de l’auto. C’est bien là la principale cause de la méconnaissance de la nature, de l’aveuglement des citadins d’aujourd’hui dont le rythme de vie me correspond plus du tout avec celui des anciens, qui se déplaçaient à cheval. Amen !
    L’essentiel est que vous puissiez réparer la roue « trop » libre. Toute liberté a ses limites, dirait le philosophe. Je sais qu’Alain vous a rejoint. Il me tarde de le voir pédaler avec vous. Bon vent les cinq désormais.

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  4. Et bien votre aventure n’est pas un long fleuve tranquille, sacré matériel indispensable pour poursuivre votre route .Petite frustation ce tronçon en bus mais dose homéopathique à comparer à tous les kms pédalés !
    Alain est maintenant avec vous ,un peu d’acclimation à l’altitude et vous repartirez à 5.
    Hâte de voir des nouvelles photos de ces magnifiques paysages et de vos 5 sourires
    Bonne aventure et au plaisir de vous lire à nouveau.
    Bisous

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  5. Quel changement de paysages tout autant magnifiques et je vois que les galères ne vous ont pas quitté. ….j’espère que vous trouverez de quoi réparer.
    Un voyage en bus et un autre en voiture de police …. ça manquait à votre palmarès et donne du piquant à cette aventure 😉
    Très drôle ces chiens « costumés », la prochaine fois que tu en rencontres un , cède lui ton vieux tee shirt 😂😂. Vous allez avoir de la compagnie, du renfort, j’attends avec impatience la suite de votre progression ! ! et reste prête à encourager Alain. Bizz

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  6. Bonjour la petite famille, non…. la grde famille puisque le père de sylvain vous a rejoint. c’est super pour sylvain de partager votre rêve avec Alain. Cela fait un petit moment que je ne vous ai pas laissé de pt message mais je pense régulièrement à vous. j’espère que les galères sont terminées pour vous. en tout cas les enfants après le camion de pompier, le 4X4 de la police le mur d’escalade….c’est inattendu et extraordinaire.
    merci pour ce reportage encore très riche comme d’habitude. Dans l’attente de vous lire Béa et moi vous envoyons pleins de bisous. Jojo

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