Pérou – En vue du lac Titicaca – J570 à J572

J570 – Mardi 16 novembre – Pucara à Juliaca 63km D+23m


La nuit fut moins bonne que la précédente sous la tente. Le lit trop petit de 120cm pour s’y mettre à 2 adultes, les chiens aboyants toute la nuit, à 5h, nous ne sommes pas frais, ni l’un ni l’autre. Les enfants eux, sont encore endormis bien au chaud lorsque nous petit-déjeunons en discutant avec Juan, qui passe dans notre chambre. Lui aussi désire aller en Bolivie et va vers Juliaca et Puno aujourd’hui. Nous rangeons nos affaires éparpillées et sommes prêts à 7h52 pour sortir de la ville du taureau, en laissant Juan prendre un café.


Les premiers kilomètres sur le plateau sont identiques à la veille, même paysages, même collines qui sont de moins en moins hautes, jaunies avec de grandes prairies qui suivent la rivière. Elle est bien basse cette rivière, mais elle profite tout de même aux flamands roses. Et c’est à ce moment là que Juan nous récupère, après quelques petites côtes inattendues. Le paysage ensuite? Je ne le regarde même plus mais il me semble qu’il n’a pas changé! Parce que forcément, on roule à 3 vélos: soit Sylvain soit moi discutons avec Juan, en prenant toute la place sur la route. Et le temps défile, sans s’en rendre compte. Même la distance se réduit entre nous et Juliaca. Même les enfants s’occupent: Emma s’invente des histoires avec un petit porte-clé en forme de tortue et Raphaël finit son livre « la vallée des dinosaures » de la cabane magique et est très content de lui (nous aussi d’ailleurs!).

Un tendeur abandonné au sol, un arrêt pour le récupérer et nous perdons Juan qui va bien plus vite que nous. Nous n’arrivons pas à le rattraper. Alors, la pause casse-croûte du milieu de matinée après 21km se fait, il est 10h. Il ne nous reste que 4h de vélo pour aujourd’hui si on continue à cette allure. Pas mal, non?
18km de plus sous le soleil à plus de 3800m, avec les collines, les oiseaux, les chiens, les maisons disséminées, les vaches et taureaux, les lamas dans les champs, à pousser sur les pédales pour faire notre objectif de la journée, et on arrive à la périphérie de Calapuja.

Un peu d’eau achetée pour tenir jusqu’à Juliaca quelques km plus loin, et on s’arrête pour le déjeuner près d’une guitoune où des femmes préparent dans de grandes gamelles, les repas du jour: caldo de chuño (Petites pommes de terre noires) ou queso frito avec riz au choix. Et comme on a faim à 11h30, on freine.

Le soleil cogne encore plus cet après-midi mais le vent adoucit la sensation de chaleur. Un vent de face pour changer, pour les 23km restants où nous ne retrouverons pas Juan malheureusement. Aux abords de la ville, les collines ont disparu. Moins de champs cultivés, plus de maisons et surtout de stations services. 1 tous les 100m!!! Incroyable. On ne les a pas comptées (une bonne trentaine àlalouche), ça aurait valu le coup. Surtout qu’il n’y a personne dans ces gasolineras. Bizarre.
A mucra, juste avant Juliaca (ville de 250 000 habitants), nous nous arrêtons pour se repérer avec tous ces hôtels et se diriger directement vers l’un d’entre eux, vu sur Internet. Avec la réputation de cette ville (par rapport au trafic de la cocaïne), on préfère ne pas taper à la porte de plusieurs hôtels et dans des quartiers non recommandés. Un petit coin d’ombre à côté d’une tienda fera l’affaire. Le fils de la boutique nous offre une bouteille d’eau! Élisabeth, sa mère, sort ensuite pour discuter et nous l’en remercions. Ça fait du bien d’échanger.
Nous voici dans les rues et antres de Juliaca. Et quelle drôle d’impression. Les maisons ne sont pas finies, les rues en terre rouge sont chaotiques avec des trous et des flaques partout. Une 2×2 voies traverse la ville ainsi qu’une voie ferrée. La cacophonie règne entre le marché sur ces rails même, les déchets métalliques d’une déchetterie, des cabanes métalliques ressemblant aux cabanes des WC, mais là en pleine ville, le long de la route. Vraiment drôle d’impression. On y trouve tout de même dans le quartier des vendeurs de pneus, notre hôtel avec une salle pour garer nos vélos en sécurité.
On peut enfin se poser et profiter de notre salle de bain privée pour se prendre une bonne douche chaude (propre)!


Petit tour dans le quartier, surtout autour du cuadra pour trouver 2/ 3 trucs, profiter du marché aux poissons, celui aux pommes de terre mais sans trouver de panaderia.
17h il était temps de rentrer. Un peu d’écriture mais la fatigue arrive vite, sans motivation pour cuisiner. Nous ne roulons pas forcément beaucoup, nous ne faisons plus de dénivelé, mais on est globalement fatigué. Le mal chronique des montagnes? A force d’être encore à plus de 3800m…? Une bonne excuse en tout cas pour aller au lit tôt ce soir après le dîner dans la chambre! On fait le plein de crudités, légumes et fruits! Ça tombe bien, on adore tous les 4.
20h30 tout est éteint dans les 2 lits… enfin! Et demain en plus, on reste ici pour s’occuper de l’administratif pour le passage de la frontière terrestre (fermée côté péruvien) et la deuxième dose de vaccin…

J571 – Mercredi 17 novembre – Juliaca Off

Réveil à 6h du matin! C’est possible ça, un jour off? Bah oui. On fait quand même de bonnes nuits de 9h, de vraies nuits de bébé!

Alors reposés, nous nous employons aujourd’hui à trouver un logement sur Puno pour demain soir, à faire laver notre lessive, à se promener dans la ville, à faire école, à trouver une boulangerie, à lire sur l’exploit de Theo Curin, qui est en train en ce moment de nager avec ses 2 acolytes, sur le lac Titicaca … et à écrire sur le blog!

J572 – Jeudi 18 novembre – Juliaca à Puno 44km D+192m

Cette journée ne restera pas dans les annales des « on prend le temps dem », ça, je vous le garantis. D’ailleurs, je n’ai trop rien à raconter, Sylvain n’a trop rien photographier non plus. C’est marrant car ce qui me marque, ce que je me remémore de la journée vécue, correspond aux photographies de Sylvain. Alors aujourd’hui , il y a peu à voir, peu à écrire. Seulement cela:

9h30 pause au km 1334, après 1h30 de vélo, avec 20km de parcourus (déjà !) parmi la folle circulation. Vite fait car c’est plat encore aujourd’hui, mais sans entrain. Alors ce petit casse-croûte matinale pour les affamés se fait sur le bord de la 2×2 voies. Sur cette portion, on retrouve la pollution atmosphérique avec les pots d’échappement, la montagne de déchets, les friches, la monotonie, les maisons perdues, les garages ou atelier, tout en voyant à l’horizon devant nous un petit mont. Il ne reste « que » 24 km, ou « encore » 24km, selon le point de vue.

On va les faire ces 24km, mais pas dans la joie et l’allégresse. On va les pédaler, on va le regarder ce paysage avec le feu au loin, on va la monter cette dernière colline avant de redescendre sur Puno, et tout cela, dans la matinée. Mais pas d’exaltation. Pas cette fois. Comme une transition avant d’arriver sur le lac Titicaca, notre dernier objectif péruvien. Seulement la colline nous permet de profiter du paysage, de se retrouver quelques instants parmi des conifères, des roches, des petites falaises… quand l’agglomération et son mouvement arrivent! Heureusement, on sait où aller. Alors 6km de traversée urbaine, un petit square derrière une église (qui s’avérera être la Basilique de la ville attenante à la Plaza de Armas, de l’autre côté) sera notre salle à manger du jour. Petit pique-nique près de la fontaine qui nous arrose et nous allons nous reposer dans notre chalbre d’hôtel (où une semaine plus tard, nous serons toujours).

Voilà, 8 jours pour rallier Cusco à Puno, et c’est le moment du bilan de ce pays. Il nous a fallu un peu plus de 3 mois pour traverser le Pérou, avec près de 2 797km et 30 422m de dénivelé positif. 1 mois avec papa/papy/beau-papa. Des rencontres fortes même si éphémères avec Katrin, Mathieu, Claudia, Juan et leur famille… Des échanges sur le bord de la route. Des sourires et parfois moins que ça. Mais pourquoi le bilan maintenant? Parce que nous sommes à 2 jours de la frontière terrestre avec la Bolivie. Parce que dans nos têtes, nous avons quasiment terminé ce pays, et que nous nous projetons déjà dans le suivant. Que nous anticipons les démarches administratives. Mais ça, ce sera pour l’article suivant!!!

8 commentaires sur “Pérou – En vue du lac Titicaca – J570 à J572

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  1. Je me souviens très bien qu’à Pisco où l’on s’est quitté après ce mois formidable de septembre passé ensemble, Sylvain tu me disais sans trop d’appréhension : »maintenant,il va falloir remonter ».
    Et vous avez été servis en dénivelés pour grimper plus de 30000m au Pérou.
    Pas étonnant la fatigue accumulée évoquée ici.
    Une ténacité fort heureusement bien récompensée par tant de merveilles découvertes pour nourrir votre aventure.
    Respect, je vous embrasse.

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  2. Merci pour les belles photos et les commentaires toujours très intéressants, on voyage avec vous et quel beau carnet de voyage !!!
    A bientôt pour le prochain article

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  3. Le calme après la tempête ! Trop de calme peut-être, et la décompression qui révèle la grande fatigue accumulée en haute altitude. Bientôt la fin du Pérou, donc. Que de dénivelés cumulés ! Merci pour tous ces reportages, cet effort ajouté chaque jour pour nous faire partager vos exploits, vos peurs, vos bonheurs; vos sourires. Merci pour ces photos, témoins vivants de vos découvertes et pas que vertes, rouges, bleues, arc-en-ciel même ! Si j’ai bien compris, la suite en Bolivie. Je vous embrasse.

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  4. une sacrée « étape », cette traversée du Pérou avec près de 3000 km et un sacré dénivelé +
    ça plus l’altitude , pas étonnant que vous soyez fatigués ! De plus vous avez traversé dernièrement des zones où visiblement vous n’étiez pas les bienvenus, donc de fait trajet beaucoup moins agréable et plus stressant.
    la semaine off à Puno a dû vous faire du bien, malgré l’administratif à régler !
    On est le 26 aujourd’hui, vous devez être en Bolivie si tout s’est bien passé.
    Bon vent , de dos !

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  5. Un pays parcouru , un pays visité , un pays apprécié , un pays mitigé , un pays à fort dénivelé , un pays sous orages , un pays avec de belles rencontres et d’autres surprenantes dans leur mutisme , un pays qui vous a offert des paysages sensationnels et pour nous des photos sublimes, incroyables, époustouflantes. Vive le Pérou. Merci à vous.
    Un pays terminé, un autre va vous accueillir, bienvenue en Bolivie, à vous de nous le faire découvrir. Bizz . Gros câlins à mes deux petits chéris. Bizz

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  6. Hello !
    Bon après quelques péripécies loin des vôtres bien sûr et tellement moins méritantes dans les efforts, j’ai quitté la Guadeloupe et suis rentrée à la maison.
    De ce fait je prends le temps de lire et d’admirer les photos de ce dernier épisode péruvien. Malgré la souffrance dans les cols, l’orage intense, et quelques mauvais accueils je suis sûr que ce pays et toutes ses merveilles vous laissent un bon souvenir.
    Bonne suite en Bolivie si vous avez pû entrer sans trop de difficultés.
    Hâte de vous lire, plein de bisous

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  7. Coucou mes chers « Pino Great Travellers » préférés ! Tiens, après le dernier « commentaire », je reviens également du … soleil d’un peu plus au

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  8. Coucou mes chers « Pino Great Travellers » préférés ! Tiens, comme … Annick ( mais sans s’être concertés !! ) je reviens également du soleil mais deux îles plus bas, avec une moyenne de 25° ( parfois qq gouttes !! ) puisque j’étais à Fort de France, pour l’arrivée de la Transat Jacques Vabre et voir les ultimes et imocas, enfin ceux qui sont arrivés lundi dernier !!! Et rentré quand même malgré les grosses frayeurs locales… Bref, j’espère que vous allez bien, sans nouvelles depuis le 19 Novembre, j’avais réussi à presque tout lire avant mon départ, et que peut-être vous avez pu passer la .. frontière, que le Pérou vous a bien plu quand même, malgré quelques « déboires » et quelques dénivelés sans parler de la météo ni de l’indifférence de quelques personnes, maintenant va falloir attaquer la … Bolivie, en vous souhaitant plus de chances dans vos rencontres et dans la météo . Dans l’attente de vous lire avec un énorme plaisir, comme il y a longtemps, pour la peine, je vous « embrasse » bien amicalement, tous les quatres. A très vite bientôt.

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