Bolivie – La saison des pluies continue au sud de La Paz J589 à J591

J589 – Dimanche 5 décembre – La Paz à Calamarca 47km D+158m


Que la nuit fut courte pour nous 2 avec un réveil à 3h20 du matin…. 1h40 avant le réveil de la journée! Autant dire qu’à 5h (oui, oui, vous avez bien lu!), on n’était pas mieux réveillés ni plus en forme. On s’apprête déjà, réorganisons les sacoches de notre chambre puis celle des enfants en les réveillant aussi. Emma est en grande forme: malade hier à vomir quelque chose qui n’était pas passé, elle a dormi 11h! Elle a faim aussi ce matin. Il fait encore nuit quand nous finissons de tout ranger, de manger nos céréales, du pain ou mon thé! Cela rappelle à Emma les matins d’hiver quand nous allions à l’école en France. Aujourd’hui, nous allons sur les hauteurs de La Paz grâce à Marianela et son mari qui nous l’ont proposé pour nous éviter 800m de dénivelé d’entrée de jeu juste pour quitter la ville. Trop cool!
Alors à 6h, les vélos à l’arrière du pick-up avec Sylvain, sa veste de pluie et les sacoches, nous à l’arrière avec leur fils, nous quittons cet appartement (qu’on vous recommande!) et nous remontons. Une heure sera nécessaire pour arriver à l’aéroport pour y déposer leur fils, avant qu’ils nous aident sur quelques kilomètres en direction du sud et que nos chemins se séparent à un rond point.
La pluie n’a pas cessé lorsque nous déchargeons tout, par 5°C humide, avec de gros nuages gris bien tassés, bien bas. On met déjà les ponchos et pantalons de pluie pour les loulous, nous, nos vestes de pluie. On sait déjà que l’on sera trempés sur les jambes, les pieds et que les mains seront bien vite gelées avant de rouler. Nous leur disons au revoir et merci pour cette aide précieuse, leur gentillesse sur ces 3 jours, pour leurs dons de repas hier encore, pour les cadeaux aux enfants (un scorpion en origami et une poupée) et hop, une petite photo avec eux !


Nous revoilà à 4, à 7h30, sous la pluie gelée, parmi le trafic abondant même un dimanche, les travaux qui nous obligent à passer sur des tas de terre, à éviter les bains de flaque d’eau (de boue plutôt) où Sylvain y plonge tout de même une chaussure, à éviter les minibus qui freinent sur le côté juste devant nous, à jouer à « Sonic » en slalomant entre les trous sur la chaussée qui est remplie d’eau et de boue venant des « trottoirs » des bas-côté. Oh que la journée va être dure. Moi, j’ai déjà très froid. L’eau s’est insinuée dans les chaussures, le corsaire et jusqu’aux sous-vêtements, et elle est gelée. Heureusement, nous avons un objectif: atteindre Oruro dans 3 ou 4 jours à 220km. Ce sera notre porte pour les salars du Sud du pays.
Alors, nous avançons parmi la cacophonie ambiante des véhicules sur cette 2×2 voies, aux feux tricolores peu respectés, pour quitter la ville. Les mains ne se sentent plus sous ce froid humide. Je les réchauffe l’une après l’autre sur ma cuisse pour quelques instants. Ça marche quelques minutes. Le tour de cou monté jusqu’au nez, les chaussettes remontées elle aussi… mais recouvertes de boue grâce à nos roues, pendant 1h30 ce sera notre aventure. Puis enfin, pour se poser, nous trouvons un restaurant qui fait des almuerzos à 9h du matin avec soupe, côte de porc et riz! Nous sommes gelés. Les pantalons d’Emma sont trempés, Raphaël ça va, il chantait sur le vélo et Sylvain a froid aux mains. J’ai les lèvres bleues. Je frissonne tellement que j’en fais tomber les nouilles ou la cuillère de soupe. Je refuse de mettre ma doudoune dessous de peur de la tremper également. J’en aurai peut-être besoin ce soir pour me réchauffer et remplacer ma polaire sur moi actuellement. Un mal de ventre se profile aussi… Ce n’est pas la grande forme mais ce n’est pas souvent! En attendant, le repas est chaud et les enfants peuvent même se réchauffer près du barbecue, on se pose vraiment le temps que la pluie s’arrête. Pas de toilettes au restaurant, les toilettes publiques étant fermées, c’est une recherche dans les gravats, les travaux et les maisons abandonnées en terre rouge avant la fin de la zone urbaine.


Ensuite, c’est une belle ligne droite sur ce plateau, où nous traversons des villes, plutôt des villages, non vraiment des lieux-dits. Pas d’arrêts pour l’instant, on se concentre sur la route, qui s’est élargie avec un shoulder sur notre côté, moins de circulation, moins de maisons, plus de champs, plus de bétails et une route qui monte et descend. Nous avions bon espoir pour une amélioration de la météo avec ces nuages plus hauts en altitude que nous voyions à l’horizon, et qui paraissaient dégager une vue sur le soleil. Il n’en sera rien. La pluie a bel et bien repris avec le même degré de température. Pas de musique avec le téléphone mais j’ai mon Raphaël qui me chante « We Will Rock You » de Queen… enfin juste cette phrase en boucle! Ça me fait sourire et me permet de réfléchir à autre chose qu’à la dureté du moment. Et puis on avance tout de même malgré la fatigue qui arrive et me fait fermer les yeux. Un petit péage et la route nationale 1 est à nous. Sans trop de circulation, nous arrivons même à entendre quelques klaxons d’encouragements ou de mains levées. Des éleveurs/éleveuses assis dans l’herbe près de leurs bêtes nous sourient et saluent. Ce changement d’ambiance est agréable et nous amène jusqu’à Calamarca où le pneu avant de Couillot crève. C’est l’occasion d’acheter dans les 2 tiendas du village (le plus grand de la journée que nous traverserons) quelques chips et galletas pour compléter notre pique-nique au pied de la statue des mineurs. Une rustine de mise, un pique en métal enlevé du pneu, et nous quittons à 13h30 le trottoir où nous nous étions assis pour manger face aux cochons!

6km plus loin, rebelote: mon pneu avant se dégonfle de nouveau! Argh. Arrêt forcé face à une petite usine, fermée aujourd’hui. Pendant que Sylvain répare une nouvelle fois cette chambre à air déjà bien rustinée, je vais toquer à la porte de la fabrique de lait pour quémander 10 litres d’eau. Si on peut en trouver, on pourrait camper dans le coin et souffler… sinon le prochain village pour en acheter serait à 7km. Et bingo! Un homme m’ouvre et accepte de remplir par de l’eau de pluie, la poche! Yes! Et en plus, les terrains autour sont publics et nous pouvons y poser la tente. On peut chercher à côté des vélos sur la route, parmi les champs, un coin plat pour nous… Et à côté d’une petite mare avec sa grenouille, dans le lit asséché d’une rivière, nous trouvons notre bonheur sur un espace sans déchets (ce qui même à 4000m d’altitude dans les rivières venant des montagnes, est loin d’être évident!).

Il est 15h lorsque nous débarrassons nos vélos de toutes leurs sacoches et que la tente s’élève. Les enfants sauvent un insecte dans la mare et arrivent à y voir 2 batraciens. Le reste de l’après-midi ? Il faut demander à Sylvain. Une fois la tente montée, les matelas mis dedans, je me suis endormie pendant qu’il partait photographier les alentours. 1h de sieste pour moi (il viendra aussi ensuite dormir un peu) pendant que les enfants jouent dehors sur l’herbe avec casquette car ça cogne. Ah oui, j’avais oublié de dire qu’avant Calamarca, la pluie avait cessé et le temps s’était réchauffé comme nous. On profite alors mieux du paysage dégagé. Après ma sieste, je suis restée au lit à comater, au chaud sous la couverture, à avoir froid parfois, à ne pas pouvoir me lever et à me rendormir… pendant 2h de plus. Un coup de mou aujourd’hui pour moi. Quand enfin, je sors de là, il est plus de 18h30. Les enfants se sont amusés tout ce temps, Sylvain a filtré l’eau de pluie que l’on nous avait offert, a fait un petit tour et a commencé à préparer le repas. Nous prendrons notre repas dans l’abside car dehors il fait déjà nuit et frais avec le vent.


Nous ne ferons pas de vieux os en rentrant dans la tente tous les 4. Des éclairs au loin ne nous rassurent pas sur la nuit qui arrive, mais bien au chaud dans les duvets avec les couvertures par-dessus, les enfants s’endorment à 20h à 4044m d’altitude. Il me faudra 1h de plus pour écrire cette journée au rythme des gouttes d’eau qui résonnent sur la toile de tente. Et croyez moi si vous voulez, j’ai encore envie de dormir!

J590 – Lundi 6 décembre – Calamarca à Villa Esteban Arce 72km D+189m

La journée du 6 décembre n’a pas pu être écrite le soir même à l’hôpital du centre de Salud de Villa Esteban Arce, mais promis, j’essaye de me souvenir de tout! Le texte sera sûrement plus court qu’à l’accoutumée.
Pas de pluie pour nous ce matin à 7h, une chance pour notre réveil à tous les 3. Sylvain est debout depuis des heures et je l’entends plier un matelas dans mon sommeil. Soyons sérieux, on se lève et on fait la course avec Raphaël pour savoir lequel de nous 2 sera habillé en premier ! Je perds! Quel dommage mais l’avantage c’est qu’au moins un des enfants est prêt pour le petit-déjeuner. Astuce qui marche toujours! Mais pas avec ma Emma qui connaît le stratagème.
Nous engloutissons les céréales et le pain près de 2 chiens qui ne nous quitteront pas et nous accompagneront jusqu’à la route à 8h40.

Et cette route, elle sera bien agréable pour nous 4 aujourd’hui, pour la météo bien clémente par rapport à la veille, et l’accueil de la population! On aura même l’impression qu’elle passe très vite, tellement nous avançons bien, la route légèrement en pente en notre faveur. L’esprit est ailleurs que dans l’effort grâce au paysage autour de nous. Les 39 premiers kilomètres nous font traverser des petits villages comme Tolar et Mantecani, avec la playlist de Noël dans les oreilles et en chant! L’espace sur le côté, juste pour nous, et les quelques motos qui nous doublent, est sécurisant. Alors, on continue ainsi à pédaler ensemble, jusqu’au repas que nous prendrons à Patacamaya. La ville nous plaît dès le premier rond-point, avec ces miches de pains croustillants, dorés, et que l’on dévalise! Quelques mètres plus loin, et on se perd dans un petit supermercado! Oui, oui, on ne pense qu’à manger (les cyclos nous comprennent!) et on profite du banc, au soleil et au vent devant la tienda, pour engloutir notre déjeuner. Un homme s’arrête à notre niveau pour discuter, il nous a vus hier au départ de la capitale! Excellent! On aime ces petits moments d’échange qui nous réchauffent.

Puis l’après-midi s’entame avec les sourires, le ventre plein, le moral aussi, le soleil et le ciel bleu entre les nuages blancs, le paysage naturel et désert autour de nous, la route sur asphalte en 2×2 voies, avec parfois les klaxons…. et elle passe très vite! On cherche déjà un site pour camper après le village de Sica Sica, avant que la pluie n’arrive. La prudence est de mise… Déjà 62km dans les jambes, mais toujours pas possible de bivouaquer autour, les terrains sont cultivés, plats et sans protection contre le vent ou la vue des automobilistes de la route. Alors, on continue jusqu’au village de Villa Esteban Arce, pensant s’y cacher parmi les constructions non terminées. Mais que nenni.

On se replie donc sur le Centre de Salud du village, pour camper à l’extérieur près des murs d’enceinte, pas loin d’un édifice occupé, pour notre sécurité. C’est Eliana qui nous accueille, avec ses enfants, Jolre et Annabella. C’est le médecin du centre avec qui Sylvain fait le tour extérieur… et qui finalement, préfère nous voir dormir dans l’enceinte! Bonne nouvelle pour nous, et encore une fois leur gentillesse sera sans limite. Elle nous propose une pièce, juste pour nous, à l’abri du vent et de la pluie, un ancien dortoir d’hôpital! Il y a même une perfusion près d’un des lits. Une autre pièce nous est réservée, avec une grande table et des chaises! Elle sera prise d’assaut par les 4 enfants, pour dessiner, discuter, après avoir joués ensemble dehors à la cuisine avec des poupées, des fleurs, de l’herbe, des branches d’arbres, tout ce que les filles ont pu trouver. Pendant ce temps, les garçons se transforment en animaux: serpent, dinosaure, tigre… pour se combattre! L’entente est parfaite pour les 2 binômes! Cela fait plaisir à voir autant de sourires et de vie. Eliana aussi est ravie pour ses enfants en vacances scolaires actuellement.

Encore une fois, je ne pourrai vous relater correctement notre soirée, que j’ai passé au lit, mal en point. Mais je sais que Sylvain et les enfants ont cuisiné de nouvelles pâtes rapides chinoises, de la saveur « carne » (viande) dans notre cuisine/salle à manger du jour. Et qu’ils sont vite venus me rejoindre, chacun dans son lit.
Pas d’inquiétude les amis, tout va bien, nous ne sommes pas à l’hôpital par nécessité mais par un accueil encore incroyable de ces boliviens.

J591 – Mardi 7 décembre – Villa Esteban Arce à Oruro 94km D+224m

Ce matin cela va beaucoup mieux pour moi! J’ai une faim de loup et me lève facilement pour aller petit-déjeuner dans la salle à manger sur la grande table. Raphaël y est déjà et Emma nous rejoint. Presque comme à la maison!
Le temps de tout ranger de notre dortoir par Sylvain, de faire la vaisselle sans eau, et que les enfants donnent à Jolre et Annabella un livre et un lego, de recevoir deux 2 grosses peluches (arf, ça fait plus de poids et prend plus de place qu’avant!), nous prenons quelques photos pour se souvenir de cet accueil de la part d’Eliana et de ses enfants, puis nous filons sur notre route à 8h40.


On est toujours sur l’altiplano, entourés de collines vertes et jaunes, avec une route plutôt plane, quelques villages à traverser sur cette 2×2 voies et ces passages piétons aériens, légions mais parfois pas en très bon état. Ils suffisent à Sylvain pour faire des photos, pour les enfants à se retrouver pour jouer avec leurs peluches baptisées « Sarah et Oscar » (marrant, ça me fait penser à 2 dessins animés de mon enfance…), pour moi à dévorer tout ce que je trouve dans la sacoche noire! La route est plaisante et sujette à la méditation, avec cet espace très large pour nous, nous permettant de rouler en sécurité (même si l’œil reste sur le rétro) avec toujours la playlist de Noël dans les oreilles (le mois de décembre me semble long, non?). L’accueil nous plaît aussi, même si les boliviens sont timides dixit Éliana, ils répondent très souvent et on se sent bien grâce à ces retours. Cette belle ligne droite que les boliviens adorent, nous fait entrevoir rapidement un seul virage sur la droite pour nous amener à passer un « col » entre 2 collines. On m’avait prévenu de cette côte de 150m mais aussi de la descente, la longue descente à la suite. Motivant n’est-ce pas? En plus, les nuages blancs font leur danse rapide sur ce ciel bleu, sans pluie! Mr météo de ce matin s’est trompé…. pour l’instant.


Autant vous dire, qu’on apprécie le moment, la vue à 360° sur ces collines et ce plateau si large, la météo sans trop de chaleur, du vent de dos côté gauche, et ses sourires. Alors on monte, Sylvain fait un peu de drone, je mange (pour changer!) et les enfants jouent au papa (peluche Oscar) et à la petite fille qui va à l’école (peluche Sarah).
Et puis, erreur fatale d’avoir cru à cette descente. Tout n’est qu’illusion, on m’aurait menti à l’insu de mon plein gré. Certes, il y a un léger penchant vers l’avant, qui nous permet de moins pédaler (pour les adultes, car les enfants doivent faire la grève en ce moment vu le temps de pédalage effectué par leur soin!). Alors on commence à filer: Belen, Konani, Panduro puis Vila Vila où nous stoppons notre course folle pour déjeuner sous un kiosque face à une toute petite église blanche qui a bien vécu. On a réussi à passer au travers des nuages gris et à les faire s’éloigner, à nous frayer un passage tel Moise sans se mouiller. Le pique nique est donc pris à 36km de notre départ.


Seulement les gouttes arrivent, poussées par le vent, les nuages et le ciel bas nous menacent et nous obligent à délaisser notre dessert et à le remettre à plus tard (beaucoup plus tard!). Poncho, pantalons de pluie, poche plastique pour les pieds des loulous évitant de leur tremper leur seule paire de chaussures (avec les tongs, d’aucune utilité ici vu les températures frigorifiques!) et veste de pluie pour les adultes. L’attirail n’aura servi que quelques minutes et les peluches mises à l’abri le temps de passer cette fraicheur jusqu’à une petite remontée. Ensuite, c’est le retour du soleil et des montagnes russes boliviennes. Chaque descente est suivie d’une côte qui est suivie d’une descente. Effet coupe jambe garanti parmi le même paysage grandiose, avec ces rares maisons au loin qui scintillent et ces vendeuses dans leur petite cabane de pierres.
Caracollo est la ville du jour 20km après, que nous décidons de traverser après que Mr pluie m’annonce que la pluie va venir…. et moi Mme Soleil le rassurant car les nuages s’écartent à chaque fois devant nous. Ce qui encore une fois, sera le cas! Ah ah. Satisfaction personnelle de voir toujours le bon côté et d’espérer. Hier déjà, la pluie n’était pas venue (contre l’avis de Mr Météo) et aujourd’hui juste 5min de crachin breton. Alors dans la ville, on prend son temps pour de l’eau et quelques friandises pour les adultes, mais aussi pour les loulous, achetés avec leurs bolivianos en poche: chewing-gum pour Mlle Emma et petite barquette de nutella/vanille pour Mr Raphaël. Ils sont fous de joie de se payer des « cochonneries »! Espérons que ces forces leur donnent le courage de nous aider.


On repart l’œil vers l’Est, fixé aux collines noires et aux rideaux de pluie visibles de nos vélos. On se fixe de trouver un bivouac dans un champ avant la venue de la pluie. Mais rien avant 16km. Alors on profite du paysage, de cette terre rose puis blanche argile, où quelques touffes d’herbe poussent. Le sol est trempé, meuble, et l’inondation assurée dans cette glaise. On trace notre route et demandons à la communauté de Pasto Grande, mais ni la première femme ni la famille ensuite travaillant dans leur champ ne peuvent nous répondre. Les terres appartiennent à la communauté et ils ne peuvent donner leur accord. Ils nous préviennent que personne au-delà ne pourra le donner d’ailleurs. A quoi bon s’enfoncer plus loin, nous faisons demi-tour direction la nationale 1. Il reste 22km avant Oruro, ville de 200 000 habitants. 16h12. Route plate. Nuages noirs à l’horizon. Avec toutes ces informations, c’est à nous de prendre la décision. La meilleure décision pour nous 4. Est-ce qu’on se sent d’y aller, après la journée dans les pattes? S’il le faut, oui! On mettra le cerveau en off, permettant aux jambes d’être libres de pédaler sans discontinuité. Mais que ce fut dur. Dur de garder le rythme surtout, de ne pas ralentir. Alors on change de playlist et c’est la mienne qui ressort, plus soutenue que celle de Noël. Faut être motivés. Si toutefois on a l’opportunité d’être sous la tente ce soir, on ne se ferme pas cette porte. Mais la ville grossit de plus en plus sur la montagne face à nous, secouée d’éclairs… Alors que nous sommes au soleil! Le contraste de teinte et de luminosité est sublime. On avance toujours sur les champs cultivés, puis sur les maisonnettes d’une fenêtre et d’à peine 10m2 qui sont vides sur leur terrain nu. Même notre tente ne tiendrait pas dedans.

On continue, l’urbanisation s’étoffe. Les mêmes maisonnettes sont entourées de murs, s’agrandissent en largeur et hauteur. Les feux tricolores, les minibus, la circulation dense dans tous les sens: ça y est, on est en ville, on l’a atteint, on a réussi juste au moment du crépuscule. Il n’y a plus qu’à la traverser et trouver le premier hôtel…. qui est plein comme le second! Purée. Ça recommence cette défiance. Petit coup d’œil sur le net pour s’apercevoir que plusieurs hôtels se trouvent au centre ville à 2,5km d’ici. Il commence à faire nuit, mais au moins il ne pleut pas. C’est Mme Soleil qui vous le dit: l’orage a disparu plus loin. C’est qui le patron??? 🤣 Encore un peu de courage dans les rues d’Oruro pour atteindre à 19h l’hôtel Graciela qui a une bonne réputation chez les voyageurs. Et cela n’a pas changé. La gérante nous accueille très sympathiquement, et accepte de mettre nos tandems dans l’entrée. Enfin! Un dortoir de lits superposés pour nous, une ridicule douche dont le pommeau est au-dessus des WC, les sacoches déposées et on ressort avant que la fatigue nous emporte. Un bon repas chaud à quelques pas de là en pleine nuit et sous la pluie pour le retour, nous sombrons les adultes mais pas les enfants! On comprend tout de suite ceux qui ont bossé aujourd’hui ! 21h30 et la nuit les prend comme Sylvain dans le lit du bas… Quant à moi, je rassemble mes souvenirs avec de la musique dans mes écouteurs « Ckay, Love Nwantiti » jusqu’à 23h43 à 3753m encore ce soir.

11 commentaires sur “Bolivie – La saison des pluies continue au sud de La Paz J589 à J591

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  1. contente de vous retrouver !
    ce n’était pas le beau temps pour partir de La Paz ! ça ne fait pas envie !
    la population a l’air de mieux vous accueillir ; ça doit réchauffer les coeurs !
    bon noël puisqu’on y est presque !

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  2. Coucou tous les 4,

    Ravie de vous lire , les news se faisaient longues à arriver, mais bon beaucoup de kms, de pluie, de froid , et sans doute pas beaucoup de connexion. Me voilà rassurée! Ah ces retraités à toujours s’inquiéter!!.
    Vous êtes toujours performants ,à cette altitude et avec le froid ,chapeau.
    Noël est dans 2 jours , ou allez vous être? Pourvu que le père Noêl vous trouve !! Depuis le 7 décembre vous avez dû en faire des kms !
    Je penserai fort à vous pendant ces fêtes, vous souhaite un bon Noël tous les 4. Prenez soin de vous , je vous embrasse fort.

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    1. Coucou Annick,
      Désolés pour ces nouvelles longues à arriver pour faute de connexion adéquate. Pas d’inquiétude, les nouveaux comptes rendus arrivent et seront même programmés pour nos chers retraités, comme tu dis! 😉
      Depuis plus de 2mois en haute altitude, cela ne nous fait plus d’effets heureusement! Juste le froid et la pluie nous gênent un peu.
      Pour Noël, grâce aux lettres des enfants, il a su nous trouver cette nuit et nous a gâtés !
      Joyeux Noël à toi aussi tâta, on pense à toi!!

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  3. Je vous  souhaite  de tout mon coeur  de joyeuses  fêtes  de fin  d’année  😁Le 23 déc. 2021 16:25, On prend le temps DeM <comment-reply@wordpress.com> a écrit :

    onprendletempsdem posted: " J589 – Dimanche 5 décembre – La Paz à Calamarca 47km D+158m

    Que la nuit fut courte pour nous 2 avec un réveil à 3h20 du matin…. 1h40 avant le réveil de la journée! Autant dire qu’à 5h (oui, oui, vous avez bien lu!), on n’était pas mieux réveillés ni"

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  4. Coucou mes « chers » Great Pino’s Travellers préférés, que je retrouve avec toujours autant de plaisir ! Tout d’abord un énorme merci à la merveilleuse Laetitia pour les compliments que j’ai reçus et lus il y a peu, mais surtout pour le planning dans les réponses à chacun, malgré les journées harassantes, heureusement entrecoupés de plus agréables, vraiment … chapeau ! Lecture toujours aussi palpitante, qui accroche bien le lecteur, accompagnée de toujours aussi magnifiques photos, je préfère cent fois à une émission tv !!!!! En espérant que votre Noel se soit super bien déroulé ( bien au chaud ? ) et que chacun ait eu son beau cadeau, le plus merveilleux étant bien entendu de vous savoir bien ensemble, heureux de vivre tous ces moments ( que vous nous faites partager avec tellement de coeur, merci infiniment ! ) avec cette force de sérénité, de fausse innocence et de béatitude, peut-être allez vous vous reposer un peu quelques jours. Avez vous goûté la fameuse soupe de pommes de terre ? A voir le parcours, je pense que vous ne visiterez pas Sucre ( et sa « maison de la liberté » ) ni Potosi, mais vous vous rapprochez du … Chili ? Mais auparavant nous aurons encore de la belle lecture sur la .. Bolivie, je présume, et également le plaisir de visiter ce plateau si magnifique ! Avant de « descendre » vers le Chili, par la côte Est (Atacama ) ou la cordillère, à moins que vous ne bifurquiez directement sur l’Argentine ? Mais ceci est une autre et longue histoire !!! Agréable séjour jusqu’au 27 Décembre. A très vite bientôt. Je vous embrasse .

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    1. Merci Didier.
      Va falloir arrêter les compliments sinon je vais rougir, Sylvain aussi.
      Nous avons à cœur de répondre à ceux qui nous écrivent, mais ne pouvons le faire que lorsque nous avons de la connexion… comme en ce moment, depuis mon lit avec les draps en polaire! C’est le lendemain de Noël, il pleut énormément ici alors c’est avec un thé que je réponds aux messages qui nous font plaisir… même si certains confondent l’ouest et l’est du continent américain 😉
      Sucre et Potosi ne sont pas au programme mais plutôt une frontière! Je ne dirai pas laquelle… mystère! Faudra lire les compte rendus suivants!
      Merci infiniment Didier pour tes messages réchauffant.
      On t’embrasse et bonnes fêtes!

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  5. Encore moi ! Avec toutes mes excuses, je me suis relu mais j’ai zappé un mot : vaut mieux lire  » par la côte Ouest (Atacama )  » que « la côte Est  » ( qui ….  » n’existe pas !!!! ) . En espérant que je serai pardonné, je me relirai plutôt deux fois qu’une …. ! A très bientôt.

    Aimé par 1 personne

  6. Contente de vous retrouver, fatigués mais en bonne santé en attendant Noël. Requinquez vous, profitez des bons moments et on se retrouve à la prochaine lecture 😉
    Prenez soin de vous bizz

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