Pérou – Une bonne semaine à Puno – J573 à J581

Vous ne rêvez pas et je ne me suis pas trompée! Cela fait bien 9 jours que nous vivons ici, dans la ville de Puno sur les bords du lac Titicaca. Ce retour à la vie sédentaire est la conséquence de plusieurs choses, de plusieurs bonnes choses je précise.

Nous vous avions laissés le jeudi 18 novembre au soir à l’hôtel de Puno, pas loin de la Plaza de Armas et du centre ville. Dès le lendemain, grâce aux amis de France qui nous avait parlé de cet événement @defititicaca, nous correspondons avec des françaises Maéva et Noémie qui proposent de s’organiser pour aller sur les îles d’Uros le samedi pour l’arrivée de la traversée du lac Titicaca par Théo @tcurin, Mallia et Mathieu. Et nous, un défi pareil, ça nous parle. Alors, le vendredi, on se prend de passion pour le jeune sportif quadri-amputé, son palmarès (championnat de France, d’Europe, du monde, Jeux Olympiques…), ses vidéos (mini-série web avec Alain Bernard ou sa plongée avec Guillaume Néry, champion du monde de plongée en apnée), ses actions… Et plus on lit, plus on comprend son parcours, plus on le trouve sympathique et courageux.

Alors, le samedi, on brave nos peurs (si, si, on en a!) et on prend le bateau avec les 2 miss, non sans mal. Je vous raconte. On a eu beau se renseigner en ville, à l’hôtel, à la capitainerie, aux vendeurs de « tours » pour les îles d’Uros ou Taquile, personne n’a entendu parler de ce défi sur leur lac. Il n’y a pas de pancarte, ni d’affiche sur le port concernant ce challenge aussi environnemental que sportif. Est-ce possible au vu de l’engouement en métropole? Nous arrivons à avoir une personne au courant, nous garantissant que c’est sur l’île principale qu’ils arrivent et que l’un des bateaux présents peut nous y emmener. Il est déjà 12h30 quand on se retrouve tous les 6 sur un petit bateau en direction de ces îles.

Après des messages WhatsApp avec le staff de Théo (par Maéva et Noémie, les chanceuses!), on connaît le nom de l’île exacte où s’est organisée sa réception, parmi les 120 îles que comptent cet archipel. Mais c’est sans compter l’aspect touristique des lieux! Car le bateau arrive bien sur une des îles Uros, mais pas la principale et encore moins celle de Théo. Commence un parcours du combattant pour nous parmi une entreprise touristique bien rodée. A peine le pied posé sur les joncs de mer de cette île flottante artificielle, nous sommes invités à nous asseoir afin d’écouter l’histoire de la construction d’Uros par un homme qui a appris par cœur son texte. Ses paroles sont sans vie, sans passion (sûrement à force de le conter à tous ces touristes), et cela se ressent dans l’assemblée peu encline à l’écoute. Nous apprenons tout de même ceci: installés à six kilomètres de la ville de Puno, les indiens Uros vivaient sur un archipel d’îles flottantes se situant entre 60 et 120 îles. Ils ont créées les îles à partir de totora, une espèce locale de roseau. Toutes les habitations, mobiliers et embarcations étaient auparavant fabriquées à partir de ce matériau. Il n’y a plus de descendants des Uros depuis les années 50. Ce sont aujourd’hui des Aymaras qui recréent ce mode de vie si particulier à des fins touristiques.

C’est ensuite au tour de la cheffe de famille de nous présenter son île et ce qu’ils fabriquent ici, en nous faisant passer leur production : une réplique de leur bateau traditionnel, un mobile et une étole qui se passent de mains en mains. C’est bien la peine de mettre un masque! Nous sommes à moins d’un mètre les uns des autres et nous touchons tous leurs objets! Vive le Covid ! Le but étant pour elle, pour eux, que nous leur achetions quelque-chose sur les étales qu’ils découvrent derrière nous. Ce n’est définitivement pas notre came…

Sylvain et les filles vont parler avec le capitaine de notre bateau venu de Puno et leur explique le but de notre venue: l’île principale. Notre bateau n’y va que dans une heure, mais une embarcation « traditionnelle » part d’ici 10min, et traverse le lac sur quelques centaines de mètres. Ni une, ni deux, on y monte… et on nous demande de payer un supplément pour cette traversée. Attrape-nigaud nous voilà. Voyant le temps passé et que Théo et ses accolytes vont vite, on a peur de ne pas arriver avant eux. Ce serait la tuile. Alors on paye et nous voilà sur cette pirogue en totora, poussée par un bateau à moteur, direction l’île principale, enfin! Un restaurant, une boutique et des petites maisons traditionnelles la composent. L’organisation française ne s’y trouvant pas, mais sur une île à côté, nous voilà à la recherche d’un autre moyen de transport. On ne lâche rien et y arrivons. Une jeune femme accepte de nous y déposer… mais au bout de quelques mètres sur le lac, nous tombons en panne d’essence! Le sketch! On en rigole mais on stresse. L’heure tourne et 7 personnes sont en train d’hurler pour qu’une barque leur vienne en aide, et les ramène sur l’île précédente. Comique. Retour au point de départ, attente d’un jerricane rempli, c’est mieux avec, vue sur notre ancien bateau qui arrive finalement sur cette île et c’est parti pour les dernières minutes de suspens.

La suite fut plus reposante car on y arrive et avant la team du DéfiTiticaca. On peut se poser, visiter, danser avec les enfants d’Uros (pour les filles), photographier, attendre pour donner un dessin (Raphaël) et expliquer à la communauté de cette île la raison de notre venue: Théo que nous pouvons suivre par GPS sur notre téléphone. Un habitant nous propose de nous débarquer sur une pirogue à la sortie du canal pour apprécier davantage les derniers mètres de ce défi.

On accepte et nous voici à hurler, à essayer de deviner quel bateau est à l’horizon, à avoir froid avec ce vent et sans veste (mais comment font Théo, Mallia et Matthieu dans l’eau???) et encore à hurler quand ils passent devant nous. Quelle sensation de les voir dans l’effort, dans ces derniers instants de ces 11 jours en lac (en mer quasiment vu les vagues et le temps qu’ils ont eu!), de pouvoir les encourager et les aider psychologiquement dans cette épreuve! Quel courage ils ont eu. C’est un moment fort de les voir nager tous les trois côte à côte dans cette eau à 10°C. Ils font le virage sous les cris et les applaudissements venus des bateaux aux alentours qui les suivent… ce que nous faisons ensuite. Mais nous restons encore quelques minutes bloqués sur notre pirogue avant de pouvoir débarquer sur l’île et de vivre cette arrivée énorme en émotion .

Quelle chance d’avoir pu les voir tous les 3 accoster sur cette île. D’avoir pu les approcher suffisamment à la descente de leur bateau pour que Raphaël leur donne, lui donne son dessin, et qu’il puisse discuter avec Théo et Mallia. Quel souvenir! Nous avons pu tous les 6 assister à la cérémonie avec les officiels et les chants d’enfants dont « Allouette ». Les 3 sportifs sont récompensés, décorés de fleurs et de bonnets traditionnels, et peuvent profiter de cette ambiance festive malgré leur fatigue de ces 11 jours! Mais maintenant, comment rentre-t-on à Puno?? Nous n’avons plus de bateau! Heureusement, le staff de Théo en a un à sa disposition par la ville de Puno pour rentrer au port avant la pluie et l’orage qui s’annoncent et également pour finir les festivités là-bas . Et nous pouvons en bénéficier aussi! Incroyable. Incroyable ce moment de 45 min avec Théo, Mallia, Matthieu, leur staff de l’Allier pour la plupart (une pensée pour la famille Dem), le journaliste Jean-Marie qui les a suivi, où nous avons pu apprécier leur gentillesse, leur disponibilité, leur courage de nous raconter ce qu’ils ont vécu ou de répondre à nos questions, d’accepter de se prendre en photo avec nous. Quel courage, quelle résilience, quel mental ce « gamin » de 21 ans a ! On est impressionnés autant Sylvain que moi. Chapeau Monsieur Curin!

La suite de l’accueil se fait au port avec les officiels de la ville, des péruviens, des associations environnementales et du monde dont une famille française. Encore des discours, des remerciements, des cadeaux, des danses et tout le monde rentre chacun chez soi. Pour nous, ce sera à 6 avec les filles, nous remontons en centre ville pour se chercher une pizzeria et passer encore un peu de temps ensemble. Nous finirons tard la soirée mais heureux!

Le lendemain, histoire de nous remettre de nos émotions, nous décidons avec les filles de faire une randonnée sur les 3 miradors de la ville. Olivier, le papa de la famille française rencontrée sur le port la veille, fait partie de la troupe. Et nous crapahutons dans les rues et ruelles, nous montons beaucoup jusqu’à cette superbe vue du mirador du Puma. Notre pique nique est pris ici tous ensemble. Que c’est plaisant de discuter, d’échanger avec eux sous un soleil de plomb. Alors on en profite, la vue est sublime aussi. Et nous repartons ensuite vers le second mirador par de beaux escaliers en passant par le centre ville. C’est là qu’Olivier récupère Mila pour venir avec nous au Mirador de Manco Capac, fondateur de l’Empire Inca. Nos routes se sépareront ici avec lui et sa fille, ne se sentant pas bien. De notre côté, devinez qui vient chez nous, dans notre chambre d’hôtel pour discuter de voyage, de volontariat, de la vie? Les filles! Et elles finissent par manger avec nous avant de prendre leur bus de nuit qui les ramènera vers Cusco puis Urubamba. Ce fut une belle rencontre!

La semaine suivante n’est qu’une découverte de la ville, des marchés, du centre commercial pour que les enfants trouvent des idées pour leur liste au Père Noël, l’écrire et déjà l’envoyer pour le prévenir que nous serons en Bolivie pour nos cadeaux, c’est le temps du travail scolaire, du temps pour dessiner, faire des listes de ce que doivent faire les enfants le matin et le soir pour devenir plus autonomes, pour manger et découvrir les restaurants de la ville. Cette semaine d’attente n’a qu’un but: notre 2ème dose de vaccin. Nous pouvons la faire ici au collège à partir de samedi 27 novembre, ce qui validerait notre cursus vaccinale pour pouvoir entrer en Argentine et au Chili (et un retour plus facile en France!). Alors nous patientons 5 jours dans notre hôtel et dans cette ville, et avançons dans les démarches administratives en vue de la Bolivie, avec notamment nos tests Covid. C’est ainsi que nous nous retrouvons en J581 en ce samedi, à patienter dans la cour du collège que 8 autres personnes viennent également se faire vacciner une 2ème dose (d’un flacon dédié pour 10 personnes) pendant 1h30. Mais c’est un vrai soulagement pour nous et notre voyage quand enfin, on se fait piquer. Il n’y a plus qu’à s’occuper de Noël pour être sûrs de satisfaire les loulous le 25 au matin car pas évidents de trouver les mêmes jouets en Bolivie! Demain, on repart enfin en vélo vers le Sud! On a hâte.

12 commentaires sur “Pérou – Une bonne semaine à Puno – J573 à J581

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  1. Coucou tous les 4,
    C’est encore avec émotion que je lis cet épisode de l’Ile d’Uros avec l’arrivée de Théo, mais je savais déjà grace à vos messages facebook .
    Vos photos sont superbes et me rappelle de côté touristique et surfait de cette île , mais bon il fallait en passer par là. Vous êtes tellement récompensés avec ces 45 mn échangés avec Théo et son équipe, une fois de plus votre persévérence à payer!!! Bon vaccin fait ,alors ka Bolivie vous attend et son altitude à plus de 4000 .
    Bonne continuation à vous , plein de gros bisous

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  2. Coucou mes Pino Great ( vraiment !!!! ) Travellers préférés me demandant ce qu’il vous était arrivé depuis le … 18 Novembre !!! Tellement inquiet que c’est .. Annick qui m’ a rassuré, et expliqué les raisons ! Raisons que je vous envie bien ( sauf celle du vaccin !! ) puisque j’ai réussi à suivre les 11 jours de Théo et équipage, d’autant plus que j’ai pensé à vous, en souhaitant que vous puissiez être sur place avant son … arrivée ( et sans le « savoir » bien entendu ! ). Du coup, encore une fois ( et ce n’est pas la dernière … ) un énorme et sincère merci de nous faire partager tous ces moments merveilleux de rencontres, remplis de joie, d’allégresse, de communion et de tristesse lors des séparations ( ce qui ajoute du « piment » pour les souvenirs … ) . A l’heure à vous me lirez, vous serez sûrement arrivés en … Bolivie, peut-être en ayant passé la frontière à Desaguadero ( ? ) et je vous souhaite bonne route, bonne chance, faites de belles rencontres, le tout sous une météo clémente de préférence. Et continuez de nous faire « rêver », merci, merci, merci pour tout ces moments d’exception. Avec le courage qui ne vous abandonne jamais, chapeau bas … à vous quatre , accompagné de toutes mes pensées, vous méritez plus que des « médailles », plutôt une reconnaissance fidèle ! Bises à vous quatre . A très vite bientôt.

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    1. Bonjour Didier,
      Oui nous avons été très chanceux de tomber au bon moment pour suivre et accueillir ce champion après bien des péripéties qui nous font rire maintenant. Heureusement, Annick a pu te rassurer mais c’est vrai que parfois les connexions ne sont pas si parfaites ici.
      Nous sommes bien passés par Desaguadero (tu es très fort en Géographie) pour entrer en Bolivie où nous fêtons Noël.
      D’ailleurs Joyeux Noël à toi.
      Merci pour tous ces compliments et cette fidélité qui nous touchent. C’est vraiment gentils.
      Nous t’embrassons. La famille Dem

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  3. Rien à ajouter à ces précédents commentaires. J’ai partagé votre émotion, votre joie, vos rires avec les autres, votre sérieux dans les prises de décisions. Donc, la Bolivie, une nouvelle page à votre carnet de voyage. Que dis-je une nouvelle page, un nouveau roman plutôt, et qui se lit avec bonheur. Bonne continuation les aventuriers ; semaine de l’avant et de l’aventure !!! Bises

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    1. Merci beaucoup Patrick pour ce délicieux message. De partager ce que nous vivons est aussi un moyen pour nous de donner, autant que ce voyage nous donne et nous fait grandir. Et puis, nous pensons à vous aussi ainsi.
      Ça y est en Bolivie, nous continuons notre descente vers le Sud.
      Joyeux Noël Patrick. Nous t’embrassons fort.

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  4. Que de beaux moments, quelle aventure, de belles rencontres humaines : toujours aussi sublimes et stupéfiants, des instants inoubliables et épiques gagnés à la force du poignet ou de la pagaie😉. Grand bravo à vous tous bizz

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  5. Merci pour le récit de vos belles rencontres d’autant plus belles qu’elles n’étaient pas prévues et pour les belles photos qui les accompagnent et qui les rendent encore plus concrètes…
    Bonne reprise pour votre périple qui vous emmène en direction de la Bolivie bises
    A bientôt

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  6. quelle belle opportunité vous avez su saisir là ! les enfants s’en souviendront de la traversée du lac par Théo et sa team ! Vous avez « gonflé » le groupe de français à son arrivée !

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    1. Les enfants en parlent encore de Theo, qui si il arrive à faire ça, nous on peut y arriver aussi!
      2 autres familles françaises étaient sur place, ce qui nous a permis de parler voyage et de les retrouver ensuite!!
      A bientôt Anne et Joyeux Noël!!

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