Pérou – Nous remontons à 4400 m – J286 et J287

J286 – Mardi 19 octobre – Puquio à Proche du Poste de garde 17km D+600m


Ce que c’est dur de se lever de son bon lit bien chaud… mais 2 jours de repos et d’organisation pour la suite est suffisant. Alors ce matin, on s’en va. Et on a un peu changé d’idée pour l’objectif final de cette traversée de la cordillère. Puno n’est plus. Vive Cuzco! Et oui, finalement, on revoit notre copie, et l’on se dit que l’on est proche de cette ville (500km c’est relatif pour nous!) et d’une des 7 merveilles du monde, alors, pourquoi pas? Il fallait faire des choix au départ car à vélo, il est compliqué de faire des détours rapidement et la météo est à surveiller. Comme en 2010, nous avions fait la randonnée du Salkantay pour accéder au Machu Picchu puis toute la vallée sacrée en bus, mais n’ayant pas vu le Lac Titicaca, nous pensions cette fois-ci le favoriser. Mais, on est joueurs, vous nous connaissez maintenant, alors un petit détour de 300 km, avant la saison des pluies est peut être faisable! C’est nos jambes qui nous le diront dans 3 semaines!
Donc ce matin, 1ère étape visée: la ville d’Abancay à 300km par la route 30A, plein Est. A 8h30 ce matin, nous retrouvons le soleil, la côte et les emplettes pour compléter nos sacoches déjà bien trop chargées à notre goût. Le marché et les rues animées de la ville nous comblent en pain, eau et fruits. La patronne de la boulangerie nous offrira même quelques petits biscuits (il faut dire qu’on lui en a acheté des petits pains ciabatta, pain frances, et biscottes faites maison 😋 qui n’ont pas résisté longtemps hier après-midi avec le beurre!). La sortie de la ville est tranquille avec beaucoup de regards et sourires pour nos montures.


Et les virages commencent déjà! Les polaires sont déposées rapidement pour les adultes, comme c’est bizarre. On monte sur les flancs de la montagne mais Puquio reste bien trop près selon nous! On ne décolle pas en fait. Pourtant les bornes kilométriques passent bien, la pente n’est pas trop abrupte et on pédale! Mais que c’est dur. Pour tous les deux (je parle des adultes qui pédalent vraiment, qui appuient réellement). La tête est là, la motivation aussi mais les jambes, 😱, pas vraiment. Ou est-ce le vélo trop lourd? Ou l’altitude à 3500m qui nous coupe le souffle et nous fatigue bien plus vite? Ou le paysage, encore à couper le souffle? Ou le soleil qui a un halo tout autour de lui et nous oblige à faire une pause (très étonnant d’ailleurs… si certains ont une explication)?

Alors on s’arrête, on boit notre eau, on admire, on photographie, on se questionne sur cette ville qui nous paraît toujours là, on sourit de ce panorama et cette chance d’être là. Première grande pause à la diffurcation de Quisuarniyog, pour des bananes, des caramels fourrés au chocolat blanc, et les petits biscuits offerts de ce matin qui n’ont pas survécu à cette pause! 😅 11km de réalisé. Ce n’est pas si mal à 11h devant des montagnes à perte de vue, des près cultivés, des troupeaux, des sources d’eau qui s’exaltent de sortir de terre, le ciel bleu et ses quelques nuages qui arrivent de la cordillère. La végétation réapparaît, les arbres polylépus, les buissons, les lavandes fleuries et les bonnes odeurs.

A 12h30 après quelques lacets, 6km, un petit espace sur la droite nous rappelle la Nouvelle Zélande, ses champs jaunies, et ses grands blocs de géant qui donnent envie de grimper dessus, disséminés partout autour de nous. Pas d’habitations, le silence se fait, juste les vaches broutant sur le rebord de la route. Nickel pour le déjeuner au soleil sur un de ces blocs mais qui se termine avec quelques gouttes de pluie, 2 vaches curieuses, gourmandes et très proches, mais heureusement qui ne peuvent pas monter sur la pierre où nous sommes,  puis tout le troupeau. Sylvain fait un petit tour et revient avec une question: et si on restait pour le bivouac? Oh la bonne idée!!!

C’est que l’endroit est vraiment bucolique, la vue magnifique, et ces blocs de grimpe hallucinant. Quelques centaines de mètres de plus pour s’éloigner de la route et se cacher entre plusieurs rochers, et nous montons la tente pendant que les enfants trouvent des cabanes, des miradors et jouent. Il ne faudra guère que quelques minutes pour que Morphée s’attaque aux adultes et à Emma, pendant bien 1h. On en avait besoin malgré les 2 jours d’arrêt à Puquio. Sûrement l’altitude qui fatigue nos organismes. Cet après-midi, nous nous sommes élevés à 3815m. Alors nos globules se mettent au travail pendant notre sieste.

Raphaël lui en profite pour dessiner dans l’abside à l’abri du vent et du froid, malgré le soleil bien présent maintenant. L’école fera son apparition pendant que Sylvain après 3 essais dans les environs, trouve une source d’eau à 20 min de là, perdu entre les lapins des Andes ou viscaches et un hibou qui veille à ce petit coin isolé. L’appareil photo et la pochette de 10 litres sontvenus avec nous lors d’une dernière promenade, avec ce coucher de soleil majestueux entre les blocs et tous ces animaux autour de nous, pendant que Sylvain avec la casserole, récupère le précieux liquide.


Le retour à la tente se fait avant la nuit, juste avant la préparation du repas, l’écriture de la journée adossée dehors face au panorama. La fin de journée est vite arrivée après un câlin pour réconforter les enfants fatigués et grognons tous les 2. Le repas du soir avec doudounes et bonnets entendra les rires des enfants avant la mise au lit avec t-shirt manche longue et « Raiponce » en dessin animé pour remonter le moral des loulous.

J287 – Mercredi 20 octobre – Proche du poste de garde au Lac 31km D+819m


7h15, je me réveille par l’agitation autour… je sens que Sylvain est déjà en train de ranger. Il nous a laissé dormir jusqu’à cette heure-ci, même les enfants sont endormis! L’altitude nous fatigue beaucoup. Pendant que Sylvain part en repérage photo près de la source d’eau d’hier (où il verra à nouveau le hibou et des viscaches), nous profitons tous les 3 du soleil, d’un rocher, de biscottes même pas écrasées et de beurre même pas fondu grâce au frigo de cette nuit! Un délice avec un thé ou du lait pour les enfants. Royal petit-déjeuner! 😍 Même papa de retour viendra en remanger une de plus. C’est vraiment un bivouac de rêve, le site avec ses blocs, la prairie, l’eau d’accès, l’éloignement de la route nous empêchant d’entendre le bruit des camions, tout comme les blocs autour de la tente qui font aussi rempart du vent, et les vaches!


8h50 et c’est le décollage non vers l’espace mais presque : vers le ciel et les 4000m. Le jaune des herbes complète bien le bleu pur du ciel. Les roches des montagnes sont plus sombres et amènent une touche de profondeur au tableau devant nos yeux. Nous montons vers le plateau encore et encore, par lacets mais sans une pente trop difficile. On pédale bien quoi. Même un condor nous encourage et passe au-dessus de nous. Son ombre immense nous stoppe, les yeux vers le ciel… Trop tard pour la photo, il est déjà parti. Au bout d’une heure, c’est la première halte et le bilan: 5km de fait. Ce n’est pas si mal car on a dépassé la barre des 4000m d’altitude. Une bonne boisson avalée, quelques caramels au cœur chocolat blanc sacrifiés par mes 3 gourmands, un beau panorama apprécié avec les plateaux visibles de l’autre côté de la vallée. Le soleil cogne bien, l’air est frais mais sec. La pause est terminée et l’on se sent fatigués. Enfin que les adultes! Les enfants nous épatent car ils pètent la forme… hors vélo! 🤣 Des fois, on oublie avec Sylvain que l’on est aussi haut. Mais il faut qu’on le prenne en compte, pour notre souffle, l’effort, les jambes…

Et au premier virage, surprise: Puquio, la ville est toujours visible! Nooooon, après plus d’une journée, la vallée n’est toujours pas très loin. Au lieu de nous décourager, ça nous fait rire! Parce que l’on était vraiment fier de nous et que finalement, on a l’impression de ne pas avoir quitté Puquio ! On pédale encore une heure, ça y est, on est sur le plateau, de l’autre côté de la montagne, et la vue est grandiose 11km après notre départ. Toujours des montagnes à perte de vue. Des champs, des vallons, des rivières asséchées, des buissons, des fleurs fleuries, des couleurs qui tranchent avec le ciel, des murets tout autour des parcelles, et même des grottes!! On se sent bien dans ces endroits si reculés. Sans habitation encore aujourd’hui.


1h encore et 8km de plus au compteur, quelques virages, quelques troupeaux de vaches ou moutons. Un restaurant sur le bas côté… Une bonne surprise mais qui finalement, ne nous permettra pas d’y manger. Un virage de plus et une prairie nous appelle pour le pique-nique… Pas seuls aujourd’hui car des moutons et 2 lamas traversent la route (juste devant un camion qui freine heureusement pour eux!) et viennent nous rencontrer. Et quelle rencontre!!! Un jeune lama blanc très curieux sniffe nos vélos, nos sacoches, notre poubelle, nous (il n’a pas eu l’air choqué par l’odeur 😉), l’appareil photo, le casque de Raphaël même avec Raphaël dessous qui a poussé un cri en se retournant nez à nez avec la bête 🤣! Il nous suit même jusqu’au point de repas, mais là, on ne partage pas nos sandwichs avec avocat et tomate! Ni avec lui, ni avec les agneaux à tête noire. La pause est idyllique quoique stressante avec la vue sur la route qui fait un détour de, facile, 5km pour accéder au col juste en face de nous.


On a tout l’après-midi et en plus une légère descente sur ce grand virage avant ce passage de col. Et on avance, on pédale inexorablement car on sait que de toute façon, petit à petit, on grapille des mètres puis des kilomètres. On passe de l’autre côté de ce col, et notre récompense du jour sera cette belle descente où Panzer fera la course avec la bouteille de 7 litres qui s’est détachée de lui! Heureusement, 2km plus loin, on amorce une autre côte… un dernier virage jusqu’à un petit lac, une petite ferme et ses murets sur notre droite: la seule habitation de la journée. Le soleil est toujours là et le mal de tête arrive… et oui, nous montons toujours et les symptômes du mal d’altitude se font sentir et oppresse les tempes. Mais on ne lâche rien. Le grand lac Yaurihuiri est dans 3km et c’est notre prochain objectif.


Le plateau où il se trouve est un réel tableau de maître.
Comment la nature peut-elle peindre ceci? Le Lac bleu, des montagnes derrière rouge et ocre, le ciel qui se couvre de teinte violette et bleu foncé, sur la droite des collines aux stries rouge, blanc et orange à l’horizon. Le soleil essaye de percer par endroit. Quelle magie!
Un restaurant est ouvert, avec 2 chiens qui nous accompagnent, ça c’est une surprise à laquelle on ne s’attendait pas. Et on aime les surprises. C’est aussi ça l’aventure. Après avoir rempli nos 10 litres d’eau pour pouvoir bivouaquer un peu plus loin et être autonome, Carlin, le propriétaire nous indique le bord du lac ou près de sa maison à 100m pour passer la nuit. Cela nous permettrait d’être en sécurité, pas loin de l’habitation au cas où, et pas loin du resto pour y retourner ce soir, au chaud!


Et c’est ce que nous faisons : on monte la tente à quelques mètres de chez lui et du rivage, à l’abri visuel de la route, à l’abri des 2 chiens (adorables pour moi, moins pour Rapahel et Emma), les enfants jouant pendant la mise en place intérieur et nous retournons dîner de l’autre côté de la route. La spécialité du restaurant : la truite! Elle vient du lac. Alors 4 truites bien accompagnées avec café pour les adultes.

Les ventres bien remplis, les corps bien réchauffés avec les derniers rayons du soleil par la fenêtre, nous partons nous coucher. Il est 18h30. Mais il fait froid à 4438m. L’air pique chaque partie du corps à l’extérieur. On est rapide pour aller aux toilettes et s’engouffrer chez nous. Une petite séance de cinéma clôturera cette journée encore bien chargée. Vivement demain pour d’autres aventures…

8 commentaires sur “Pérou – Nous remontons à 4400 m – J286 et J287

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  1. Encore du rêve ……. des belles photos représentant magnifiquement ce que vous vivez, que vous voyez, que vous ressentez…. Merci à vous.
    J’ai pu constater grâce à vos photos que les assiettes étaient « bien remplies » … pour l’heure me voilà plutôt rassurée 😉 , il faut prendre des forces pour accomplir les kilomètres que vous engloutissez et l’altitude que vous subissez. Bizz. Je vous aime 🥰

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    1. J’aurai dû parier que tu mettrais un commentaire sur la nourriture!! On se nourrit bien avec les almuerzos ici! T’inquiète, soupe, viande et riz! Avec même une boisson chaude parfois. Et je ne te parle même pas de la razzia sur les chocolats Sublime ou les caramels au cœur fondant de chocolat blanc! Le paquet de 100 ne fait pas long feu !!🤣
      Bisous tout plein

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  2. Bonjour les aventuriers

    Mais que c’est beau toutes ces couleurs ,cette nature à couper le souffle( même depuis mon canapé) pour moi pas l’altitude, le froid , les côtes toujours et encore. Quel récompense pour vous bien méritée!
    Cusco est plus agréable à découvrir que Puno , bon choix .
    Encore bravo pour ces exploits , prenez soin de vous .Je vous embrasse fort tous les 4

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    1. Bonjour Annick,
      Oui c’est sublime ici, enfin là-haut ! Chaque jour nous sommes récompensés et c’est cela qui nous donne encore plus de force!
      On prend soin de nous, sans problème ! A nous Cuzco… enfin dans quelques jours quand même!!
      Des bisous

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  3. Félicitations à la fois pour :
    – Votre voyage, belle expérience en famille
    – Votre récit, très agréable à lire
    – Vos photos, de bonne qualité
    Ceci nous donne bigrement envie d’aller pédaler par là bas même si l’altitude nous en a jusqu’ici dissuadé. Mais on se dit qu’en fait on ne sait pas si on en est capables tant qu’on n’a pas essayé.

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