Pérou – Proche d’Ica: soleil, chaleur, sable et oasis – J272 et J273

J272 – Mardi 5 octobre – Pisco à Bord de la route 59km

Départ de Pisco à 9h, normal car on ne s’est levés qu’à 8h!!! La reprise est dure après une semaine de relâchement sportif et mental!🥴 Alors on a pris le temps pour petit-déjeuner, ranger nos dernières sacoches dans cette grande maison, retrouver nos marques, vite oubliées durant cette semaine de transition où Papy Alain est rentré en France (il est bien rentré et a déjà bien mangé de bons produits frais comme du bon pain!).

La route est à nous 4 maintenant, avec l’objectif de Nazca, dans le désert pour dans une semaine. La sortie de la ville bouillonnante, la 2×2 voies célèbre retrouvée et nous voilà de retour dans notre univers quotidien sur nos bulles respectives. Le paysage péruvien n’a pas trop changé depuis, le vent est quelque peu présent, le soleil surtout, et le sable!!!


En partant de Pisco, nous n’avons pris que ce qui nous restait en nourriture, sachant que nous trouverions ce dont nous avons besoin à Santa Cruz pour devenir indépendant… Et pendant les courses dans le mini market du coin, un homme nous offre 2 litres de jus d’orange. Il nous a vu en vélo dehors, en famille. Discussion évidente avec lui et la commerçante, avec des rires sincères car ils ne pensent pas possible de venir de Piura en vélo (notre départ du Nord du pays il y a 2 mois)!! Emma y retourne pour acheter 4 chocolats Sublime et en ressort avec un 5ème: le même client nous l’offre!! Ça suffit cette gentillesse gratuite sans en attendre en retour! 😅😅🤣🤣🤣


On continue la route pour entrer dans le désert. Drôle d’impression. On n’est pas motivés ni Sylvain ni moi. Pas dedans quoi. On avance mais on trouve que c’est dur.  En même temps après 1 semaine d’inactivité cycliste, c’est normal. Le vélo nous paraît lourd. Mais c’est dans la tête aussi. La chaleur nous écrase. Heureusement des travaux pour passer à 2×2 voies nous permettent d’être seuls sur les 2 voies non ouvertes au public véhiculés!! Fiesta 🥳 Insouciants, on déambule sur les 2 voies, on passe les dos d’ânes en sable, on peut s’arrêter tranquillement pour de courts arrêts. Jusqu’au passage d’un amateur des films Fast&Furious face à nous 😳 et on redevient raisonnable sur la bande d’arrêt d’urgence de ces voies vides…au cas où!

12h30 déjà. La matinée m’a paru courte avec l’impression de n’avoir rien pédalé, mais sans cette niaque qui nous caractérise. 37km en fait. Non??? On est plus performant que l’on pensait. On mérite bien un arrêt perdu. Finalement, nous ne mangerons pas nos sandwichs prévus mais un plat dans le seul bâtiment du coin faisant resto, qui ne nous aura pas marqué ni par le contenu de l’assiette ni par l’accueil. Seuls les 5 chiens (dont un handicapé des pattes arrières, le pauvre) et 2 chats nous font de l’œil et finiront nos déchets.


On continue… Le sable et le désert (propriétés privées), puis les vignes qui bloquent nos bivouacs. De véritables usines à vins!! Sur des kilomètres, les vignes poussent en hauteur, à 2m du sol, derrière de hauts murs, avec des filets sur les côtés et dessus. Tout est barricadé, avec des fils barbelés par-dessus les murs. Pas moyen de demander à quelqu’un si l’on peut y planter la tente. De véritables sentinelles.


Alors on continue. 16h30… le temps presse lorsque nous passons devant une station service. J’y vais et mon charme (ou celui des enfants venus avec moi???) agit puisqu’ils me disent oui Mais en arrivant avec les vélos (et Sylvain!), le son de cloche diffère: il faut attendre l’arrivée du patron à 20h. Trop tard pour nous. Un appel à leur supérieur nous autorise à planter la tente pour la nuit mais pas avant 22h. Le choix est rapide: on passe notre chemin. 😥


Et là, pour nous tenir compagnie, à perte de vue des vignes enfermées…. On se rend à l’évidence: on finira à la nuit pour atteindre le premier hôtel à 14km de là… Tout autour de nous, tout est « privada » ou fermé d’accès par de hauts murs. Alors quand sur notre droite, derrière les barrières de sécurité de la 2×2 voies en travaux, fermée à la circulation, on voit des déchets… et un espace étroit entre la route et la propriété privée bordée de buissons épineux, on s’arrête.
C’est sale… mais on y serait en sécurité, non visible de la Panaméricaine, et surtout derrière les barrières de la route fermée à la circulation, où aucun véhicule ne passe (à part des vélos comme nous!!) . Et puis, il est 17h30, et dans 30min, le soleil se couche. On ne sera pas au bout des 14km!! Ça c’est sûr.

Alors… on descend les sacoches puis les vélos et on déblaye le sable des grands piques de 15cm que Sylvain se prend même dans un doigt ! Vla l’écharde!!! On déblaye encore et encore. Sylvain applanit aussi pour y mettre la tente que l’on monte à la suite, assis par terre pour ne pas attirer les regards.

Le repas est vite pris à la suite et sans cuisson ce soir. Les 58km nous ont crevés. Les petits vieux que nous sommes (nous sommes forcément les petits vieux de qqun… ou les petits jeunes d’autres!), ont perdu l’habitude. Ou bien est-ce ce premier jour à 4???
Toujours est-il que l’on dîne nos sandwichs du midi avec ce que nous avons!! Et ce sera très bien comme ça. 19h au lit et 5 min après prise de tête avec mon tel qui bloque et m’empêche de lire les précédents compte rendus et d’ouvrir un nouveau pour écrire ce soir. 1h20 à me battre mais à réussir à sauver tous ces écrits dans le tel de Sylvain par Bluetooth (une pensée pour Alain qui est très à l’aise avec la technologie !!). Je peux donc désinstaller l’appli pour écrire ensuite… mais impossible de la remettre. L’écriture de ce soir se fera donc en écrivant plusieurs textos (qui ne peuvent pas partir puisque nous ne sommes plus sur le territoire français et notre opérateur ne capte pas ici) copiés dans le presse papier. Demain j’essayerai de le sortir et le remettre à sa place. Bonne nuit à tous à 20h43.

J273 – Mercredi 6 octobre – Bord de la route à Casa blanca – 46km


Encore un départ à 9h, tout en douceur sous le soleil déjà ce matin. Même limite lourd… (aussi bien les vélos que le temps). Cela faisait longtemps depuis l’Amérique centrale. Alors on sort comme une larve de nos matelas, juste avec les duvets posés sur nous, et on petit-déjeune au chaud sous la tente. La poussière, l’odeur, le sable et les épines ne nous épargnent pas lors de notre rangement quotidien. Les vélos sont remontés sur le rebord de l’autoroute en travaux et nous pouvons décoller après le tartinage de crème solaire.
Encore une 2×2 voies rien qu’à nous, sur plus de 20km, où seuls les tas de sable posés en travers de la chaussée émaillent la monotonie de la route.
Que du sable, que des déchets sur les rebords, que des vignes aux belles couleurs. Mais certaines sont couchées!??
RAS pour ce matin. En tout cas pas grand chose pour l’instant.

L’arrivée sur Ica a été comme à chaque entrée d’une ville de + de 200 000 habitants: harassante. Bruit traffic (mais là on progresse carrément et on passe! On lève les bras pour arrêter les mototaxis sur les carrefours! On se croit chez nous quoi). Passage au magasin du coin pour les victuailles entre nanas pendant que les garçons profitent de l’ombre près de la sortie de secours. Alors, comme une journée à Ikea : tu rentres avec une idée bien précise de ce que tu veux. Tu ressors avec le double d’affaires, et 3 poches entières, aujourd’hui pour nous de nourriture. Et en plus, Emma, déçue pensait que l’on mangerait tout ça sur le parking dès maintenant!
Dommage. Encore 6km à pédaler pour sortir de la ville et trouver l’oasis de Huacachina parmi les dunes de sable.
Ils sont faciles à faire presque sans dénivelé et presque sans vent de face. Juste un passage de dune pour nous rappeler que nous ne sommes pas en voiture! Et que la nature peut encore aisément nous pousser sur le côté pour nous enfoncer dans le sable. Juste sur 500m histoire de savourer la vue du haut de ce passage sur l’oasis, ses palmiers, ses bâtiments, sa verdure, siégé par les dunes de sable!
On s’y enfonce aussi pour le déjeuner et trouvons un banc face à la réserve d’eau (autrefois naturelle mais artificiellement comblée à l’heure actuelle). Cela a fait sensation différemment dans nos yeux et nos cœurs. C’est magique ces couleurs, c’est vrai. Mais le fait de ne pas pouvoir s’y baigner et que je ne sois pas montée sur la dune avec Sylvain, Emma et Raphaël pour en profiter pleinement, avoir une vue d’ensemble de ce site remarquable dans le désert, me laisse un peu déçue. Le ballet des buggys porteurs de 4/6 personnes sur les dunes juste en face, avec le bruit (en plus de la pollution que l’on imagine) n’est pas la seule activité, mais nous n’y goûterons pas ni au parapente ou au surf. C’est vrai qu’en vélo nous ne pouvons pas y aller (c’est un des démarcheurs qui nous le dit). Notre rêve était trop beau: être tranquille pour bivouaquer dans la nature ce soir! Pas grave. On en a bien profité de cet oasis perdu. Alors un sandwich, un yaourt et ça repart, direction la ville d’Ica à retraverser pour le Sud.


RAS de nuevo. Juste que l’envie n’y est pas. Le soleil nous plombe. Nous enchaînons les boissons fraîches mais pas les kilomètres. Et lors d’un arrêt avant l’heure éminente de recherche de bivouac, à Santiago nous avons une réflexion sur l’accueil péruvien bien différent de celui des équatoriens. Bientôt 2 mois que nous foulons, survolons leur sol, et une impression se détache. Un ressenti général. Un petit truc. Un grain de sable quoi. Mais réel: on ne se sent pas bien accueilli ici sur la côte. Les regards. Les non-retour à nos « bonjours » très fréquents. C’est un constat. On a eu de très belles rencontres, c’est sûr mais au quotidien, on est éprouvés par cette sensation, ce sens en éveil vers les autres qui ne trouvent pas souvent écho en basse altitude. Est-ce nous? Nous qui sommes fatigués? Moins avenants? Moins enclins à répéter toujours les mêmes phrases sur notre voyage? Moins souriants? Peut-être. Un petit retour au bout de 9 mois de voyage que nous avons ressenti tous les 2. Pas le coup de cœur de l’accueil en tout cas, qui nous aurait bien sauvé ce soir!
De toute façon, ça ne fera pas avancer nos recherches de l’après-midi pour le bivouac. Et surprise: pas de désert espéré après la sortie de la ville. Tout est construit, pris d’assaut sur les 2 côtés de la route. Cela complique la tâche. Ce soir, ce sera le parking d’un restaurant campestre fermé, avec ses 2 tas de sable et cailloux (imaginez le bonheur pour certains, et le désespoir pour d’autres de voir Raphaël se rouler dedans, devenir gris de la tête aux pieds en passant par les jambes, le visage… sauf les dents encore blanches avec le sourire aux lèvres!😁). Lâcher prise. 2ème maître mot du voyage après « adaptation ». Alors on lâche prise. On laisse faire cet enfant heureux. Heureusement, Emma joue aussi mais sait rester « propre » dans la limite. Un brin d’école sur une motte de sable puis un brin de toilettes au gant dehors ou dans les sanitaires qu’ils nous prêtent, et nous voilà rendus au souper dans la tente tout en jouant bien sûr!!!


Pas de vieux os ce soir, les squelettes sont éprouvés, les visages aussi par le soleil péruvien. Et ce n’est qu’après avoir sauvé au bout d’1h10 de combat, quelques comptes rendus précédemment écrits (car je n’avais pas fait de sauvegarde des 270 jours écrits depuis le début, que je ne pouvais plus ouvrir hier, comme bloqués, puis qui ont pu être transférés via le portable de Sylvain et ce soir récupérés et envoyés par mail. Je vois ma cousine Caro qui hoche la tête de désespoir devant tant de naïveté de ma part face à la technologie capricieuse et malmenée par mes soins ici!) que je finis de vous écrire au son mélodieux, répétitif, des camions à quelques mètres de nous encore à 23h37.

2 commentaires sur “Pérou – Proche d’Ica: soleil, chaleur, sable et oasis – J272 et J273

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  1. Coucou à tous les 4,

    Vous poursuivez votre périple vers le sud du Pérou , la reprise après ces quelques jours moins intense ,est compliquée. Finalement ça me rassure un peu vous restez dans le monde des humains !! 😄😄Vos efforts , votre courage depuis le début de votre aventure est super impressionnant je me disais que vous étiez quand même une espèce inconnue 😄😄 ou disparue!!
    Magnifique désert mais trop touristique ,le charme et l’accueil sont différent visiblement .
    J’ai appris grace à vous qu’Alain avait nettement progressé en nouvelles technologie ,une première . Il est revenu tellement enchanté de ce mois passé avec vous ,admiratif de votre résistance ,courage et tout et tout.
    Bonne suite en direction de Puno et lac titicaca .
    Plein de gros bisous à tous les 4 .

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  2. Un proverbe ou un adage prétend 🤭 : «  »pour vivre heureux vivons cachés » »…… C’est ce que vous avez fait !!! en désespoir de cause pour vous , hélas , cachés par le contrefort de la route… je compatis, et apprécie divinement mon lit… Mais vous êtes courageux et rien ne vous arrête, même si le contact humain n’est pas toujours accueillant ainsi que le désert et le sable. (Visiblement, il y a un petit coquin qui en a superbement profité, il a bien raison) . Bonne continuation mais en maman attentive je me permets de dire : un sandwich et un yaourt ne fait pas un repas suffisant pour avoir des forces dans les mollets 😂🤭. Soyez prudents. Je vous aime 🥰😍🥰 bizz

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