Equateur – Ambiance amazonienne – J170 à J172

J170 – Vendredi 25 juin – Mushullacta à Los Angeles (Si, si!) 55km (D+ 649m)


Ce matin, Sylvain nous a laissé dormir, ça nous fait du bien. Le temps est couvert avec de la pluie, heureusement la tente est sous un appentis au sec! Le petit-déjeuner se prend devant l’abside, avec un compagnon à 4 pattes qui nous fait des yeux doux. Raphaël va mieux et engloutit ce matin, ça fait plaisir! Quand nous partons de la station service, l’Amazonie est sous la brume, seules quelques collines pointent. La vue est tout de même superbe sur notre gauche. L’Amazonie est mystérieuse, silencieuse. Aucune route n’y va, aucune habitation n’y est visible. Que de la végétation jusqu’à l’horizon. La route est plutôt descendante, et nous ne traversons que quelques communautés. Elles nous font bon accueil, même sur la route.

Le moral est au beau fixe, du coup. Les maisons sont en bois, légèrement surélevées par rapport au sol de terre rouge. Est-ce pour les animaux (notamment les serpents mortels par ici) ou la pluie et le sol boueux? Il y a beaucoup d’enfants aux abords des maisons. Peu de tiendas. Beaucoup de bois sont coupés devant les maisons. La végétation est omniprésente et fragile, le moindre m2 autour de la route et des maisons en est occupé. Les côtes et les descentes se suivent mais on garde un bon rythme. Serait-ce les bonbons à la menthe achetés récemment?? Ou le soleil qui revient? Et oui, il commence à faire chaud ici et très humide!!!.


A midi, nous nous arrêtons face à la forêt, histoire de sortir le drone réparé, puis vers l’arrêt de bus, histoire de sortir les sandwichs à l’abri du soleil! Des papillons nous accompagnent pour le déjeuner, jouent autour de nous, volent et se posent sur Raphaël très souvent, puis sur Emma. Un en particulier, marron et jaune avec de beaux yeux dessinés sur ses ailes. Un second bleu ne se laissera pas approcher. Dommage, il est superbe!

La route continue sous la chaleur pendant une descente jusqu’au Rio Pastaza où nous serons à notre point le plus bas depuis un mois en Equateur: 600m d’altitude. Personne autour de nous, un restaurant sur notre droite semble encore ouvert sinon tout n’est que verdure. Est-ce l’Amazonie autour de nous? Non, pas vraiment, nous ne sommes pas perdus dedans comme on se l’imagine quand on parle de cette forêt, mais l’on ressent bien sa présence, le bruit des animaux, et la hauteur de sa végétation.
Je me souviens de la fin de notre descente vers la rivière lors d’un virage où Sylvain, sur la route, devant moi, face à une falaise de verdure de 30m de haut… Lui paraît tellement petit, comme avalé par la nature. Impressionnant. Regret de ne pas avoir pu prendre de photo par la vitesse et le manque de sécurité (espace sur le côté et la circulation). Très représentatif de ce qui nous entoure et des couleurs vert intense.

La montée commence ici et le rythme est moins rapide! La chaleur nous fait suer, cela ne nous manquait pas! L’Equateur c’est tout cela: de l’altitude autour de 3000m pour la vallée des volcans avec le froid pendant les nuits et le manque de souffle ou la moiteur de la jungle et le manque de bivouac possible puisque la jungle commence dès que le goudron s’arrête. Quand je dis jungle, c’est qu’il n’y a pas de place pour de l’herbe, ni de trottoir herbeux, que des arbres, des immenses fougères, des lianes, des herbes de plus d’un mètre de haut…. Pas moyen de poser une tente par ici!

Nous arrivons à croiser une tienda pour quelques boissons rafraîchissantes puis nous entamons notre recherche pour le bivouac du soir. La tâche est plus ardue ce soir. Les communautés se succèdent mais aucun bivouac ne paraît possible. Chacun nous indiquant un endroit plus propice en avant… Il est 16h, nous avons roulé 50km, nous avons hâte de nous poser. C’est à Los Angeles, 30min plus tard, que nous rencontrerons Hugo et Yolanda, près de l’école et du gymnase et qui nous autoriserons à dormir près de chez eux.


Leurs 4 enfants découvrirons pour la première fois une tente, les 2 plus petites filles passeront un temps fou dans la tente sur nos matelas, la plus grande plus réservée restera à regarder à l’écart tandis que Bryan le garçon, jouera dans la terre avec les enfants puis à courir autour des différents bâtiments de l’école fermée. Ils s’amusent et cela fait plaisir à voir.

La pénombre arrive déjà et nous devons cuisiner. Yolanda sera aussi intéressée par notre réchaud et notre voyage. Elle vient chercher les enfants pour aller dormir, mais ils ne sont absolument pas motivés! Nous les retrouverons avec plaisir demain. Pendant notre repas dehors sur le tarp, nous entendons les parents chanter une douce mélodie. Pas de moustiques, pas de pluie, pas de chiens errants pour nous accompagner pour notre dîner. Seulement quelques étoiles qui scintillent. Nous nous endormirons tardivement ce soir au rythme des bruits des insectes de la forêt…

J171 – Samedi 26 juin – Los Angeles à Macas 34km (D+ 274m)


Difficile le départ pour Bryan qui aimerait que l’on reste encore une journée. Pas d’école ni de football pour lui. Nous petit-déjeunons avec lui et deux de ses sœurs. On partagera aussi nos céréales suite à sa question, les yeux écarquillés: « Où avez-vous trouvé les chocapics? »… Et bien, à deux jours de vélo d’ici! Effectivement, dans les 2 tiendas vues ici, il n’y a pas de céréales, ni de pain, ni de fruits et légumes, mais plutôt des boissons! Il nous demande également quand et si nous reviendrons un jour ici? 😔 Son rêve? Faire comme nous: voyager…. On lui souhaite de tout cœur.
Leur famille part aussi aujourd’hui, mais pour aider la communauté, dans des travaux d’entretien. Chaque mois, les familles participent ainsi à la vie de son village, bénévolement.
A nous aussi de partir plus au Sud, pas très loin parmi la forêt et les collines que nous gravissons à tour de rôle. La route nous amène à traverser le village de New York (ce n’est pas une blague!), bien loin de son homologue Nord-américain. Quoique…. les taxis ici sont de la même couleur!

Les kilomètres se font bien à travers les petits restaurants qui ont affiché leur cochon rôti! C’est le week-end ! Et il y en a de la viande! Nous enchainons les côtes puis les descentes jusqu’au fleuve Rio Upano. Mais l’approche de ses rives nous étonne ! Nous passons un premier pont mais le second n’existe plus! La rivière a tout ravagé sur sa largeur. Nous sommes obligés de descendre dans son lit avec les autres voitures, parmi les gravats et les arbres arrachés. Un troisième pont permet de rallier la rive opposée mais de la boue séchée est visible sur les bords des balustrades. L’eau de la rivière est venue jusqu’ici ! Impressionnant lors que l’on voit ce simple filet d’eau à quelques centaines de nous. Nous remontons enfin, vers la ville de Macas, 160m au-dessus en 1km.

L’arrivée au moment méridien nous incite à s’arrêter dans un restaurant, un vrai, avec une carte (ce qu’il n’y a jamais dans les comedors et autres almuerzos au coin des rues où nous mangeons!). Et bien, on ne nous y reprendra plus! 😅Exactement le même type de plat qu’habituellement mais sans salade et deux fois plus cher!!! 😬
C’est ensuite l’heure de la recherche pour notre hôtel du soir et nous n’allons pas être déçus non plus! Le premier hôtel où Sylvain se présente, il se fait renvoyer car l’hôtel est soi-disant plein, avec un mouvement de la main de son propriétaire au téléphone! Sauf que cela fait 6 mois que nous sommes seuls dans chaque hôtel où nous dormons!!! Alors, ici??? Plein??? On doute mais on va voir ailleurs tout de même! Deux autres hôtels sont bien ouverts, Sylvain entre dans un dernier. Un pied à l’intérieur, et sans lui dire bonjour, le gérant lui dit non! Bon, ça c’est compris! Nous ne sommes pas les bienvenus dans ceux-là.
Dans un de ceux qui nous acceptent, nous profitons de sa situation au centre ville, pas loin des commerces pour se ravitailler. Dans notre chambre lit double et lits superposés (Emma adore dormir en haut!), nous faisons école avec les enfants (histoire de…) et nous nous aérons dans un parc pour enfants au sud de la ville! L’après-midi bien entamé, passe vite ainsi…. jusqu’à la tombée de la nuit où nous nous éteindrons avec les klaxons, musiques et lumières des trains touristiques!


J172 – Dimanche 27 Juin – Macas Journée Off

Presque une grasse matinée digne de ce nom, si ce n’est les bruits de la ville qui nous réveillent ce matin! Nous prenons notre temps, faisons de l’école avec les enfants autour de l’histoire (Alésia, Vercingétorix, Jules César et Lionel Royer), allons flâner dans les rues de la ville de 19 000 habitants, à la recherche d’un réparateur d’ordinateur. Nous n’en trouverons pas (un dimanche, oui, on est un peu décalé avec la notion du temps!!) mais nous tomberons sur le marché local! Les senteurs et les couleurs nous émoustillent! A l’intérieur, comme dans chaque mercado central, des comedors se succèdent, avec les cocottes de nos grands-parents sur de grands feux! Que des locaux, des sourires. Et là, nous ne sommes pas déçus! Nous mangeons au bar de l’un d’entre eux une très bonne soupe avec son plat: riz/ poisson/ banane/ salade et betterave! 2dollars!!
Bien repus, notre recherche pour la réparation de l’ordinateur ou le remplacement de son écran se poursuit. Encore chou blanc mais, lors de notre retour vers notre hôtel, nous traversons un très grand carrefour, avec feux tricolores. Du monde partout, sur les trottoirs, des policiers également sont à l’arrêt sur leur moto, et même certains habitants sont assis sur leurs chaises sur la route! Tous regardent en l’air….??? Un match de football sur un écran GEANT entre l’équipe de l’Equateur contre celle du Brésil! Incroyable!! Dans la rue, les habitants sont aussi dans leur voiture à l’arrêt sur la chaussée…. Nous verrons une partie du match sur notre superbe télévision dans notre chambre 😁


La pluie nous chasse, nous, pas eux! Emma termine la journée en jouant avec la fille des gérants de l’hôtel. Raphaël fait un peu de jeu sur le téléphone et nous, les adultes? Nous nous interrogeons sur la suite de notre aventure. Tellement d’interrogations que l’on demande de l’aide de nos « supporters » facebookiens devant les dénivelés futurs, devant notre coup de mou actuel, notre motivation qui s’en va à force de fermeture des frontières. Que devons-nous faire? Où devons-nous aller?
L’Amazonie nous tentait aussi, mais encore une fois, nous n’avons pris aucun traitement antipaludéen, l’accès au coeur de cette forêt qui représente tout de même 1/3 du pays, est très long (bus, voiture, bateau…), l’authenticité des « tours » et des rencontres sur place, et puis cela n’est pas un objectif en soi, mais plus une aventure dans l’aventure.
Cela fait un mois que nous sommes dans le pays, et nous réfléchissons effectivement à l’après. Le Pérou était bien dans notre ligne de mire, mais fermé, nous devons réfléchir à la pertinence ou non de poursuivre ce voyage. Nous avons besoin de voir plus loin pour nous motiver, d’avoir un but, un projet…
Nous laissons les copains répondre pour nous aiguiller un peu!! 😋
Le repas sera pris dans la chambre, autour de quesadillas avec fromage et jambon (à la mode de nos amis Suisses de la Baja). Bonne ambiance ce soir mais toujours autant de questionnements…. La nuit porte conseil!

3 commentaires sur “Equateur – Ambiance amazonienne – J170 à J172

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  1. Quel rythme dans les commentaires, je peine à suivre mais la joie de la découverte est toujours là ! Perdus entre deux océans, le Pacifique et l’Amazonie, illuminés par le regard des enfants (oh ! cette photo des petites filles sous votre tente ; pour elles comme un voyage dans une capsule spatiale !) j’ai toujours grand plaisir à ne rien rater de vos pérégrinations. Le foisonnement végétal de la forêt équatoriale, la puissance des chutes d’eau, la fragilité des maisons de bois, l’accueil des autochtones et de leurs enfants, tout ça restera dans votre souvenir comme un film inoubliable et merveilleux. Quelque soit votre choix pour la suite, je ne vous lâcherai pas. Foi de petit montagnard ! Je vous embrasse tous.

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  2. Coucou les voyageurs,
    J’attends que mes jambes se réveillent suite péridurale .Non non je ne vous ai pas fait un petit cousin.juste mon ménisque qui m’a joué des tours !! Donc c’est bien agréable pour moi ce dépaysement dans la jungle avec ces belles cascades ,cette végétation luxuriante et toujours de belles rencontres. Je comprends votre questionnement pour la suite à donner à votre périple , sacré covid qui refuse de nous laisser tomber !!
    Pas facile de vous donner des conseils , votre décision sera la bonne . Raphaël et Emma gardent leurs beaux sourires et joie de vivre et ça fait plaisir à voir.
    Allez courage des jours meilleurs vous attendent et encore de beaux moments et belles rencontres.
    Gros bisous à tous les 4

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  3. Toujours un grand plaisir de vous lire et de partager ainsi vos moments magiques, vos belles rencontres, grâce à vos photos sublimes nous avons l’impression d’être à vos côtés à chaque instant et le sourire des enfants -tous les enfants surtout ce que vous cotoyez -égaient mes journées. Prenez soin de vous bizz

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