Pérou – Encore une zone désertique – J274 et J275

Et encore 2 journées de transition pour nous qui ne présentent guère d’intérêt cycliste sinon les beaux bivouacs dans la nature sauvage. Mais ces 2 jours nous permettent de nous rapprocher de notre objectif: la ville de Nasca. Allons-y! Soyez tout de même indulgents, je n’étais pas inspirée!!

J274 – Jeudi 7 octobre – Casa Blanca à Bivouac la Lune 39km D+119m

C’est l’anniversaire de ma maman aujourd’hui ! Je ne pouvais pas ne pas le dire. Par contre pour son âge, je tiens à ma vie, alors je ne dévoilerai rien! Bouche cousue. Et dire que « grâce » à cette pandémie, nous sommes rentrés en France, et nous avons pu fêter avec elle son passage de dizaine en 2020… mais je n’ai pas dit laquelle 😁 . Par contre, hier j’y ai pensé mais ce matin dans l’urgence du départ, j’ai oublié de l’appeler oups! 
Pour en revenir à nous, à vous, à notre journée, je peux vous dire que je vous écris depuis la Lune ce soir. Enfin, depuis l’abside de notre tente, avec une fenêtre grande ouverte sur le panorama extérieur: du sable qui danse avec le vent, des cailloux déshabillés par celui-ci aussi, des parcelles entières asséchées et la terre craquelée, avec à l’arrière plan des montagnes à l’état sauvage, en sable. Pas une once de végétation devant ma fenêtre.
Et rien que pour ce point de vue, la journée valait le coup d’être vécue. 1 sur les 30000 de notre vie (si l’on vit jusqu’à un peu plus de 80 ans). 1 journée pas si mal finalement aujourd’hui. Même si elle n’avait pas forcément démarrée sous les meilleurs hospices…
Réveil matinal, « aïe j’ai mal », moins mal que Sylvain qui s’est réveillé un peu avant 6h, sauf que moi, je suis une dormeuse et que j’aime rester au lit! Enfin, petit déjeuner et rangement habituels quand soudain, un petit animal s’est rappelé à notre bon souvenir: un scorpion. Un vrai de vrai, dans les tons sable, bien camouflé dans les casquettes sous l’abside. Cela faisait longtemps que nous n’étions pas passés par des contrées propices à son développement, et donc nous étions moins vigilants ces temps-ci. Petite piqûre de rappel avec ce spécimen qui n’a pas survécu, par prudence. Et c’est le retour de la vérification de l’intérieur de nos chaussures le matin!


On se reconcentre et à 9h, tout est bouclé avec les dents propres, prêts à découvrir. Pas de grande découverte ce matin, 2 coucous sympathiques d’habitants et travailleurs sur le bord de la route, des plantations de coton pour la nouveauté, d’oranges (ça sent bon la fleur d’oranger…), de vignes, de cactus.

Des maisons abandonnées, des quartiers entiers laissés qui s’éloignent jusqu’au bas des dunes à l’Est (que s’est il passé pour que toutes ces bâtisses soient vidées?), sans vie, sans mouvement, sans verdure, où le sable s’insinue à l’intérieur, où les fenêtres et portes ont disparu, les bodegas (petits magasins) jusqu’au village de Los Piscontes, le dernier avant 50km de désert.

7litres d’eau et des petits pains fourrés au poulet avec mayonnaise achetés avec un petit chocolat gratuit 😁 et ça repart illico après 26km ce matin.

Ca repart pour la chaleur. Pour le sable aussi. Pour les rafales, ces p…… de rafales qui nous déséquilibrent et nous projettent sur la route. Pour ces appels d’air à chaque camion passé qui nous stoppent sur place. Pour ce vent de face. Pour ces bornes kilométriques que nous n’apercevons plus guère souvent. Pour la crème solaire qui nous brûle en tombant dans les yeux. Pour la sécheresse dans la bouche. Pour le bruit de la circulation. Mais aussi pour ces dunes à l’ouest qui en imposent. Pour ce désert. Pour cet arrêt gustatif à l’ombre, autorisé sous la palapa par les policiers en contrôle. La seule ombre de la journée…. avec celle des vélos lors de nos arrêts, derrière lesquels les enfants se cachent!

Pour ce bivouac sous le vent. Sous le sable… ça recommence quoi! Ce que nous avions sur la route se répercute chez nous. Car oui, chaque bivouac, c’est chez nous. Un chez nous limité mais quand même on se l’approprie bien.
A 15h après ces 13km additionnés réalisés en 2h, nous capitulons devant l’effort et trouvons notre chez nous du soir, auprès de quelques buissons et arbustes, dans une ancienne carrière avec l’espoir d’être à l’abri.

Les enfants sont aux anges avec les plaques séchées de terre sur lesquelles ils s’écrivent des messages, transmis par leur boîte aux lettres de leur maison respective, réalisées près d’un buisson ou d’une motte de sable séché. Et on les entend rire et être heureux, courir, partir à la recherche d’un trésor pendant que la tente est montée et que l’on se réchauffe dessous, avec même une petite sieste pour certaine 😅 qui décalera le moment scolaire.

Coloriage pour Raphaël ou découverte de son atlas par Emma (qui écrit tous les pays qu’elle connaît, et elle en connaît plus du continent américain que de l’Europe!), c’est leur temps calme en attendant le repas du soir sous l’abside. 20h30 et les lumières s’éteignent, que les nôtres, pas celles des phares des camions illuminés de la Panaméricaine.

J275 – Vendredi 8 octobre – Bivouac La lune au Site archéologique de Llipata 45km D+418m

Et oui, nous étions partis tôt ce matin, bien avant 8h30, après avoir tout rangé et constaté le carnage du vent pendant la nuit sur la tente et les sacoches, après le petit-déjeuner dans l’abside mais avec la porte grande ouverte sur le sol lunaire.

Dans la matinée, les 26km parcourus avant le village de San Francisco furent les mêmes que la veille avec ce lever de brouillard dévoilant les montagnes de bas en haut, cette immense ligne droite, ces petites maisons en bois, en plastique, ces pneus interdisant le passage, ces camions, ces grandes plaines vides balayées par le vent (moindre à ce moment là) entourées de montagnes structurées de roches et de sable… et puis enfin le soleil apparaît !

Plus au sud, après cette traversée venteuse, la ville de San Francisco fait place et anime la monotonie de ce matin. Cette bourgade perdue, où il fut difficile de trouver un petit restaurant dans nos prix, de manger à notre faim et de déguster un repas chaud! (Ah, l’approche des sites touristiques… 🤑) a été la transition avec les montagnes russes suivantes par ce tunnel de 3m30 de large, creusé dans la roche ocre, à 100m plus haut en altitude. Sans lumière et étroit, n’étant pas prioritaires selon les voitures qui forment le passage en sens inverse, nous débouchons sur son mirador, ce qui nous a permis d’avoir une descente du tonnerre parmi les montagnes et les déchets dégueulasses (comment osent-ils les jeter ici dans cet endroit?? Ou n’importe où d’ailleurs! 😡) mais avec un panorama en différents plans, bien distincts par leurs couleurs, leurs lignes. Comme des montagnes russes en sable, comme des bourrelets, avec une descente vers un espace plat verdoyant, avec palmiers, puis on aperçoit les montagnes suivantes, toujours en sable…etc..

La descente par de grands lacets depuis la colline, avec une superbe vue sur Rio Grande, puis une jolie côte en plein soleil donnant sur le village traversé avant, où tellement de cultures agricoles se côtoient (cactus, coton…) nous étonnent par sa verdure avec les palmiers, grâce à cette source d’eau descendant des montagnes. La ville suivante Palpa nous enchante sur sa plaza de Armas sous les fleurs roses et les bancs à l’ombre. 90 minutes à se rafraîchir de différentes façons: une glace vanille chocolat ou une boisson fraîche, pendant que Sylvain changeait 2 rayons de sa roue arrière. La place est très agréable, calme, fleurie, verdoyante, reposante. Et nous en avons profité également pour nous arrêter dans 2 bodegas sur la route (j’avais oublié d’acheter l’eau à la première et en même temps dans la seconde, des petits gâteaux et un yaourt m’ont fait signe!!).

9km plus tard, c’est le début des géoglyphes de Palpa. Le plateau commence ici sur 40km jusqu’à Nasca, où lignes mystérieuses et géoglyphes se côtoient sur ces 2 communes (bien que ce soit la seconde commune la plus connue).

Nous avons profité, seuls tous les 4, du mirador construit en métal (et avec des marches penchées ce qui lui confère une impression de « casse-gueule) et du « musée » (2 affiches dans une cabane) afin de contempler à 20m de hauteur, au soleil, les géoglyphes de la famille royale et du voyageur. C’étaient nos premiers géoglyphes et la lumière ne nous a pas permis d’apprécier ces dessins creusés à leur juste valeur. Mais cet arrêt nous a permis de constater que personne ne surveillait le site… propice à un campement!

Tout autour de nous, ce n’est que sable, cailloux et glaise. L’eau a laissé des sillons dans la glaise, asséchés maintenant, ce qui nous permet de bivouaquer à plat, comme dans le lit d’une rivière. Aucune habitation autour de nous puisque nous sommes dans le désert parmi les géoglyphes péruviens. Juste la Panaméricaine passe au loin à l’horizon, et nous ne sommes pas visibles de là-bas.

Les garçons sont partis se promener près des lignes de Llipata sur les collines au sud. Pendant ce temps avec Emma, nous avons discuté de ses films préférés, de sa journée et nous nous sommes prises en photo tout en mettant en place l’intérieur de la tente.

Une étoile filante, un satellite, un croissant de lune à l’horizontale (qui nous sourit! 🙂), une voie lactée, une nuit étoilée et toute la famille est au lit après un dessin animé, prêts à rêver… à 19h51.





9 commentaires sur “Pérou – Encore une zone désertique – J274 et J275

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  1. je me demandais ce que vous deveniez ! quels kilomètres de désert , vent, sable , ordures … Quand allez vous retrouver des paysages plus « doux » ? Les enfants s’amusent avec peu ; c’est bien !

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  2. Quand je vois ces lignes droites qui se perdent à l’horizon, ces étendues de sable, stériles et désertiques, je me dis que, non, vraiment vous êtes courageux pour ne pas vous désespérer, pour garder le sourire et rester optimistes. Vous prévoyez de voyager sous de meilleurs auspices avec la ville de Nasca au bout de la route droite, et où vous rencontrerez peut-être un peu plus de douceur. J’attends donc la prochaine chronique avec confiance. Bon courage à vous 4 pour la suite.

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    1. Coucou Patrick,
      Tu as raison, il y a des tronçons dans ce voyage qui de prime abord ne présentent pas grand intérêt, et qui sont assez monotones. Ces 2 journées en font partie ; la ligne droite avec vent de face et camions faisait 60 km…
      Pour autant, on garde le cap. Nous avons une vision globale du projet qui nous permet de trouver des ressources lorsque nécessaire. Nous avons fixé une ligne d’arrivée justement pour nous donner un objectif, utile dans ces moments. Il nous est important également d’avoir des objectifs intermédiaires, même s’ils ne sont pas souvent évoqués dans nos publications.
      On s’est aperçus également au fil du voyage que les jours « sans intérêts » nous font d’autant plus aimer les autres, ceux qui nous apportent des petits ou grands bonheurs.
      Et puis pour ces 2 journées, lorsque le soir venu, nous parvenons à trouver un campement sympa, cela nous suffit largement pour « oublier » les moments plus difficiles de la journée…
      Je suis convaincu aussi que les zones sans intérêt sont représentatives des pays que nous traversons et il est enrichissant de les connaitre pour une réelle immersion en qualité de voyageurs.
      Le vent aussi a des vertus, il empêche toute possibilité de vol pour les moustiques !
      Mais je te confirme que nous allons vers des jours plus intéressants !
      Grosses bises de nous 4.
      Sylvain.

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      1. Merci de ta réponse, Sylvain. Je ne doute pas que vous traversez des jours meilleurs, des jours où vous faites le plein des yeux et des sourires, mais je persiste à penser qu’il vous faut, à tous deux, ce que vous avez, une sacrée force morale pour poursuivre cette aventure. Il y a un décalage de quelques jours entre ce que nous découvrons et ce que vous vivez au présent. Du coup, votre actualité ne correspond pas tout à fait à la nôtre ! Ce qui ne manque pas de charme non plus. Je vous embrasse tous les quatre.

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  3. Coucou les aventuriers, désert à perte de vue , sable, vent toujours et encore, mais vos bivouacs seuls dans ces immensités sont parlants. Cactus, scorpions ,ça pique, attention !!
    Je vois Raphaël et Emma appliqués ,ils font aussi des géogliphes, trop bien de laisser des traces de ces 2 petits français aprés ceux des précolombiens! Ils sont vraiment impressionnants vos loulous ,bon ils ont de qui tenir !!
    Au plaisir de lire la suite de vos aventures. Plein de gros bisous à tous les 4

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  4. Je vais être sincère avec vous et j’avoue: l’année dernière j’ai changé de dizaine, je suis donc passée de 25 ans à 35 ans 😉 …….. Mais pour l’heure, j’apprécie votre volonté et votre courage dans cette traversée désertique à tout point de vue, toutefois, pas seuls puisqu’un sympathique scorpion venait vous rendre visite… Emma et Raphaël doivent être fiers d’avoir laissé leur « empreinte » dans cette immensité. 👍Bizz à vous 🥰

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