Pérou- Le désert de Sechura (Part 2) – J218 et J219

J218 – Jeudi 12 août- Nulle part 2 à Nulle part 3 – 48km


Encore une bonne nuit de 11h d’endormissement sans rien entendre, sans lumières ni chaleur! Impec! Petit réveil à 6h du matin: même pas mal! Bon, même si il va nous falloir pas moins de 40 min pour s’arracher de nos duvets pour Emma et moi. 🤣🤣 Le soleil se lève sous un ciel bleu qui ne durera pas et le vent est déjà levé! Vous y croyez vous?
Petit-déjeuner à l’abri, rangement (chacun à ses tâches pour tous les 4) et nous décollons du bivouac à 8h10. Plus efficaces qu’hier…. les automatismes reviennent! C’est sous un ciel bleu-gris nuageux que nous entamons notre journée de découverte sur la Panaméricaine avec comme mini-objectif: un restaurant à 31km (et un second de secours 1km plus loin!!). On ne change pas une équipe qui gagne alors pour la troisième journée consécutive on a le droit à : du vent de face plus fort encore que les jours précédents, de la poussière, du sable, des camions, des bus qui nous rasent, des voitures, des travaux encore et toujours (parfois nous arrivons à passer sur les portions en travaux avec une route asphaltée rien qu’à nous, parfois non, et nous prenons les déviations avec les autres véhicules faute de revêtement), pas d’espace pour nous lors des déviations, des sourires et des mains tendues sur la route…

Notre vitesse de croisière est en deçà de 10km/h, le restaurant est donc de visu vers midi! Pile poil! Sauf qu’il ne donne pas envie… l’odeur qui s’y dégage pique un peu! On se s’attarde pas sur le parking avec les chiens, on file vers le second resto. Bonne pioche. Des camions sur le parking: c’est un bon repère! L’accueil par contre est à revoir. Cela confirme notre ressenti global depuis 2 jours dans le pays. A part les chauffeurs, on croise beaucoup de regards noirs… Heureusement, un client nous explique les 3 plats du jour… à la place de la proprio peu encline à répondre à nos questions! On évite de justesse grâce a ce monsieur, l’estomac de bœuf en sauce! Ouf!!😅


Rassasiés tous les 4, avec des bonbons en dessert et quelques litres d’eau en plus pour le bivouac du soir, nous remontons en selle sous le soleil cette fois! Et il tape dur! Avec le vent pour nous assécher encore plus! Le paysage est inchangé pour l’après-midi : des buissons, quelques arbustes qui ont poussé le tronc et les branches vers le Nord (dans le sens du vent), des chèvres, du sable et des travaux. Aucun village à l’horizon. On est (presque) seuls! Nous pédalerons encore 18km, pas plus! La fatigue et le mal au binôme jambes/fessiers nous incite à chercher notre bivouac vers 15h.

L’emplacement trouvé par Sylvain est parfait: à côté de dunes de sable (terrain de jeu rêvé pour les enfants qui sculptent déjà dedans), à l’abri du vent, éloigné de la route… Mais 😔…. une silhouette sur une dune plus loin nous regarde. On part à sa rencontre, notre instinct nous dira bien si on le sent ou pas de rester ici. Ce soir, c’est « pas ». L’homme surveille ses chèvres qui broutent plus loin. Mais, il y a quelque chose qui nous chiffonne. On décide donc à notre retour aux vélos, de se déplacer derrière d’autres dunes, où on trouve un autre point de chute. Mais (et oui encore!)…. 2 autres silhouettes se détachent également sur d’autres dunes au loin. Pas assez sécurisé à notre goût, on ne tente pas le diable et on enfourche nos vélos vers la Panaméricaine. On la traverse et partons vers l’ouest à l’abri des regards entre des arbustes. Il est 16h15. Sylvain part en repérage et nous trouve un espace plat caché sans trop d’épines.

Montage de la tente sous le vent, pendant que les enfant s’écrasent littéralement dans le sable! Et dire que nous ne nous sommes pas lavés depuis 3 jours, et que ce soir, l’eau sera utilisée pour le repas, nous désaltérer et faire la vaisselle…. pas pour nous laver!! 😂 Pas grave, ils s’amusent et créent 2 maisons en sable avec un toit fait de branchages séchés ! De vrais artistes.

18h nous lisons et faisons des mathématiques sous la tente avant de manger toujours dans l’abside. On s’éteint tous avant 20h30. Le vent et le soleil ont eu raison de nos paupières bien lourdes ce soir…

J219 – Vendredi 13 août – Nulle part 3 à Chiclayo 58km


On prend les mêmes et on recommence: que ce soit les protagonistes, les binomes de vélo, la durée de la nuit, les horaires du lever et de départ, la route Panaméricaine, le vent de face, les nuages et le soleil, le sable! Mais l’objectif de ce soir n’est plus un bivouac isolé, près de dunes ou de terrains de jeux pour les enfants, mais bien la ville de Chiclayo avec ses 500 000 habitants! Autant dire: l’opposé! La motivation est tout de même intacte: pédaler les cheveux au vent sous le soleil péruvien en toute liberté!!
Et c’est parti, les lunettes de soleil et le tour de cou sur chaque visage pour se protéger des projections de sable. Méconnaissable dans ce paysage dunaire en forme de croissants. Les travaux ont toujours leur rôle et aujourd’hui nous arrivons à rouler sur les portions fermées à la circulation, bien qu’elles soient terminées! D’ailleurs, même fermées, ces routes nous permettent de croiser une ambulance: Miguel et son collègue nous offriront des pacayas, des clémentines et des petits gâteaux sucrés! 2 fois nous les retrouverons sur la route où, pour nous saluer, ils feront fonctionner la sirène !! Trop sympas, ils nous réconcilient avec l’accueil péruvien.

Un régal pour nous sans toutes ces secousses ni l’oeil fixé sur le rétro…. mais pour la vue, ce n’est pas ça! Nous sommes parmi une décharge à ciel ouvert. Comment est-ce possible? La première ville n’est qu’à 21km. Jusqu’à l’horizon les poches sont accrochées aux buissons, du placo, du plastique, des déchets divers parfois anciennement vivants. L’odeur est parfois insoutenable, alors on renfile nos tours de cou comme d’une barrière olfactive, comme pour prendre du recul sur ce que nous voyons…


Morroppe, la première ville sur notre trajet depuis 3 jours, nous permet de nous immerger dans le marché local, entre les fruits et légumes (que nous achetons avec envie de fraîcheur, vu qu’il était impossible de les conserver dans nos sacoches…), les empenadas au Pollo, et la partie « viande et poisson frais »…. plus très frais vu l’odeur 🤢.


Nous poursuivons notre périple toujours avec les mêmes acteurs de la série! Épisode 3! Et sur 23km, un seul virage, enfin disons plutôt une courbe… Le paysage nous questionne toujours, nous qui essayons de faire attention aux emballages et aux déchets que nous produisons… mais est-ce aussi facile pour chaque pays? Tous n’ont pas les mêmes priorités ni les mêmes moyens. On fait ce que l’on peut. Et on arrive ainsi sur Lambayeque, ville industrielle sablonneuse!! Une petite halte glacière chocolatée à l’ombre d’un parc devient obligatoire avec la sortie du soleil… devinez pour qui?? 😊

Il est 14h30 lorsque nous en repartons pour LA grande ville du coin et notre destination du jour. Mais entre les 2 communautés, seulement 10km les séparent, et ce ne sera qu’usines, zone industrielle, sable (encore lui???) ET voitures/camions/bus/taxi-moto avec leur klaxon respectifs, sinon ce ne seraient pas si assourdissants. On arrête la musique du coup qui défile sans auditeurs réels! On pédale proche des déchets, on découvre, on s’immerge, on traverse les voies (avec notre criquet porte-bonheur!) et l’entrée de la ville avec son rond-point gigantesque nous accueille.

Après une petite recherche sur le net avec le wifi d’une boutique de vêtements aux 2 lettres en rouge (pas de pub ici!😁) depuis le parking, Sylvain trouve plusieurs hôtels dans le centre ville… à voir sur place pour la place des vélos pour 2 nuits. Et oui, après 4 jours sans douche mais avec les quenottes propres quand même (vous êtes chanceux de ne pouvoir que nous lire et non pas nous sentir en plus!!), sans vêtements lavés (mais les sous-vêtements sont changés tout de même!), nous avons besoin de reposer nos jambes et de nous sentir repus avant un nouveau départ vers le sud. On se trouve un « hospedaje » près de la place des Armes, en plein quartier animé, dans la rue des magasins de vente de meubles.

En France, les commerces font des études de marché pour se mettre loin des concurrents. En Amérique centrale et du Sud, tous les magasins d’une même catégorique se trouvent tous à côté les uns des autres. Ici, ce sont des meubles, on a traversé la rue de l’optique, la rue des bananes, celle des boissons, les vendeuses de glace sur la route…. tous sont au même endroit ou dans la même rue! Du coup, on piétine parfois beaucoup pour aller dans le quartier des blanchisseries, mais ensuite on négocie entre les voisins😅. Toujours est-il que nous posons nos sacoches et découvrons vers 19h la ville à pied, dans les rues devenues piétonnes, pour déguster de bonnes pizzas et des glaces immenses jusqu’à la tombée de la nuit grouillante encore à cette heure.

4 commentaires sur “Pérou- Le désert de Sechura (Part 2) – J218 et J219

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  1. Après les efforts, le réconfort ! Manger chaud, se laver, sentir bon, le luxe pour les aventuriers que vous êtes. Je suis émerveillé par la bonne humeur des enfants, lesquels semblent ne s’en départir jamais. Tout est prétexte à découverte, création, jeux… avec le sourire.
    Vous devez passer pour des extraterrestres avec vos engins à pédales issus d’une autre planète pour eux. Qui plus est, traverser le désert avec ça, quelle folie, se disent-ils. Oui, ils vous prennent pour des fous. Les ordures partout, ça me rappelle l’Afrique du Nord. Les magasins regroupés par mêmes marchandises, j’ai vu ça en Turquie. C’est plus facile pour comparer, sauf s’ils s’entendent tous entre eux.
    Encore merci pour ce partage, précieux pour nous que régulièrement vous faites voyager à vos côtés, faites rêver donc. Bises d’encouragement du tonton Patrick.

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Patrick!
      Et oui les enfants sont tellement heureux devant tant de découvertes, de nouveauté et d’amusement…. Ils sont si proches de leur environnement et s’y adaptent bien. On est bien sûr ravis de les voir grandir ainsi.
      Merci encore pour ton message tonton !

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  2. Bonjour les aventuriers,
    Bon j’étais habituée à des paysages de rêves , cette portion du Pérou n’est pas la plus belle ,ni la plus propre en effet . Les priorités pour les autochtones sont sans doute manger, de loger enfin gagner des sous !! L’écologie n’est sans doute pas arrivée jusqu’à eux. Vous aurez des jours meilleurs pour les yeux et l’accueil je n’en doute pas.
    L’imagination de Raphaël et d’Emma est impressionnante , pas besoin de jouets, la nature leur en offre quantité!! Bravo à eux et merci pour vos 4 beaux sourires qui expriment la motivation et le courage pour poursuivre cette riche épopée.
    Je vous embrasse bien fort tous les 4 .

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    1. Coucou Annick.
      Heureusement, l’accumulation de déchets s’est atténué lors de notre route vers le sud et le Canon del Pato. Mais la priorité est ailleurs pour certains d’entre eux.
      Il y a quelques dizaines d’années, les poches plastiques et décharges sauvages étaient légion en France aussi…
      Ca viendra le changement…
      En attendant les enfants développent leur imagination tous les jours! Raphaël ramasse quantité d’engins avec des boîtes de savon ou autre… ca nous fait plaisir bien sûr !
      Bisous de nous 4

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