Argentine – Nous voilà! – J624 à J626

J624 – Dimanche 9 janvier – Yacuiba à Aguaray – 29km (On a eu l’impression de faire beaucoup plus!!) D+90m


Il est un peu plus de 4h du matin lorsque nous arrivons au terminal de la ville de Yacuiba, de nuit. C’est l’heure matinal pour tout descendre de la soute et tout remonter sur les vélos. Heureusement, un petit vent frais nous fait du bien à cette latitude et altitude de la jungle, nous qui avons plus l’habitude des montagnes! Emma, debout mais endormie, monte sur son vélo alors que Raphaël est porté depuis le bus jusque sur son siège. Direction le poste frontière dans la nuit éclairée par les luminaires de la ville, seuls sur 7km… Réellement les derniers de Bolivie!

A 4h30, nous sommes les premiers et un agent nous indique le début de la file d’attente, 200m avant. 3 argentins sont là quand nous retournons sur nos pas mais ils nous laissent la place car théoriquement sans ce détour, on était les premiers. Sympa de leur part en tout cas. L’ouverture de la frontière est prévue pour 8h, alors on a le temps de manger, boire, discuter, patienter… les enfants assis chacun sur leur vélo.
Et puis vers 7h, qui que voilà?? Les français de la veille vus sur la place des gaufres qui avaient pris un bus à 10h30 hier. Ils sont arrivés à 17h, le poste frontière fermé. Dommage pour eux mais tant mieux pour nous car nous avons pu bien discuter avec eux, et ça fait plaisir. Parler voyage, vin, tente, découvertes, du monde, de rigoler, de manger des gaufrettes Wafer.. 7h50, on peut avancer, au compte goutte. 1 seul homme est devant nous. Au premier guichet, c’est la vérification des papiers de Pcr, déclaration juridique pour l’Argentine, et de l’assurance de voyage « mention covid ». On a le sésame pour le poste bolivien de sortie du territoire. Là, on sait que ça va se corser vu notre entrée fracassante et illégale dans le pays! Effectivement, elle tique tout de suite, non enregistrés sur l’ordinateur. On lui montre les papiers de l’ambassade. Rien ne change. Elle doit appeler sa supérieure…. et c’est l’attente. Debout bien devant pour ne pas qu’elle nous oublie (à vous de me trouver sur la photo!). Je vous la fais courte, sans les temps d’attente ou d’interruption par un argentin qui veut plaider notre cause : elle nous fait la morale, nous fait écrire 2 lettres entières comme quoi nous faisons notre Mea Culpa, comme quoi nous ne reviendrons pas dans le pays avant 3 ans… Encore quelques minutes d’attente quand on voit le groupe de français passer. Bon voyage à eux! Nous ferons de même à 11h, après avoir eu ce tampon, ce sésame de sortie de territoire bolivien. Guichet à droite pour l’entrée en Argentine. 5 minutes montre en main, pour vérifier nos documents et mettre le tampon pour nos 3 mois ici! Extra!


Dernière frontière terrestre de passée. Premier coup de pédale… pour la douane! Arrêt forcé avec descente de toutes les sacoches à faire passer au scan. Encore un petit temps d’attente. Le véritable premier coup de pédale argentin sera pour après, dans le village de Salvador Mazza où nous changeons nos bolivianos (7 bolivianos pour 1 euro) pour les pesos argentins (115 pesos (ou 230 par western union) pour 1 euro), à notre avantage vu que le gars nous donne le double de ce qu’il nous devait (enfin, ça, c’est ce que nous pensions)! On en utilise un bout lors d’un arrêt sur une aire de jeux en pneus et herbe, seulement à la sortie de la ville. On a les crocs, et on se régale avec des empenadas et des fruits vendus au bord de la route. Ça commence bien gustativement ce nouveau pays!


C’est seulement après que l’on remonte nos horloges, perdons 1h, ou gagnons 1h sur vous ( on n’est plus qu’à 4h de la France) et commençons notre descente de 5000km de l’Argentine!
On se croit au Mexique, au début de notre second périple: de la jungle, de la verdure, de la chaleur, de la transpiration, de l’envie d’eau fraîche. Des chevaux en liberté et des poules sont sur les bas côté herbeux, du monde à table dans les jardins, en famille, entre amis, assis autour d’une table. C’est très conviviale comme ambiance. Ça fait plaisir à voir. Quelques collines sur notre droite toutes aussi recouvertes de végétation dense nous barrent la vue, que nous avons de l’autre côté sur des km, sans aucune habitation en hauteur, que la nature! Nous sommes entourés.


Et une belle ligne droite asphaltée commence devant nous avec uniquement 3 villages ou hameaux sur notre route. La chaleur nous écrase très vite, la fatigue nous oppresse, au point que je dormirai bien tout de suite sur le vélo. Mais il faut continuer, nous n’avons pas assez d’eau, nous ne pouvons bivouaquer dans cette nature dense d’un mètre de haut. Un terrain de foot nous invite mais personne à l’horizon pour demander l’autorisation. On emprunte alors l’ancienne route 34 qui longe le chemin de fer et on s’enfonce encore plus dans la végétation. Quelques maisons bordent ce chemin mais pas de passage ou d’espace où planter la tente. Seule une ancienne gare abandonnée en pierre, magnifique avec de l’ombre pourrait être un superbe havre de paix… si seulement le propriétaire habitant en face voulait bien rouvrir cette fenêtre fermée devant nous à notre approche, si seulement il voulait bien répondre à nos appels assez poussés…

On abandonne et continuons jusqu’au centre du hameau où les habitants nous disent que plus loin on peut demander… toujours plus loin quoi. Loin d’eux. Ok. On abandonne encore et nous nous retrouvons à 14h en plein cagnard sur le goudron avec nos eaux chaudes et notre fatigue de cette nuit motorisée et de cette frontière !

Les papillons, les libellules, les chevaux, la nature nous font avancer… puis la tuile sur le Couillot. Le dérailleur déraille et se bloque, bloque ma roue arrière. C’est l’arrêt obligatoire sur le bas côté en herbes hautes. J’essaie de rentrer le dérailleur en bas, coincé en haut parmi les rayons qu’il a cassé, ainsi qu’un maillon de la chaîne. 10min. Je ne peux plus pédaler mais avancer en poussant le vélo oui. Alors, on marche tous les deux avec Raphaël sur le rebord en file indienne. Sylvain a fait demi tour (en étant arrivé au poste de contrôle de la ville et apprenant par les voitures que nous étions à 1km) et prend le vélo à pied. J’avance avec Emma donc et on part à deux vélos à l’assaut de la ville et d’un hôtel… C’est à ce moment précis que Rena nous propose son aide pour nous guider en voiture jusqu’à l’hôtel. Il est fermé mais elle connait le proprio et va le voir en voiture pour lui demander. Elle revient et nous emmène dans le second hôtel du même proprio! Cette fois, elle emmène les enfants dans sa voiture pour leur éviter de marcher. Sympa. Confiance aussi. 1er jour dans un pays étranger et on laisse nos loulous. Mais on la suit en vélo, à vue. Pas de problème. Elle repart aussi vite quand nous y arrivons. Merci à elle!
Frédérico le proprio nous propose une chambre, une bouilloire, des gâteaux, du thé et du café! L’accueil est plus que sympathique. Et il y a la climatisation dans la chambre, une aubaine apres nos suées du jour.


Douche pour tout le monde. Pas besoin d’eau chaude… mais pour une fois, elle est brûlante! Argh. Petit tour dehors avec les loulous pour choisir notre repas du soir et découvrir les habitudes des Argentins: hot dog avec tomate, œufs dégusté sur les bancs du terrain de jeux sur le rond point à côté de l’hôtel. Les décorations de Noël y sont toujours et amènent un côté joyeux au moment.
On se couche crevés mais rassurés d’être en Argentine. Les rues de la ville nous rappellent les petites villes des Usa. Comme quoi ce pays « coup de cœur » (et premier pays, cela a peut-être son importance) concentre beaucoup de paysages différents.

J625 – Lundi 10 janvier – Aguaray en journée off

Trop fatigués pour poursuivre aujourd’hui la route, et aussi par souci d’organisation (nous n’avions pas regardé plus en avant les villages et points d’intérêt de l’Argentine, nous arrêtant aux soucis de frontière), nous passons la journée ici!
Vous connaissez maintenant nos emplois du temps lors de ces journées « tranquilles », sans déplacement:
– Réparation du vélo
– Réparation et recherche d’essence pour notre réchaud
– Ecole pour le plus grand plaisir des enfants… dehors, sur le trottoir!


– Nettoyage des vélos et des sacoches dans notre douche
– Courses dans la ville tous les 3, en prenant le temps de flâner dans les rues
– Déjeuner au marché de la ville, dans la rue, en compagnie d’une habitante qui nous propose de partager l’espace de sa table
C’est également le moment de comprendre le rythme des Argentins, bien différents de celui des Boliviens. Ils mangent bien plus tôt le midi (d’ailleurs, ils sont en train de remballer quand nous arrivons pour manger), et ferment toutes les boutiques de 13h à 18h. A nous de nous organiser en conséquence et de prévoir pour ne manquer de rien pour notre goûter de l’après-midi!

La chaleur l’emportant sur notre volonté, nous profitons de notre chambre fraîche pour trier tous les papiers administratifs photocopiés en 3 exemplaires (et qui n’ont pas été gardés par les autorités des deux pays, une première!) de la frontière. Les enfants sont ravis de les récupérer pour les découper, se fabriquer un passeport… avant que nous refassions de l’école (et oui, je suis un bourreau d’enfants!).
Histoire de ne pas rester enfermés dans cette chambre tous les 4, sinon on va péter un câble (nous les parents!!), on part se promener à nouveau dans Aguaray.


La fin de journée est vite passée avec une bonne douche que l’on veut tiède, et un dîner dans la chambre, nous passons au lit à 20h, pour être fin prêts et frais pour demain!

J626 – Mardi 11 janvier – Aguaray à Tartagal – 34km D+67m


Ce matin, à 8h on est de sortie de cette chambre, en short et t-shirt et passons par la ville, parfois dans le sable des rues, pour récupérer l’asphalte de la route nationale 34. 20 minutes après notre départ, ce nouveau « Mexique » très chaud et très lourd, nous enchante. On commence avec une bonne allure, même si j’ai peur de casser encore le dérailleur. Je ne change pas trop de vitesse du coup et m’accroche à la roue arrière du Panzer pour garder ce rythme.
Raphaël chante, enfin marmonne, « Petit Papa Noël ». Il est fou, il fait déjà 30 degrés!!! Après une heure de pédalage, parmi les bus et les voitures qui vont très vite, un accident se produit derrière nous entre 2 voitures. Oups, la seconde n’avait pas vu que la première faisait attention à nous en freinant et se rabattant derrière le convoi de 2 tandems. Un arrêt de bus à la suite, sera notre excuse pour une petite pause à l’ombre!


Mais il faut reprendre, quitte à s’arrêter toutes les heures. La vive allure est reprise entourés de végétation verdoyante, les maisons sur le bord de la route sont bien entretenues, avec de l’espace pour le jardin, de l’herbe… une denrée rare depuis l’Equateur! Beaucoup de chevaux sont attachés sur le bord, mais ils ont de quoi manger (contrairement à ceux d’Amérique centrale que nous avions croisés). Et comme convenu, 1h après, nous faisons une seconde pause à un arrêt de bus, c’est nécessaire car Emma est au bout de sa vie, en sueur. 17km de plus! Put… Ouah, l’Argentine nous réussit! Emma a fini son livre, commencé hier et on continue sur la même lancée jusqu’à Tartagal à 11h tapante!


Une grande pensée amusée pour notre Kévin « Grand-Papy » voyageur et les Walmart aux Usa: on se perd littéralement dans le grand supermarché à l’entrée de la ville! J’ai plus d’attente à la caisse, que pour faire les courses dans les rayons. On a faim et on trouve enfin des saveurs perdues, comme le jambon: même odeur et même saveur qu’en France, du vrai quoi! Du gruyère aussi, après des mois de fromage de chèvre ou vache sans-sel ou trop, et sans saveur. Du bon pain en mini baguette. On revit. C’est notre carburant!
Pendant que je fais les courses pour ce midi et ce soir pour le bivouac, censé être à 50km (je dis censé vous allez comprendre pourquoi…), Sylvain rencontre un jeune de Tartagal et décline son offre de venir déjeuner chez lui, pensant continuer à rouler aujourd’hui!
Mais notre volonté est encore mise à rude épreuve (oui, c’est dur!!! ) en voyant les danettes au chocolat….


Il y a un taller (atelier) de vélo dans la ville et vu l’état du mien, on se dit que l’on pourrait tenter notre chance avec lui. C’est la seule ville de 100 000 habitants avant Salta qui est encore à 400km d’ici (10 jours pour nous pour y parvenir). Finalement, la décision est prise quelques instants après notre dessert: nous n’allons pas plus loin en ce mardi.
Il est 12h10, nos fesses sont posées au sol près de la devanture du supermarché et l’atelier ferme à 13h. On stoppe le repas et on file dans la ville, avec beaucoup de verdure, d’arbres sur le bord des rues, avec une ambiance agréable. La boutique est bien ouverte, le propriétaire devrait pouvoir avoir les pièces et outils indispensables pour redresser le dérailleur… mais à 17h. Pas le choix de faire autrement, on se recherche un hôtel dans le centre ville.
On y finit notre déjeuner puis l’école revient pour avancer dans le programme et être plus sereins les jours où nous pédalons. La récréation se fait à la piscine de l’hôtel tous les 3 puis 4 en milieu d’après-midi.
Sylvain est revenu de Western Union, fermé. C’est un véritable casse-tête que de retirer des sous dans ce pays car les banques prennent une commission énorme et le taux de change n’est pas le même entre celles-ci et WU, bien plus avantageux. Piscine donc tous les 4 avec un petit peu d’écriture pour le blog.

Lorsqu’il fait plus frais, nous nous promenons en ville, en vélo sans poids. Les voitures ont un petit air de France ici…. Des Renault partout, des jeunes et moins jeunes spécimens nous ramènent en enfance! Le point de retrait WU, toujours fermé (les horaires d’ouverture ne sont pas tout le temps respectées), on se réconforte avec une glace sur la Plaza de Armas. Il est tôt pour les Argentins alors on patiente jusqu’à l’atelier de réparation pour les tandems sous 40 degrés.


C’est encore le parcours du combattant pour avoir du liquide, car tous les postes WU ne font pas l’international quand enfin on parvient à un bureau ouvert…. Seule la Poste, fermée à cette heure-ci, peut le faire…. Argh… On en perd du temps parfois, mais on ne peut tout contrôler!
Quelques fruits et légumes frais en poche, notre chambre d’hôtel nous accueille vers 19h, pour notre pique-nique sur les lits avec la climatisation. A 20h30, nous nous retrouvons tous au lit… sans sommation. Il est 23h10 lorsque je termine et il fait encore 30 degrés dehors… Tranquille!

5 commentaires sur “Argentine – Nous voilà! – J624 à J626

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  1. Vos premiers pas et coups de pédale argentin viennent d’arriver dans ma boîte e-mail. Je les attendais ces premières journées argentines. Niveau de vie bien supérieur à la Bolivie et au Pérou. Vous allez manger du bœuf c’est sûr ! Je suis en train de calculer que vous allez rater les élections présidentielles ! Vous vous consolerez avec une belle entrecôte ! Et entre les côtes ? Les descentes, pardi ! Bon courage pour la suite, chaleureuse sans doute. Vous verrez de belles choses j’en suis persuadé… et de beaux chevaux aussi. Bref, plein de beaux partages et des bises.

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  2. Merci pour ces nouvelles de votre passage en Argentine où vous retrouvez la « civilisation » semble-t-il… Encore de belles aventures en perspective alors profitez bien bonne continuation et à bientôt
    Annie-France

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  3. Hello tous les 4,

    J’attendais avec impatience un nouvel épisode de votre aventure.Un peu le parcours du combattant ce passage de frontière ,mais combattant vous l’êtes!!
    Belle végétation , beaux chevaux ,bel accueil et miam miam nourriture alléchante , bon début sur les routes d’Argentine . Ce dernier pays de votre longue aventure sera j’en suis sûr merveilleux , profitez un max .
    Plein de bisous à tous les 4

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  4. Bienvenue dans ce nouveau pays et en principe le dernier de votre aventure, même si l’entrée dans celui-ci n’aura pas été facile mais vous en avez vu d’autres. Donc, vous continuer au travers de paysages verdoyants, accueillants , sous une chaleur qui change de notre hiver ici 😉, bonne route et dans l’attente des prochaines photos bien sûr, prenez soin de vous. Bizz

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  5. Hello  » mis Viajeros y Viajeras Mayores preferidos y preferidas  » !!! Uf …. por fin, ahi ustedes en Argentina, mas facil por entrar que …. salir de estos pais ! La calor es un verdadero cambio de los altiplanos  » bolivianos  » , y la argentina
    temperatura va a perseverar « ademas y ademas » …. ( a mi tambien me gusta mucho el guapo francès Francis Cabrel !!!! ) En cuento a la comida, variedad y escogido en frutas, legumbres, carne ( especialmente de vaca – al asado – : vacio, matambre; pero por lo tanto , pollo, cochinillo ( hum … morcilla !!! ) y cordero ! Sin olvidar las pizzas a continuacion de una grande italiana migracion …. Espero que ustedes haciere maravillosos descubrimientos en este bello pais, y espera con impaciencia los proximos comentarios adornando de magnificos fotos ! Bravo y salva de aplausos por ustedes – Laetitia,Emma,Sylvain y Raphael – por este tan longo viaje, siempre con la misma sonrisa, a pesar de las todas contrariedades. Hasta pronto …. !!!

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