Pérou – Les « montagnes russes » andines – J299 et J300 ou J555 et J556

Petit changement qui, on l’espère, ne va pas vous perdre. Les numéros des jours ici J299 et J300, sont ceux depuis le départ de notre reprise du voyage, au Mexique, où j’ai commencé à écrire. Or, dans nos têtes, nous sommes partis depuis le Canada en juillet 2019 et non depuis le Mexique. Malgré 8 mois d’arrêt, pour nous, les 2 voyages n’en font qu’un. Par conséquent, après réflexions et délibérations, nous avons le désir de compter les jours depuis le Canada, Calgary exactement pour la suite… donc nous en sommes au J555.

J299 ou plutôt J555 – Lundi 1er novembre – Abancay à Chapa 27km –  D+1254m (j’avais dit « plus jamais ça », il me semble???)


La nuit fut difficile, encore les restes du vaccin? Sûrement, avec des moments de chaud/froid et douleur à l’épaule. Ou la pluie par la fenêtre ouverte? Certainement. Et les coqs des voisins? Assurément. Je les aurai bien mangés ceux-là! Mais à 6h45, même avec le réveil tout en douceur, j’ai du mal à sortir du lit. Hop, une douche brûlante pour se recentrer. Les enfants? C’est pire pour eux… surtout Emma, notre marmotte. Sylvain, lui, a déjà petit-déjeuné, avec la vue sur les montagnes encerclant la ville. Les nuages gris et les quelques gouttes m’invitent plus à retourner sous les draps toute la journée. Mais nous devons avancer. Quasiment une semaine que nous sommes dans la ville (même si nous nous y sentons très bien, en sécurité – malgré l’alerte orange du ministère des affaires étrangères de la France que nous ne comprenons pas pour ici, et la bonne compagnie de Claudia, Juan et leurs enfants!!!). C’est bon, notre envie d’aller voir plus loin à l’horizon est bien là.  Enfin à l’horizon… ici au-delà du col à 2000m au-dessus de nous! Et caché par les nuages!
Alors la routine, nettoyage, rangement, tri, vérification sous les lits, descente et accrochage des sacoches sur les vélos… 8h30, sur le trottoir, on peut envoyer un message à Claudia pour la rassurer (et oui, elle aimerait bien aussi qu’on lui envoie un message ce soir… mais dans les montagnes, il n’y aura pas de réseau, on peut le parier, pour savoir si on est bien installés!!).


Abancay qui est construite sur une jolie pente de ski, digne d’une piste de couleur rouge, doit être traversée vers l’Est, et remontée entièrement pour retrouver notre route « Longitudinal de Cusco ». Et elle commence fort cette journée avec un bon poussage réglementaire de nos tandems dans les rues, pas de tire-fesses ou tire-vélos plutôt. A la force de nos bras et ceux de nos loulous qui les poussent à l’arrière, on y arrive sur 300m et sommes déjà essoufflés. Ça promet!


La rue est chargée en ce jour férié, aussi au Pérou, et il n’aura suffi que d’un virage pour être émus. Déjà de si bon matin, la générosité opère avec une voiture qui s’arrête devant le vélo « Panzer ». Une femme en descend et leur offre une « wawatanta », un pain sucré en forme de poupée. Selon la tradition, la wawatanta, du quechua « wawa: bébé » et « tanta: pain » représente soit un cheval (pour un homme), soit un couffin (pour une femme) et est décoré de bonbons et de chocolats. Après avoir goûté le caballo de Claudia, c’est au tour du couffin! Juste le temps de les remercier et la voiture repart. Mes 3 gourmands sont ravis de ce cadeau…


Mais il faut continuer de pédaler après cet arrêt surprise. La ville n’est pas terminée, les feux tricolores non plus, ni les travaux, les aboiements des chiens, les magasins et restaurants de poulet, les voitures qui défilent quittant la ville pour cette journée consacrée à la famille, les gouttelettes, les boulangeries ne vendant que ces fameuses brioches, les constructions et leur tiges de fer qui sortent du toit plat en béton attendant l’agrandissement de la maison par un étage supplémentaire… L’effort nous fait déjà suer à grandes eaux. Il ne fait pourtant pas trop chaud. Mais la pente est difficile. D’ailleurs une voiture nous attend sur le bas côté, le coffre ouvert et nous propose à tour de rôle de nous conduire plus haut. Seulement, nous, on aime souffrir, on aime pédaler, on aime l’effort, on aime la récompense au bout: la fierté, on aime les challenges. Alors on refuse poliment. Et puis on se demande comment nos 2 tandems 10 sacoches et 4 personnes auraient pu tenir dans sa voiture berline… ? Mais c’est très gentil de le proposer. Cela fait chaud au cœur, car on se dit que si sur la route, il nous arrive quelque chose, on trouvera du secours.

Puis enfin, la végétation réapparaît, les maisons s’écartent, s’éloignent les unes des autres tout comme les bus de longues distances ou les camions citernes, les restaurants campestres (avec un extérieur) préparent leur barbecue géant. On se sent moins abasourdi par le bruit et on peut remettre la musique! Nous avons déjà pris de la hauteur depuis ce matin, et profitons de la superbe vue sur le fond de la cuvette où se trouve Abancay.

Les nuages sont quelque peu remontés vers les cimes des chaînes de montagnes l’entourant. Un brin de soleil apparaît. La pause parfaite pour nous 4, mais surtout pour les adultes qui se sentent encore fatigués, qui ont les jambes qui tirent, le dos douloureux, les étoiles qui arrivent en se relevant trop vite. Alors on s’hydrate avec des jus, à l’ombre puis on continue… à notre petite allure. Les virages attaquent la montagne et la verdure. Les arbres polylépus dont l’écorce ressemble à des couches de papier, les buissons, les champs cultivés, la pente vertigineuse coupée par notre route, nous grapillons au fur et à mesure, cette masse, épingle après épingle, s’enfonçant et passant d’un versant à l’autre… jusqu’à un petit arrêt surprise! Un second moment de générosité, je vous le jure. Et je n’ai rien demandé, mais on nous a offert 2 tamales (pain de maïs cuit dans des feuilles) par des familles profitant de la vue sur le bas côté près de leur voiture. La photo est obligatoire avec leurs fils, qu’ils installent sur la selle! Sourires, gentillesse, et c’est reparti boostés comme jamais. On se prend encore des leçons de générosité.


La route continue pour nous tout de même, avec notre objectif de la journée: 20km à faire sur les 35 de côte et 2000m de dénivelé. Histoire de couper la poire en 2 avant la superbe descente. Alors? Bah, on continue avec du soleil. Et on enchaîne, les 12 virages en épingle suivants sur les 14 premiers kilomètres, réalisés en 4h. Faites le calcul pour trouver notre vitesse!! Mais on est monté, haut! Et ça, c’est génial. Petite satisfaction personnelle pour nous. On se contente de peu. Comme ce midi: 4 piquets, une tôle, 4 cailloux pour nos fessiers et voici notre cuisine pour le déjeuner au bord de la route. On est bien et on se reqinque quand le temps change.

Le ciel se voile, le soleil n’est plus présent que dans la vallée, la fraîcheur tombe sur nous. Il est temps de repartir quand on entend le tonnerre gronder sur la montagne juste à côté au sud. En selle, à 13h30, les jambes nous font mal. Les reprises sont toujours dures pour nous. Il ne faudrait pas s’arrêter mais le cadre incite le contraire pour quelques photos ou souvenirs dans la tête. Mais, le tonnerre se fait entendre maintenant sur les montagnes au Nord, les éclairs transcendent le ciel nuageux. Pourvu qu’il reste là bas. On avance un peu moins serein, on compte les secondes entre la foudre et le tonnerre. Encore un peu loin. Cela nous permet de souffler un peu. Juste quelques gouttes arrivent à nous, mais c’est toujours impressionnant un orage en montagne. La résonance acroit le son. La montagne est à nous, et à 3 « amigos » bien imbibés dont nous refusons l’invitation. On reste sérieux, au moins pour 1h30 encore sur nos vélos…

Mais à Waraccoña, nous n’avons rien pu faire pour garder cette concentration sportive. Tout cela, c’est de la faute à la seule épicerie sur notre route pour se recharger en eau. Le piège! Edgar était en embuscade avec 15 personnes de sa famille qui dégustaient en ce jour spécial, la fête des morts (mais avec l’interdiction encore aujourd’hui d’aller au cimetière, fermée depuis plus d’un an pour cause de covid) un déjeuner. A peine le vélo « Couillot » arrive après le « Panzer », qu’il nous propose une bière, à 15h. On décline. Une fois, deux fois, 3 fois… et on sent que l’offense n’est pas loin. Alors on accepte (On est trop faible, non???) et on boit à petite gorgée pendant que les enfants de la famille scrutent nos engins. Au départ, on était venus acheter de l’eau et des chocolats, alors je m’y colle. Mais à peine ai-je le dos tourné, que Sylvain en profite. Je le retrouve avec une assiette de chicharron et de maïs à la main! Je ne peux pas le laisser tout seul une seconde! Et Edgar, ainsi que 3 membres de sa famille qui insistent pour une seconde assiette. C’est un personnage ce Edgar, qui m’appelle lui aussi « Mami ». Et Bim! Petite explication à toute la famille sur la signification de ce mot en français, où je me prends 20 ans de plus. Des rires. Des photos. Des verres de bière. Des enfants qui s’assoient sur nos vélos. Des échanges. Des discussions avec eux, avec nous, avec Emma et Raphaël et puis on laisse cette famille entre eux. Et promis on les mange les chicharrons (Edgar a peur que l’on ne le fasse pas… c’est mal nous connaître concernant la nourriture!!).


On a bien avancé aujourd’hui mais l’heure tourne et la recherche de bivouac approche. Un peu plus de 4 kilomètres depuis cette famille, nous seront nécessaires pour trouver une surface plane dans ce décor de station de ski. Et il est temps. Un autre orage tonne mais sur notre montagne cette fois-ci. On sort les vestes de pluie et même les polaires car le froid est bien là, à 16h20. L’atmosphère est sombre, le tonnerre présent juste au-dessus. Petit tour par Sylvain qui en profite pour demander l’autorisation à un homme, assis en contre bas de la route, en train de surveiller ses vaches. L’espace intéressant du soir est dans le domaine publique! Cool. Ni une ni deux, on traverse, on choisit bien le périmètre pour les 5m2 de la tente (l’expérience de Condorcoccha est encore en mémoire, J288), on nettoie rapidement de quelques herbes et la tente est montée. Toutes les sacoches sont dessous quand la pluie cesse. Les enfants se fabriquent des maisons avec les petits buissons fleuris, font du jardinage et de la taille à côté, vu que l’orage est passé, pendant que Sylvain se repose dans la tente après avoir mis en place les lits.


La pénombre arrive, le moment de cuisiner aussi et de se mettre au chaud également. Pas de pluie, pas de vent, des étoiles, de la fraîcheur à 3696m ce soir, quand nous nous mettons au lit à 19h30.

J300 ou J556- Mardi 2 novembre – Chapa à Bord de la rivière Apurimac 69km D+913m  D-2691m


Le lever fut dur. Disons qu’il a été dur pour Sylvain de nous réveiller tous les 3. De nous faire sortir de nos duvets après la nuit fraîche mais surtout humide! Réveillés vers 5h, on avait tous réussis à se rendormir d’un sommeil profond… jusqu’à 6h20. Mais c’est que Sylvain a besoin de nos lits pour continuer le rangement. On se fait littéralement virer des matelas. Pas grave, on avait faim de toute façon, et la cuisine n’est pas loin. Le petit-déjeuner commencera sous l’abside pour se terminer (après avoir été éjectés aussi!!) dans le jardin du jour, sous les nuages gris.
7h57, nous le quittons pour amorcer notre côte de la veille, les derniers 400m de dénivelé, avant le col. L’ambiance est particulière: le temps est au gris, les nuages nous encerclent, nous les traversons parfois, la visibilité n’est pas au top, il pleuviote, les enfants portent leur polaire et veste de pluie pendant que certains sont en t-shirt manches courtes. Cherchez l’erreur! (On comprend tout de suite ceux qui suent de pédaler à fond!!).

Les lacets sont au nombre de 3 seulement sur les 7km qu’il nous reste, mais ils nous permettent une heure après notre départ, de profiter d’une superbe vue sur Abancay. La ville est au fond, au pied des montagnes dont les cimes se trouvent 2km plus haut, avec un rayon de soleil. Les nuages sont montés en altitude, comme nous et nous permettent ce panorama. On en profitent pour quelques arrêts sur les abords de la route, malheureusement avec les déchets, et des chiens errants. Ils vivent là, allongés, dans l’attente d’un déchet jeté par les automobilistes. Et ils ont de quoi se nourrir vu leur poids. Aucune agressivité de leur part lors de notre passage, ça change!!

L’heure et demi est passée lorsque le km810 est dépassé et que les fils électriques des pylônes descendent sur l’autre versant. On y est!! Arrêt oblige, photo oblige, vidéo oblige à 4008m et 3 couches de vêtements en plus oblige! Même les gants et les tours de cou font partie de la fête, un second pantalon pour certaines. C’est que nous avons 50km de descente. Le truc de fou!
La banane! Mais elle ne se voit pas sur notre visage masqués comme nous sommes avec les tours de cou. Juste mes yeux restent visibles. Ces yeux qui découvrent la vallée, les maisons disséminées aux abords des parcelles cultivées, les conifères, les polylépus, les montagnes à perte de vue mais des montagnes abruptes, découpées, sombres. Le vent nous fait pleurer lorsque nous nous arrêtons à un mirador, où quelques chiens attendent encore. Un jeune loup noir content de nous voir, mangera nos gras de chicharron de la veille ainsi que quelques choclos tombés au sol, succulents pour lui vu le rythme de déglutition. Il nous fait craquer, on l’emmènerait bien dans une de nos sacoches. Pas possible, c’est dommage.

La descente continue, avec quelques voitures qui nous doublent, mais souvent nous récupérons les camions, les freins à fond qui crissent dans les virages plein Nord. Plus l’on descend, plus l’agriculture devient présente. La terre est retournée, bien ocre/marron, belle et cela donne une teinte particulière à la montagne. La communauté Sayhuite s’occupe de ces terres qui occupent tout le versant. Le maïs apparaît par la suite, la canne à sucre et ses vendeurs d’alcool sur les trottoirs. Ce que les kilomètres défilent… Incroyable et on aime ça! On amorce les virages telles des motos de courses, légèrement penchés, le regard au loin, concentrés. Plus de jeux avec Raphaël à deviner les panneaux de la voie en face (donc à l’inverse de nous) pour marquer des points. Mon esprit est ailleurs, les mains bien fermes sur les poignées prêtes à serrer les freins. Pas de musique non plus, on n’entend rien avec le vent à 45 ou 50km/h (je ne dirai pas plus sinon les grands-parents vont s’affoler). La vallée se rapproche, les montagnes se rapprochent les une des autres et les nuages noirs s’amoncellent sur notre droite pour tonner.

On file aussi vite que notre sécurité le permet et nous entrons dans Curahuasi à 11h30. La ville de la journée est en effervescence, sa rue principale le spectacle de la danse des camions et bus se croisant. On s’y pose malgré l’heure matinale pour déjeuner, rassurer Claudia (car on capte!!), et acheter pour le repas du soir pour notre bivouac.


Le soleil nous réveille à la sortie du comedor, nous chauffe la peau, nous réchauffe et même les enfants enlèvent des couches. Et savoir qu’une descente nous attend encore, que l’asphalte sera foulée, lisse, face aux sommets Kiswar, Amparay et Suray, tous les 3 à plus de 5400m d’altitude, nous donne encore plus envie de mettre nos fessiers sur nos selles! Je n’ai pas compté les arrêts photographiques de Sylvain (j’aurai dû je sais!), qui disparaissait dans mon rétro quasi tous les 500m, mais cela vous donne une idée de la beauté de ces montagnes. Les nuages cachaient une partie de leur cimes, mais comme pour nous narguer, de ci de là, ils se dissipaient laissant entrevoir la neige sur leurs parois. Sublime. (Non pas le chocolat!). Et ces virages amenant à la rivière, ces virages découpant les pentes cultivées de cactus et autres… amenant l’œil vers l’Est, vers un passage étroit, celui que nous devrons bientôt emprunter. Le Machu Picchu est « juste » derrière cette barrière, que nous contournons à vive allure, essayant de fuite un nouvel orage qui gronde au sud. 19km ainsi, qui m’ont paru court en temps, rapide en vitesse bien sûr, mais parfois surprenant lors des rares côtes. On n’était plus habitués, enfin nos jambes! Ouf! De 50 à 4km/h, avec l’impression d’avoir laissé le frein à main! Le changement est radical.

Mais ces kilomètres faits nous amènent à Carmen, le hameau puis à Puente Kunyac, aussi petit, passant sur le Rio Apurimac à15h avec un suoerbe pont métallique rouge. Une aire de bivouac y a été répertoriée, chez une commerçante. Seulement, une fois sur place, l’aire est peu engageante, donnant sur la route très passante, et quant à la commerçante, comment dire? Son accueil et son refus pour de l’eau a refroidi Sylvain. Pas commode! Prêts à traverser le pont métallique rouge, chargés sur nos vélos en eau pour être autonome, la roue arrière du Panzer est à plat. 3 épines ont eu raison de sa chambre à air… changée sur le bord en plein soleil! 30min de plus.

Fatigués par cette longue journée, on se tente un bivouac plus loin, en espérant près de cette rivière que nous remontons sur plusieurs kilomètres. La chasse est ouverte pendant 3km, qui m’ont paru très longs. La rivière n’y était pas accessible avant cela. Premier chemin qui part sur notre droite, nous tentons une approche. La maison de l’autre côté de la route étant vide, nous ne pourrons y demander l’autorisation pour monter la tente, et nous ne voulons pas risquer de nous faire déloger plus tard. On continue jusqu’à la prochaine maison et Joven apparaît avec son chien. Nous voulons simplement savoir si le bivouac précédent proche de l’eau est autorisé. Sa réponse sera de nous proposer depuis son jardin, l’accès à la rivière et sa plage. Excellent.
La suite fut comique. Maintenant que je suis sur mon matelas au chaud sous le duvet, je peux le dire. Pas à 16h! On monte l’extérieur de la tente à un endroit sableux plat afin qu’elle sèche de la nuit précédente. Pendant ce temps, les enfants jouent en slip dans l’eau, à la boue, lance des cailloux, s’amusent en somme sur la plage, face à la paroi rocheux, à la falaise de l’autre côté de l’eau où danse une colonie de perruches, pendant que nous buvons une bière (achetée au hameau précédent). On prend le temps quoi, avec une mangue et du pain…

Quand soudain, des nuages noirs viennent du sommet de cette falaise face à nous, le tonnerre avec. Oh P….. M…. F… Ch… On met l’intérieur de la tente avec ces 27 clips et seulement en 5min, un vent débarque d’on ne sait où et s’engouffre sur la plage en tourbillon. On bouffe littéralement du sable, nos yeux aussi! Comment est-ce possible? Les sacoches ont été ouvertes pour trouver les maillots non mis, celle de nourriture aussi, la tente, les polaires et vestes de pluie sont posés sur les vélos. Le carnage. Pire: la tente s’arrache de ses piquets. Car le vent ne faiblit pas. Il s’amuse avec nous. Alors on tient notre maison comme on peut. On réenterre les sardines avec de grosses pierres. Rien n’y fait. Elle s’envole! Oui oui! Tout s’enlève d’un coup. On la récupère par un côté mais les arceaux sont couchés. A plat sur le sol, moi allongée dessus les yeux fermés qui me brûlent de sable, Sylvain recherche un autre lieu épargné par ces rafales pendant que l’orage gronde toujours. Les enfants sont accroupis se protégeant le visage. Le vélo Panzer tombe sur le côté par la force du vent, le Couillot en fera autant 2 minutes plus tard, étalant toutes les affaires dessus ainsi que celles des sacoches ouvertes… Un carnage de partout. Les enfants s’abritent derrière un gros rocher, sur le sable en maillot mouillé. Mais nous ne pouvons les abriter plus. On se dépêche de récupérer la toile de tente et de monter sur le chemin de cailloux pour tenter d’échapper au tourbillon de sable. De planter et monter la tente là-bas ne sera pas aisé non plus, le sol est dur, les sardines s’arrachent dès que Sylvain tourne le dos, tous les 3 tenant les arceaux et la tente pour éviter l’envol. Il en aura fallu du temps mais elle est montée, les enfants à l’abri dessous toujours peu vêtu mais rassurés d’être protégés de la pluie maintenant et des éclairs qui n’arrêtent pas. Juste là, au-dessus de la falaise. L’orage est au plus fort à ce moment. On ne faiblit pas pour rentrer les sacoches, ramener les vélos sous la pluie et le tonnerre qui résonne. C’est le bordel! Moi qui aime l’organisation, que chaque sacoche soit à sa place pour la facilité l’ accès des choses ou de la préparation du repas et avoir de la place dans l’abside. Mais ce n’est pas la priorité. Les enfants se tiennent sur une sacoche isolante du sol, pendant que l’un arrime fortement la tente et vide les vélos, et que l’autre récupère les sacoches ensablées, les affaires, enlève le sable à l’intérieur pour y mettre au moins les matelas isolants. Les éclairs et le tonnerre ne faibliront qu’une heure plus tard. Le temps de changer les enfants (qui ont su très bien se protéger vu le peu de sable sur eux!) et leur sortir leur cahier de dessin, l’orage se déplacera nous laissant (nous les adultes) une fenêtre de tire pour aller à l’eau se rincer de tout ce sable qui nous gratte jusqu’au cuir chevelu ou les sous-vêtements, nous faisant des marques rouges! Un bon bain et nous voilà requinqués pour le dîner. (Forcement pendant cet épisode de tourbillon de vent et de sable, aucune photo n’a été prise! Juste quelques vidéos quand la tente fut plantée).

Et oui 18h, la nuit tombe. Comme le vent!! Ouf. Le repas nous fera du bien, sous l’abside, à la nuit entre fruits, féculents et encore fruits. Quelques petits caramels seront dévorés par Sylvain, 6 exactement, mais c’est juste parce que, je cite, « ils sont tombés tout seuls du paquet ». Passage à la salle de bain pour les dents, sur les cailloux de la plage, et nous sombrons, à intervalle, avec le son des remous de la rivière, ou la musique pour certains jusqu’à plus de 22h, à 1905m d’altitude ce soir. Et dire que demain on enchaîne la même côte que ces 2 derniers jours, dire qu’il faut tout remonter pour passer à 4000m… Mais ça, c’est demain.

8 commentaires sur “Pérou – Les « montagnes russes » andines – J299 et J300 ou J555 et J556

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  1. Nous découvrons ce reportage, Alain (le papy) et moi, ce 9 novembre au matin. Des oh ! et des ah ! s’échappent de sa bouche à chaque ligne ! Hier soir, nous eûmes droit à ses photos du Pérou. Chaque photo de cochon donnait lieu à un authentique grognement de son auteur. Bon, je n’en dit pas plus. Mais…Quelle aventure mes n’veux ! Je ne m’étends pas plus, d’ailleurs nous sortons du lit, non sans vous envoyer tous les forts encouragements de nous quatre depuis Diou. Grosses bises à vous quatre.

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  2. Que d’aventures j’ai lu ce récit tenue en haleine comme dans un roman… merci de nous faire vivre ça et pour les magnifiques photos
    bonne continuation prenez soin de vous et à bientôt pour la suite

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  3. Hello à vous 4,
    Quelle aventure encore et toujours ! Sacré orage,tornade,sable, vent ,ouf vous avez vaincu les éléments, sauvé votre maison , je suis épuisée de lire votre récit et pourtant moi je suis à l’ombre 30 degrés et dans une maison confortable ,enfin le luxe quoi chez mon amie à St François. Nous lisons ensemble vos reportages ,elle est fort impressionnée et vous . Les enfants sont comme les parents , hors norme et supers bravo à eux aussi.
    Je vous embrasse fort.

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    1. Oui, en ce moment nous ne sommes pas épargnés par les éléments de mère nature. Mais, on a pu garder notre maison pliable, ouf!!!
      Profites encore bien de la Guadeloupe, qui n’est pas au mieux de sa forme en ce moment. Prends soin de toi! Bisous

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  4. Effectivement, déjà 18 mois d’aventures (8 + 10) qui forcent notre admiration, subliment votre courage et votre volonté…. particulièrement à la lecture de votre récit si palpitant et quelque peu inquiétant quand vous vivez ces moments dures et difficiles , j’admire une fois de plus votre détermination et l’extrême courage de mes petits enfants. Continuez à bien prendre soin de vous bizz

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