Bolivie – Dans le Top 3 de nos galères de voyage – J599 à J601

J599 – Mercredi 15 décembre – Salar de Coipasa à Salar de Coipasa (une île déserte) – 41km D+18m Galère 1

Quelle sensation de se réveiller avec de la neige tout autour de nous, de la neige salée ! Quelle luminosité et quel silence. On n’entend rien. Pas un bruit de voitures, de chiens, d’hommes ou d’oiseaux. Juste rien. Enfin ça, c’était avant que la famille Dem se réveille. Papa Dem le premier, a déjà petit-déjeuné et photographié notre bivouac. Petit Dem ensuite m’a réveillée avec son nounours musical et sa chanson de Bryan Adams « I do it for you » en espagnol, avant de manger des céréales avec du lait. Moi, maman Dem j’arrive à m’habiller rapidement pour sustenter ma faim de loup après avoir rangé les duvets de tout le monde… enfin presque. Petite Dem s’extirpe de son duvet pour se joindre à nous sous l’abside.
Et comme à son habitude, la famille s’agite dans tous les sens (enfin que 2 spécimens), de chaque côté de la tente aux 2 entrées, sur les vélos, à l’intérieur aussi, sous les vélos pour la vaisselle. Et les enfants, placides, tranquilles, vont finir leur repas sur les rochers de notre île, en tongs avec le soleil et le vent. Il est 8h20 lorsque nous laissons notre havre de la nuit pour traverser la mer de sel, blanche, immaculée, silencieuse.


La direction d’aujourd’hui c’est le Sud. Plein sud, au delà de la pointe suivante de l’île de Coipasa. Et c’est parti, sans vent, avec beaucoup de crème partout sur chaque surface à l’air, les lunettes, les casquettes et les casques. Droit devant, nous filons, on ne peut pas se tromper, pas d’œil sur le rétro car pas de circulation sur cette surface plane. Que c’est beau! On dépasse la pointe, sans trop s’approcher sinon la surface se craquèle et on s’enfonce dans des eaux cristallines sur quelques centimètres, et c’est la descente du vélo. Alors on s’éloigne et c’est là qu’on aperçoit des flamands roses… de loin forcément. On continue notre trace sur le sel, les seules traces d’ailleurs. Comme sur une planète vierge, nous sommes les premiers. Que c’est bon!
On pédale les deux vélos à côté, on fait des zigzagues, on rigole, on cherche la roue en plastique lancée hier et balayée par le vent, on écoute de la musique sur le Panzer qui a retrouvé son équipage Emma/Papa, on chante sur le Couillot toujours la même phrase, et on avance. 7km sur du sel dur comme de la pierre, qui crisse sous nos pneus, qui envoie du sel sur nos chaussures et nos sacoches, qui brille, qui nous aveugle, qui nous enchante…

On passe une seconde pointe et le rivage s’éloigne de nous. On vise alors le col entre 2 montagnes et le village de Llica. Il est 10h30. Le salar est à nous, alors on en profite pour le goûter du matin et pour sortir le drone et l’appareil photo/vidéo. C’est l’insouciance du moment. On tourne plusieurs prises, et on remballe le tout, prêts à se rapprocher des îles en face. Elles paraissent tellement près. Mais c’est une erreur, un mirage. Le salar si dur ce matin, se ramollit et est imbibé d’eau à midi. L’effort est de mise pour pédaler plus fortement afin de ne pas trop s’enfoncer ou de ne pas rester sur place entre 2 plaques. Les montagnes sont encore à 20km de nous, ce qui ne paraît pas. Nous avons le choix entre prendre une « tracé » de passage pour les voitures sur le salar mais qui rallonge de 16km, ou foncer tout droit, au plus court.
Nous avons choisi la seconde option pensant que les 16km d’écart font beaucoup surtout si le vent se lève. Alors on traverse. Mais si il y a des routes prédéfinies, peut-être qu’il y a une raison… que nous allons découvrir. Le sol se craquèle, et le sol dur n’est plus qu’un amas de plaques de glace et d’eau qui s’éloignent les unes des autres, ce qui forment des trous, mais des trous meubles.

Alors nos roues restent sur place, dans cette terre qui ressort, qui est à fleur de peau du sel. Et là,  commence l’effort pour pousser les vélos, pour se remettre en selle, pour croire que le sol sera meilleur par la suite, que les montagnes se rapprochent… 5km. Nous ne ferons que 5 petits km quand nous nous apercevons de notre erreur de jugement. On essaye de couper plus court sur notre droite (à l’ouest) pour rallier un rivage plus proche. Mais nous n’avons pas l’impression d’avancer mieux. Et puis le sol blanc devient beige puis marron clair. Le sel n’est plus. Vive la glaise!

La bonne glaise qui colle aux roues. Qui colle aux baskets quand on descend pour pousser le vélo. Qui ne nous permet plus d’avoir un équilibre et d’être bien ancré au sol. Qui nous permet même de faire du patin à boue avec nos chaussures. Qui empêche les roues, les 2, de ne plus tourner mais de glisser. Qui embourbe nos vélos, si si, c’est possible. Nous ne le pensions pas, mais le salar de Coipasa l’a fait: les vélos, ça peut s’embourber au point de ne plus avancer d’un centimètre. Véridique. On racle la boue sur les roues avec 2 bouts de bois et le couvercle d’une conserve. On roule à peine 1m. On pousse à deux un vélo, résultat: on se casse la figure et le vélo ne bouge pas. Vraiment, les 10cm de glaise à la surface du sol se mettent sur nos roues, se coincent dans les freins, les rayons, le garde boue… Une horreur. Et là, après avoir fait 50m en 30min, on se rend compte qu’on n’arrivera pas au rivage le plus proche à 4,5km avant la nuit. Impossible. C’est mathématique. On fait comment?

Surtout que le ciel s’assombrit derrière nous. La pluie tombe sur les montagnes et se dirige vers nous. On réfléchit, on cherche les possibilités. Pas de voitures qui passent ici, et on comprend pourquoi, donc pas d’aide de ce côté là. Et si on pousse un seul vélo et on emmène les enfants sur le rivage laissant l’autre vélo. Mais même comme ça, on n’y arrive pas. Les vélos sont comme collés au sol. Les roues ne tournent plus, trop chargées. Une île est visible au sud. Mais les mirages, ça fait 2 jours que l’on en voit à l’horizon. N’est-ce pas trompeur? On a du mal à évaluer la distance. Et puis, on tranche. On ne peut faire autrement. Alors on s’y lance. Enfin, façon de parler. On pousse les vélos, Sylvain essaye même en enlevant ses chaussures pour avoir une meilleure prise au sol. Erreur: le sol est brillant et il glisse aussi! Les enfants m’aident à pousser mais même à 3, impossible que le vélo avance plus de 50cm à la fois. Rude. Très rude.
La capitulation est proche. On abandonne nos vélos dans le salar, enfin dans la boue. On enlève les sacoches les plus importantes pour la nuit: tente, duvets, nourriture, on se charge et on marche. On glisse plutôt mais l’île paraît se rapprocher rapidement. 800m de nous. Emma en tête, suivi de Sylvain, Raphaël et moi, main dans la main. On garde le moral car Emma a foulé la terre ferme de cette île déserte. Il est 16h.


Nous retrouvons nos mécanismes: je monte la tente avec Emma pendant que Raphaël joue dans la terre et que Sylvain part rechercher d’autres sacoches avant la pluie. Il en fera des allers-retours! Le vent s’en mêle et les moucherons aussi. Les trajets par Sylvain pour ramener les sacoches, puis les mettre à l’abri ou bien préparer les lits nous fatiguent. A la dernière sacoche, Sylvain repart pour ramener un vélo. Ils ne craignent rien en plein milieu de la boue, personne ne viendra les récupérer! Mais nous préférons les avoir auprès de nous. Il en met du temps alors je pars à sa rencontre et finit de ramener Panzer sur l’île pendant qu’il part pour Couillot. Même à vide, le vélo est lourd et comme les 2 roues sont bloquées, on fait glisser le vélo légèrement en biais de tout son poids sur la glaise. Argh. Les forces reviennent quand je foule les cailloux. J’essaye avec un caillou d’enlever les tonnes de terre qui sèche sur les roues, les freins, les rayons, la chaîne etc… Un véritable carnage. Nos vélos sont dans un état déplorable. En plus du sel qui s’est accroché partout.


On est enfin à bon port tous les 4 vers 17h. Séance de débarbouillage et de crémage de tout le corps dans la tente oblige, à l’abri de la pluie et du vent qui souffle par rafales. Nous ne sommes pas protégés, pas de criques ou de collines où nous aurions pu nous abriter. Dommage. Mais on est au sec et on a confiance en notre tente. Certains jouent aux playmobils (Petite Dem), d’autres lisent (Petit Dem), ou d’autres se tartinent encore de crème et se reposent. La question du chemin de demain se pose. Nous ne sommes pas tirés d’affaire. A nous de vérifier le chemin le plus court et le plus sec pour pouvoir avancer dessus, réellement. Pour l’heure, c’est la préparation du repas, nous avons tous une faim de loup à 18h.

Repas que nous prendrons à l’intérieur de la tente pour bien nous réchauffer. Un petit film au chaud dans les duvets pour se changer les idées et un peu avant 21h, nous fermons nos yeux avec le bruit du vent sur la toile.

J600 – Jeudi 16 décembre – Île déserte à Hizo – 20km D+15m Galère 2


Une bonne journée aujourd’hui qui s’annonce pour un bon anniversaire, histoire de fêter notre 600ème jour de voyage. Alors pas « bonne » journée, plutôt journée inoubliable!
Ce matin, grasse matinée après l’abandon puis le rapatriement des vélos dans la glaise où on a laissé de l’énergie. Donc il est 7h20, tard selon Sylvain, pour nous réveiller et essayer de sortir de nos duvets qui nous retiennent de toutes leurs forces. L’ordre de sortie et de dégustation du petit-déjeuner reste le même qu’hier. On ne change pas une équipe qui gagne!
Sous l’abside, nous mangeons en famille tous les 4, avec la fenêtre donnant sur le salar et les montagnes autour. Nous avons l’impression d’être sur une île. Et aujourd’hui, on en sort, tel Tom Hanks, par tous les moyens. Pas de Wilson avec nous, juste notre barda habituel, après le rangement quotidien. Et cela se fait rapidement sous les nuages et le ciel gris. On met tout de même de la crème solaire avec cette surface blanche comme neige et cette altitude de 3700m.
8h40 et on se lance sur le salar. Nous avons décidé de traverser vers l’ouest, là où le rivage est le plus proche, là où hier soir nous avons vu de la lumière dans un village, là où nous devrions trouver de l’eau, là où la surface est blanche et non beige comme la glaise d’hier. Le sol est recouvert de sel, mais il ne permet tout de même pas de pédaler avec nos vélos et les enfants dessus, juste de rouler. Alors c’est ce que nous faisons, nous poussons et nous marchons. Mais au moins, nous avançons!

Les 4,5km qui nous séparent de la terre ferme, ne nous font pas peur. Et puis la vue de plusieurs sillons faits par des cyclos, nous rassurent. Comme si nous n’étions pas seuls. On a l’impression de la voir proche cette terre au pied des montagnes, mais ce sont encore des mirages! L’important est que nous progressions. Pour les enfants, c’est plutôt de jouer avec la glaise au sol! Chacun son jeu. Le nôtre va devenir un vrai cauchemar au bout de deux kilomètres. Notre insouciance et notre motivation, notre objectivité de penser que l’on n’a pas mis trop de temps pour faire presque la moitié du trajet, vont prendre un coup derrière la nuque au km2. On cherche les surfaces bien blanches, on reste dans la direction du village de Hizo, notre but de ce midi. Mais cela n’a pas fonctionné. Après 1h à traverser le salar en poussant les tandems et en mangeant de l’énergie, le sol est devenu beaucoup plus meuble. On s’est enfoncé un peu plus, nous obligeant à pousser davantage, en soulevant comme on peut, l’arrière de notre vélo par la tige de la selle, seul, et en glissant avec nos chaussures redevenues marrons. Ça y est, on est dans l’inoubliable. Ça y est, on est dans la merde.

Jusqu’aux chevilles, jusqu’au-dessous des sacoches de devant, jusqu’au rayon de la roue arrière puis jusqu’à la chaîne. Au point, que nos vélos, ancrés dans la boue sur 10/20 centimètres, tiennent debout sans béquille. 65kg à la verticale, tranquille. Et l’acharnement commence. Car on va s’acharner dessus, à les pousser, les soulever, les pieds dans la boue, qui ne glissent plus mais s’enfoncent au point de parfois devoir utiliser ses forces pour extraire nos baskets de là sans les perdre au fond de 20cm de boue. Et c’est 10 pas d’effort intense. 10 pas à y laisser tout son jus. 10 pas où on souffle, crie, enrage, expulse tout notre air pour cette bataille contre la nature. Cette nature qui nous laisse en plan. On ne voit même pas comment s’en sortir… si ce n’est cette surface un peu plus blanche à 50m, celle où Raphaël est allé tester sa dureté. Et elle l’est. Alors voici notre objectif, chacun dans son sillon, chacun se battant pour parfois ne pas faire avancer son vélo d’un cm, trop enfoncé. Aucune solution autre que de décharger et d’alléger le Couillot. Alors avec quelques sacoches, on essaye d’atteindre la blancheur, mais même juste notre poids suffit pour perdre de vue nos chaussures dans la glaise collante. Et puis, on revient, Sylvain soulève l’arrière et pousse le tandem vidé et moi je soulève la roue avant pour qu’elle ne pique pas du nez. On y met toutes nos forces. Mais nous devons nous arrêter 2 fois pour faire 50m. A l’arrivée? 2 adultes à bout de souffle obligés de se pencher pour récupérer leur souffle comme à la fin d’un sprint. On recommence tout de même pour Panzer, en enlevant que les 2 sacoches avant. Rebelote. On accompagne nos gestes insensés, désespérés pour le rapprocher de notre but, de cris de délivrance. Et hop. 2 adultes Hs. 1h de combat mais on y est arrivé, on a gardé le moral, on va pouvoir continuer. Mais, et les enfants? Que font-ils? A votre avis? Quel beau terrain de jeu cette glaise… Assis par terre, les pieds dans la boue et les mains avec, ils patouillent, construisent des maisons, cuisinent de la semoule, rigolent, profitent de la nature quoi! Ils sont dans un état de saleté mais ça nous passe au-dessus. Ça nous fait rire plutôt, l’état du pantalon, des mains et des chaussures grises maintenant!
On a atteint la surface dure, alors on s’essaye à pédaler dessus, et ça marche. On s’enfonce un peu mais cela n’accroche pas trop et on avance un peu ainsi. De la boue se colle à la roue, au garde boue, aux sacoches, à la chaîne, au pédalier… mais on force encore et encore. Et puis, on finit par pousser après que les enfants soient descendus du vélo.

Inexorablement, on avance. Et tant que cela est possible, le moral est bon. Ne pas lâcher… jusqu’à une île. Puis une autre… et sur 2km, nous ne cesserons pas de garder en vue cette montagne, ce rivage qui devrait se trouver face à nous. On s’enfonce, on descend, on pousse et enfin on pédale. Et on y reste sur nos vélos. Je compte les mètres pour Raphaël sur le GPS: « 1km, 800m, 600m… Papa devrait bientôt y être… ».
3h de bataille pour 4,5km. Cela résume l’entêtement mais aussi le courage de garder le cap, de garder le moral tout du long, car on arrivait à avancer, à se rapprocher de cette terre, de sortir de ce salar.

Les abords sont faits de petits buissons, de sable, de mélange de sel et de sable où nous nous sommes encore enfoncés comme les traces d’une voiture avant nous.


Le rivage a été célébré par un petit goûter avec ce que nous avions. Un temps de pause pour apprécier le parcours effectué ce matin. On savait alors qu’on ne serait pas à Llica aujourd’hui, la ville au pied du salar d’Uyuni, que nous pensions déjà atteindre hier soir! La suite? Du sable parmi les buissons avec des terriers qui s’effondrent sous notre poids et où les roues adorent s’y coincer, sauf avec un gros effort de poussage de notre part. La motivation de Raphaël baisse. Alors on partage les objectifs. Le premier: un sentier à 1km. Le second: les 4,5km de sentier. Le troisième: une route pour atteindre le hameau de Hizo. Dernier objectif: le village où nous pourrions trouver de l’eau pour aller sur la route de Llica, 30km plus loin et s’arrêter bivouaquer où on veut.
Cela fonctionne et permet de garder le moral. Car après 1km à zigzaguer parmi les buissons, on le trouve ce sentier, trop heureux! On se sent moins isolés et on a en visuel Hizo. Le sentier est large comme une voiture, en sable, mais on peut y pédaler. Cool… mais l’aventure ne serait pas ce qu’elle est sans de petites surprises: une crevaison! De la roue arrière de Couillot. Et c’est du temps pris pour la démonter, la nettoyer de toute sa boue, trouver le trou, y mettre une rustine, enlever l’épine, et remonter le tout. Déjà fatigué, Sylvain est dégoûté de ce contretemps alors que les nuages gris et noirs s’amoncellent plus au nord.

On se remet en selle, et sans aucun arrêt, à part quelques passages en sable à pousser, nous trouvons la route. Enfin, le sable d’un passage plus large que notre sentier. Pas de goudron. Pas encore. Mais quelques grandes flaques à l’entrée. Une belle piscine pour nettoyer les vélos. Sylvain s’y colle pendant qu’avec les enfants, je pars trouver de l’eau et des vivres parmi la dizaine de maisons, paraissant abandonnées. La place du village, sans vie, donne sur une maison dont le haut de porte est ouvert. On y va et tombons sur l’homme qui gère la tienda du village. Pas d’eau, mais des galettes sucrées et salées. J’achète tout ce que je peux, et qui nous donne envie. Un vrai butin de pirate! Pour l’eau, après discussion (et mon charme naturel), il peut nous dépanner avec de l’eau pluviale. Ça marche pour nous avec notre filtre, ce ne sera pas un problème. Nous repartons avec 17litres d’eau après avoir aidé un voisin à faire démarrer sa voiture en la poussant dans la pente et avoir mangé une bonne partie de notre butin.


15h, quand enfin nous pouvons partir vers le sud, avant la pluie au loin, mais heureux d’être à nouveau autonomes. Des champs de quinoa de part et d’autre nous font comme une allée, sur 5km de route sablonneuse. Ensuite, les terrains ne sont plus utilisés pour l’agriculture. Les buissons et touffes d’herbes poussent dans le sable. Le vent est là aussi mais de dos. Et il ne lésine pas pour nous aider. Nous pédalons, le regard à l’ouest, sur notre droite où les rideaux de pluie s’en donnent à cœur joie et se rapprochent. Et c’est pour nous, peu avant 16h. Ce qui sonne le glas de notre avancée.

Mieux vaut trouver un bivouac à côté de nous, comme derrière ce petit monticule de sable, pour un abri au vent. Les ponchos mis aux enfants, nous poussons (encore!! mais pour la dernière fois de la journée) les tandems sur les 100m qui nous éloignent et nous cachent ainsi de la route. La pluie, les nuages noirs et le vent refroidissent cet fin d’après midi, et cachent le sommet des volcans autour du salar. La tente montée, les enfants y entrent et non sans mal essayent d’enlever les pantalons et chaussettes dures, salies par la boue et le sel séché. Et dire que demain matin, il faudra les remettre! Les matelas et les duvets installés, ils peuvent jouer pendant près de 2h à leur playmobils et objets trouvés sur le sol (pion d’échecs ou dessus de voiture de pompiers sans ses roues). Les parents engloutissent une autre moitié du butin de pirate de la tienda de Hizo.

Avec le début d’un film fantastique, Sylvain s’endort au chaud sous la couverture. Il fait encore jour quand il prépare la soupe aux vermicelles de ce soir. Rapidement, elle sera engloutie (Raphaël et Emma en ont repris 3 fois!). Nous leur laissons un petit temps encore pour jouer ensemble avec leurs jouets qui vont au restaurant (et la carte du menu à l’air alléchante, ils ont de la chance eux!). C’est ensuite notre moment préféré de cette journée: s’enfoncer… dans nos duvets, chacun sur son matelas avec ou sans doudou, avec ou sans musique et écriture, avec ou sans film sur l’ordinateur… mais sans boue! On croise les doigts pour ne pas en faire des cauchemars cette nuit! Quelle journée inoubliable que nous classerons sans doute dans le top 3 des galères (après les 8 jours à la fin de la Baja California). Ce soir, la nature nous fait un cadeau pour ce jour spécial: un coucher de soleil d’un côté de la tente se reflète sur le volcan de l’autre côté le faisant rougeoyer à ses pieds. Magnifique! Tout comme son sommet qui est maintenant enneigé.

Nous réintégrons la tente, notre havre tranquillisé sans aucun souffle de vent dans ces voiles. Quel bon repos en perspective cette nuit où je vous laisse à 22h.

J601 – Vendredi 17 décembre – Hizo à Llica – 23km D+61m Galère 3


Où étions-nous ce matin? Où avons-nous mangé? J’ai du mal à me le rappeler, mais par contre le chemin emprunté et la galère qui va avec, ça je m’en souviens! Mes chaussures aussi!
Tout à commencé à 7h, tous les 3 bien endormis, nous nous sommes faits réveiller par Sylvain, debout depuis plus d’une heure maintenant. Il fait froid ce matin, le vent fait danser la toile de tente, quelques gouttes se font entendre aussi. Un vrai temps de décembre… si on avait oublié que c’était Noël dans une semaine avec notre soleil quotidien et nos t-shirts! Mais ce matin, le ciel est bas cachant le sommet du volcan qu’il essaye d’avaler par le haut. Ça ne donne pas envie de sortir mais nous avons tout de même envie d’arriver sur la ville des environs, Llica, pour nous reposer et préparer la suite.
Nous petit-déjeunons tous les 3 parmi le sable sur le tarp dans l’abside. Nous sommes déjà bien couverts, quand nous en sortons pour finir de sortir nos affaires de la tente et ranger les sacoches. Les chaussures sont dans un état désastreux, de sable et de boue séchée. Et il faut les remettre avec des chaussettes propres… sauf pour moi. Que c’est désagréable! Vivement que le père Noël m’amène de nouvelles socquettes. Nous parvenons à être prêts vers 8h40, sous nos vestes de pluie, doudounes et gants, après avoir fait une rencontre fortuite avec 2 petits scorpions couleurs sable, cachés sous le sol de notre chez nous.


Après 200m dans le sable, nous trouvons notre route de la veille, de sable elle aussi, mais plus tassée. On pédale le vent de face, la légère pluie, le froid… mais bien décidé à atteindre la ville avant midi. 2km plus tard, nous changerons déjà nos plans et notre susceptible heure d’arrivée. Nous avons laissé le chemin de sable sur la gauche préférant continuer le chemin de sable principal devant nous. Erreur! Sur le GPS, il est indiqué comme sentier mais il se fait bien. Comme avant en fait, alors nous ne nous sommes pas méfiés. On continue donc et arrivons à un premier passage plus mou, plus meuble où on est obligé de faire descendre les enfants, de pousser le vélo puis de le soulever par l’arrière afin qu’il s’enfonce le moins possible. Ça marche, on arrive à passer en salissant bien nos chaussures, en glissant même dans la glaise, en suivant les traces d’un cyclo et d’autres véhicules à 4 roues avant nous, accompagnés de pas sur le côté. Je ne dirai pas que c’est passé large, mais on avance quand même en passant sur le côté de la route, le passage le moins humide. On reprend les vélos, on pédale bien dans le sable.


Mais à 9h20, le passage est pire. Disons que le passage est plus long que le précédent mais on pense que le sol sera identique. Erreur numéro 2. Sylvain passe à droite, moi à gauche suivi de notre binôme à chacun. Mais là, ça ne se passe pas comme prévu. Les vélos, comme hier, doivent être poussés de toutes nos forces dans la boue, les pieds s’enfoncent jusqu’aux chevilles, puis ils restent coincés, sur place. On soulève chacun notre vélo, on essaye un autre chemin mais on ne peut reculer. Le vélo est enfoncé, embourbé tout le pneu jusqu’aux rayons. Nous ne voyons plus nos chaussures prises sous la glaise. Le vélo debout tout seul, est laissé là. On décroche chacun nos sacoches pour les amener sur la terre ferme. On sait faire! Emma et Raphaël partent vers l’autre côté du chemin, « la rive » où la route continue. Emma y arrive du côté droit mais pas Raphaël qui tombe les mains dans la boue, et qui pleure. Il perd sa basket, elle reste dans la boue et son pied s’en enlève. Panique à bord. J’accours, enfin, j’y glisse sans faire attention à la boue qui gagne mes chevilles et l’aide à récupérer à la main sa basket et lui remettre, aussi avec de la boue! Idem pour la deuxième. Le carnage. Mais il arrive à marcher et à retrouver Emma. Ouf, ils peuvent jouer avec la boue maintenant! Allez, on ne pense même pas aux vêtements ni à l’état des enfants alors que nous n’avons pas assez d’eau.

Les sacoches posées près d’eux, on repart tous les deux pour sortir Panzer de là. Sylvain pousse et soulève l’arrière pendant que je soulève la roue avant. Mais même à deux, même avec tous nos efforts, nous faisons que quelques mètres. Il en faudra des arrêts, des reprises de souffle, des expirations, des baskets à retirer de la glaise gloutonne, des espoirs pour se rapprocher, du temps aussi. 50 min que nous nous battons dans ce passage et il reste encore le Couillot qui est coincé, seul, dans la boue. Rebelote. On prend les mêmes et on recommence pour le sortir lui aussi. Même si on y laisse beaucoup de jus. On mettra 15 min montre en main (photo à l’appui surtout!) pour faire 50m et retrouver les enfants qui font des gâteaux de boue avec la boue enlevée des roues du Panzer. Ils s’amusent vraiment avec n’importe quoi… mais leur aide est précieuse pour enlever la boue de la chaîne, des roues, des rayons, des freins, des garde boue…

Nous n’avons rien pour enlever la couche de boue de nos vêtements ou chaussures, alors autant continuer le chemin. Celui qui nous amène à la route. La vraie! Celle qui vient du Salar et du village de Très Cruces jusqu’à Llica. Alors, on a bon espoir.
L’espoir est toujours là, le sable aussi! Le vent également. La route n’est pas ce que nous attendions, mais elle a le mérite d’être large, sèche, et on ne s’enfonce pas trop. Il y à juste le sable qui se colle partout! C’est parti pour pédaler vers le sud parmi des champs entiers de petits buissons, pas plus hauts que 50cm, sur un sol de sable. Des lamas sont en pâture parmi ces paysages près du village de Lavaxa. Deux grandes flaques avant la sortie de la clôture nous intéressent. On y plonge un premier vélo, la roue avant avec la brosse d’un balai trouvée sur le bord de la route, et cela fait office de lavomatic. Les enfants plongent les pieds entiers dedans avec leurs baskets pour nettoyer leurs chaussures en finissant à la brosse. Je n’ai pas le temps ni de nettoyer mes chaussures ni le vélo que le propriétaire nous demande d’arrêter et de partir. L’eau des flaques sert d’abreuvoir pour ses lamas. Mince. Dépités, on continue notre route dans le sable. L’heure tourne, et les troupes commencent à avoir faim. Oui mais… on n’a plus grand chose.

Heureusement, un village Chillacollo est sur notre route, on peut même voir son clocher blanc d’ici. L’avis de la famille est pour qu’on y aille faire un tour pour déjeuner ce que nous achèterons dans une tienda, ou, soyons fous, manger dans un restaurant qui servirait un almuerzo. On a vu bien trop grand, on a été trop fous. Rien de tout cela. Plutôt des maisons abandonnées, aux toits disparus, aux murets de pierres, aux fenêtres fermées, au silence dans les rues. Une seule maison est ouverte et ses habitants font échoir nos espérances. Pas de tienda, la seule est à 10km d’ici à Llica. Et bien, pas grave, nous allons savourer le reste de notre butin de la veille avec des oranges et du thon sur le parvis de la petite église blanche du hameau! Les enfants sont ravis, comme toujours, et jouent même à inventer des publicités avec nos galletas salées! Sylvain, lui, est fatigué, « au bout de sa vie » comme il le dit, d’avoir autant poussé, laissé tellement de forces dans cette boue sans pour autant manger autant qu’il le souhaiterait. Il fait d’ailleurs une petite sieste de quelques minutes sur les rebords de l’édifice. Pour ma part, j’invente un sandwich avec 2 galletas et de la mayonnaise entre, en accentuant son goût délicieux (il n’en faut pas plus pour que les enfants me copient et fassent de même avec le ketchup au point de finir les 2 paquets!). Toujours avec le sourire, il ne reste que 11km avant notre objectif. Par contre, on ne l’atteindra pas avant midi car il est 12h30, donc on revoit nos exigences: plutôt dans l’après-midi, en tout cas, avant ce soir! (Là on est presque sûrs d’y arriver).
On remotive les troupes, faisons des petits films, des photos de l’endroit, si isolé. Ce village se trouve entre 2 salars, à 200km de la ville la plus proche. Quelle vie!


C’est sur ces réflexions, que nos vélos sont lancés sur la route, toujours identique… du sable, des vagues de sable, des sillons de sable, du sable mouillé… un beau panel qui use Sylvain avec le poids de son vélo. Le sable était de trop pour aujourd’hui. Alors on décompte les kilomètres pour avoir l’impression de ne pas être si loin. Les montagnes se dressent de par et d’autres de nous. Sur leurs flancs, on peut admirer l’ombre des cactus. Comme un air d’Arizona, aux Usa, ou de Baja California. On est bien avec mon Raphaël, sans musique on profite des lieux. Pas d’habitations autour de nous. Rien à part 4 voitures que nous croiserons, avec le sourire svp! Encore quelques passages à pousser nos vélos, à s’enfoncer dans le sable, à glisser par la roue avant… et deux côtes.


Llica, enfin, la ville. Nous qui pensions la journée terminée, nous n’étions pas à la fin de nos surprises! 4 hôtels sont répertoriés ici, où nous aimerions dormir au moins deux nuits pour récupérer, se nettoyer et nettoyer vélos (le sel est dévastateur) et affaires. Seulement, le premier hôtel, la personne à l’accueil nous dit qu’il est fermé, le second a seulement une chambre de 4 lits que nous ne pouvons pas voir car pas libres pour l’instant, le troisième est fermé, le dernier, une fiesta du tonnerre servi par des hommes saouls à l’extérieur, ne serait pas un hôtel. Que faisons nous? On fait les courses et on continue la route? Nan, trop fatigués. On retourne au centre ville, et on demande dans le bâtiment de la municipalité. Cette fois, c’est moi qui y vais, et avec les deux enfants (histoire de faire pleurer dans les chaumières!). Un agent de police nous accueille et m’écoute sur notre situation. On le suit jusque dans la cour arrière où se trouve Augusto. Miracle, cet homme nous comprend et va nous aider. Il nous propose de mettre les vélos en sécurité dans la cour de la municipalité et nous dit qu’il trouvera un endroit pour nous, pour dormir ce soir. Ah ah! Mon charme a agi, peut-être aussi mes larmes dans les yeux, dûes à la fatigue ou la tension de la situation. Ils n’ont pu résister et ont eu pitié! Toujours est-il que nous revenons triomphant auprès de Sylvain assis dans la rue. Les vélos en sécurité, on peut même les laisser le temps d’aller manger un vrai bon repas. Augusto nous rassure, il n’y a aucun doute pour ce soir, on sera logé. Soulagement. Dans le village, beaucoup de tiendas sont ouvertes, de vendeuses dans les rues mais que 2 restaurants. On arrive tout de même à s’asseoir tout en partageant notre table avec un habitant. La pièce est petite et prise d’assaut par les locaux, qui sont à la fête, bien (trop) emêchés. De retour dans la cour de l’édifice municipal, des chambres dont une avec 2 lits doubles, sont disponibles pour nous, dans un bâtiment de l’autre côté de la cour. Incroyable. On a une chambre pour nous, rustique certes mais nous, on est ravis d’être au sec. Et on peut y rester 2 nuits sans problème. Des toilettes propres à disposition, un tuyau pris d’assaut par Sylvain pour laver les 2 vélos, tout ce dont nous avons besoin pour l’instant. Même plus qu’espéré avec cette eau.

Ensuite, je pars faire des courses dans le village pour ce soir avec des légumes, du pain, du beurre, de la confiture… tout ce qui nous a manqué! J’y retourne plusieurs fois pendant que les enfants jouent avec Andy, une petite fille dont la maman travaille ici. Parfait! Vraiment, qui l’eut cru en arrivant ici, de cette chance de rencontrer Augusto qui a à cœur que nous soyons bien dans sa communauté. Demain, samedi, les locaux seront déserts et fermés, ils nous donneront donc une clé de la porte d’entrée de leur bâtiment, qui est un peu la mairie du village. Pas mal, non? On passe niveau émotion, de très bas, ras des pâquerettes, au paradis !
On arrive à se poser dans la chambre vers 18h tous les 2, pour commencer un petit apéro bien mérité en entendant les enfants rigoler, courir et jouer avec leur copine.

La nuit tombe, ils reviennent au bercail pour le repas du soir avec une salade de chou blanc et du jus de citron, du pain et tout ce que l’on veut dessus. Il faut dire qu’on a mangé au restaurant à 16h30! Chacun mange à sa faim ce soir. 20h30 et les lumières s’éteignent comme les yeux, de Sylvain, puis Raphaël, Emma ensuite après avoir fait la folle pour jouer avec son frère dans le même lit et moi, vers 22h45, sans aucun bruit, sans vent, sans pluie, mais ravie de cette issue. Quelle aventure!

15 commentaires sur “Bolivie – Dans le Top 3 de nos galères de voyage – J599 à J601

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  1. j’avais vu la vidéo sur votre FB et donc vais déjà une bonne idée du piège que constituait ce salar de Coipasa ! Vous vous en souviendrez toute votre vie ! J’admire chez vous, les deux les adultes , le courage devant l’effort, la ténacité ,la persévérance… comme dit Sylvain , j’aurais été « au bout de ma vie » J’admire chez les enfants cette faculté à ne pas se plaindre , à jouer avec un rien , à garder le sourire et à suivre !
    Heureusement que vous avez trouvé Auguste à Llica et qu’il vous a trouvé une solution vous permettant de récupérer avant de repartir !
    Je profite de ce mot pour vous souhaiter une bonne année, bon vent, belles découvertes et rencontres !

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    1. Et oui, pas trop de surprise pour ce compte-rendu, mais on tenait à vous le partager tout de même avec de jolis photos de …. boue!!! Les enfants ont adoré patouiller, faire des gros pâtés avec, s’inventer de la cuisine (je n’irai pas manger chez eux!!), à rigoler et être heureux d’être sales, sans que l’on ne dise rien!
      Augusto a été d’une très grande aide et malheureusement, nous ne l’avons pas revu avant notre départ. Une gentillesse sans en attendre en retour. Une belle leçon dont on se souviendra en France!
      Bonne année à vous aussi Anne!

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  2. Trois jours de galère, trois jours de boue, et toujours debout ! J’avais vu la vidéo, il me tardais de lire la chronique de ces folles journées, non pas de Nantes, mais du salar de Coipasa, de mesurer ce que furent vos efforts, votre fatigue et l’état de votre moral. Qui d’autres que vous auraient résisté comme vous l’avez fait. Tout en gardant espoir et optimisme. Au bout de la nuit, la lumière, au bout de la galère, le port réparateur. Vous n’oublierez jamais ces journées « bouliviennes », aucun de vous ne les oublieront. Que 2022 vous apporte le réconfort et les jours de bonheur en ces contrées lointaines, argentines ou chiliennes. Je pense à vous et vous souhaite une très bonne année 2022.

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    1. Trois jours de galères effectivement, qui avec le recul, nous ont permis de tester nos limites, de ne pas flancher, de toujours espérer et d’entrevoir la lumière de Hizo! Mais tout le monde aurait continué ainsi, il n’y avait pas le choix! Seuls, il faut apprendre à s’en sortir et s’entraider, comme en montagne, te dirait Sylvain.
      Nous t’embrassons bien fort depuis la Bolivie où nous sommes pour quelques jours encore avant….

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  3. J’ai traversé le salar d’Uyuni il y a trois ans (en Octobre) et j’ai eu de la chance car je n’ai rencontré aucune de vos terribles difficultés ! En tout cas toute mon admiration pour votre exploit ( et ce n’est pas que des mots)

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    1. Beaucoup nous ont dit que la saison des pluies commencée en décembre, n’était pas le meilleur moment pour faire le salar (d’ailleurs les « Tours » ne le font pas en ce moment). Une famille française y est allée aussi début décembre et les conditions étaient bien plus sèches… Mais cela en valait quand même la peine, et tellement beau!!
      Merci pour votre message. Bonne année 2022… sur les routes ou en voyage peut-être??

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  4. Et bien dites donc encore une aventure incroyable quel courage il vous a fallu pour vous dépasser et triompher de ce cauchemar, les enfants qui profitent de chaque moment et jouent dans la boue sont formidables !!! Bonne année à vous quatre que celle-ci vous apporte tout ce que vous pouvez souhaiter pour continuer votre périple en espérant que la suite soit plus douce

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  5. Coucou mes  » toujours Pino’s Travellers préférés » et …. avec une admiration vraiment folle devant ce Salar de Coipasa, votre ténacité légendaire, sans vous décourager ( je reconnais un tempérament de … montagnard, si je ne me trompe pas !!! – entre cette opiniâtreté et cette entraide mutuelle – ) je reste bouche bée devant toute cette description bien pimentée pour ne pas dire « salée » ( comment Laetitia a pu garder toute cette mémoire pour la retranscrire aussi finement, après l’avoir vécu ? ) et ce moral intact ! Je pense que ce souvenir vous suivra toute votre vie …
    A l’heure où je vous écris ce dimanche soir, vous allez bientôt franchir la …. frontera vers l’Argentine – comme je crois l’avoir deviné dans mon précédent commentaire vu la direction du parcours ….!!! – et j’ai hâte de lire la suite . En espérant que votre repos et le passage de 2021 à 2022 se soient super bien déroulés, bonne route pour la suite et que la barrière douanière se lèvera dans toute sa splendeur pour votre passage ! A très vite bientôt. Vous méritez plus que bien des bises du bord de mer mais moins …. salées !!!!!

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  6. Bonjour tous les 4,

    Après avoir beaucoup souffert avec vous ,mais moi juste dans ma tête !a regarder la vidéo de votre grosse grosse galère dans ces salars mouillés et glaiseux , votre récit me permet aussi de ressentir ces moments épuisants. Bravo à vous pour votre énergie hors norme, votre moral à toute épreuve, ne pas faire ressentir aux enfants vos doutes ,vos craintes face à cette situation plus que délicate. Ils jouent ,rigolent quoiqu’il se passe, impressionnant aussi vos petits loulous.
    Heureusement vous avez trouver Augusto pour un peu de repos dans des lits et sans boue!!
    Encore bravo pour cette persévérance et courage, j’en reste « baba »
    Bisous à tous les 4 et bonne continuation en…Argentine ?

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  7. Comme tout le monde, j’avais vu préalablement la vidéo et frémi devant cette galère que vous avez affronté, surmonté au prix de force physique et mentale, d’épuisement aussi tout en gardant le cap et protégeant les enfants dans ce paysage lunaire et hors du commun. Ce moment incroyable équivaut à une thalasso 😉🤭 …..
    Prenez le temps de vous reposer, de digérer ces moments difficiles et éprouvants, de recharger les batteries …
    Un coup de chapeau à mes petits enfants qui ont été plus que courageux, brillants, volontaires et vous ont épauler pour faire face à ce désert 🙌🙌 . Prenez soin de vous bizz
    .

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  8. Bonjour Jeannette, comment va tu en ce début d’année ?
    Avant de te lire ce matin, j’avais imaginé que tout comme moi les mots te manquaient pour commenter leur dernière publication .
    On nous aurait penser indifférents à ce qu’ont vécu là,les enfants dans ce salar Bolivien détrempé,au bout de leurs forces physiques,sans connexion ni d’ultime recours possible .
    Restons unis dans nos insomnies à les imaginer englués nos petits.
    Bonne année Jeannette.

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